L'escalade actuelle sans précédent autour de l'Ukraine est le point culminant d'une « nouvelle guerre froide » qui se développe entre la Russie et « l'Occident collectif » (représenté par les États-Unis, l'OTAN et les dirigeants de l'UE) depuis 2014. L'objectif – que la Russie de Poutine a invariablement déclaré dans cette confrontation – est de créer une nouvelle architecture mondiale dans laquelle il n'y aura pas un seul souverain (les États-Unis), mais de nombreux souverains, chacun se voyant attribuer certaines « sphères d'intérêt ».
Actualités internationales... - Page 90
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Ukraine : pour la paix et la désescalade...
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Migrer pour vivre, pas pour mourir...
Pourquoi le 6 février ? Le 6 février 2014, la police espagnole des frontières tuait au moins 15 personnes qui tentaient de traverser la frontière vers l’enclave espagnole de Ceuta. Aucune justice n’a encore été rendue aux victimes et à leurs familles. Face à des victimes sans justice, des tombes sans nom, des frontières sans droits, le 6 février est devenu la journée mondiale de lutte contre le régime de mort aux frontières. Et, pour exiger la vérité, la justice et la réparation pour les victimes de la migration et leurs familles, des commemor’actions ont lieu ce même jour de par le monde, pour dénoncer la violence mortelle des régimes frontaliers du monde et pour commémorer les personnes décédées, dispersées et/ou victimes de disparitions forcées en mer Méditerranée, au Sahara, le long de la route balkanique, à la Frontière Sud mexicaine, dans le désert d’Arizona et partout dans le monde.
Une frontière meurtrière toute proche de nous : Le contrôle des frontières intérieures et extérieures rend de plus en plus dangereuses les routes migratoires. Au moins 30 personnes sont décédées à la frontière franco-italienne depuis 2015. Le contrôle de la frontière a contribué à l’emprunt de voies de plus en plus dangereuses par les personnes en migration et à multiplier les accidents mortels (électrocution, chutes mortelles, hypothermie.…).
À l’heure où ce communiqué est en train d’être écrit, nous apprenons la mort, aujourd’hui 1er février, d’un homme électrocuté entre Vintimille et la frontière. Il y a moins de 3 mois, le 6 novembre, le corps d’un autre homme était, quant à lui, retrouvé en état de décomposition avancée sous le pont Saint Louis, suite à une chute mortelle faite en tentant de traverser le Pas de la Mort…et combien d’autres drames demeurés invisibles?
*** Commemor-action à Menton***
À l’appel d’un ensemble de citoyen.nes, de collectifs, d’organisations et d’associations (dont la Ligue des Droits de l’Homme, Amnesty international, le MRAP 06 ou encore la Cimade), un rassemblement en hommage aux mort.es des frontières aura lieu ce dimanche 6 février à 17h30, à la gare de Menton Garavan pour ensuite marcher en direction du poste frontière de Saint Ludovic et commémorer les mort.es de la frontière franco italienne.
Apportez des bougies ; elles seront allumées en leur souvenir ; des textes seront lus en leur hommage. -
Amnesty International : « Les Palestiniens sont victimes d’un apartheid »...
Le 1er février, Amnesty International mettait en ligne un rapport consacré aux politiques de l’État d’Israël contre les PalestinienEs1. Le verdict est sans appel : « Les Palestiniens sont victimes d’un apartheid ». Nous publions un extrait de la présentation de ce rapport.
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Le 27 janvier, partout en grève et dans la rue...
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Soutien aux camarades du PST...
Le pouvoir algérien vient d’ordonner la suspension des activités du Parti socialiste des travailleurs (PST), ainsi que la fermeture de ses locaux. Ses membres sont désormais en danger d’arrestation dans une Algérie où des militantEs, des journalistes et des manifestantEs sont régulièrement emprisonnés.Le PST agit depuis plus de 30 ans pour la défense des droits des classes populaires, des travailleurEs, des femmes, de la jeunesse. Il dénonce avec acharnement l’impérialisme, notamment l’impérialisme français en Algérie et conteste le pouvoir, ce qui l’a notamment mené à être une des forces les plus constantes dans la construction du Hirak qui a mené à la destitution de Bouteflika et, depuis, à continuer à construire la mobilisation populaire et les mobilisations ouvrières dans une perspective anticapitaliste.Le NPA et son candidat Philippe Poutou condamnent la répression contre le PST, nouvelle atteinte au multipartisme et aux libertés démocratiques en Algérie, quelques jours après la condamnation à deux ans de prison de Fethi Ghares, coordinateur du Mouvement démocratique et social (MDS). Nous appelons toutes les organisations du mouvement ouvrier à s’opposer à l’étouffement des libertés démocratiques en Algérie, et à refuser toute répression par le régime en place contre les militantEs qui le contestent et construisent les mobilisations. -
Libérez Eli Domota, stop à la répression !
Élie Domota, porte-parole du LKP (Liyannaj Kont Pwofitasyon) et ancien secrétaire général de l'UGTG (Union générale des travailleurs de Guadeloupe), a été agressé et arrêté par la gendarmerie lors d’une manifestation à Petit-Pérou contre l’obligation vaccinale et le pass sanitaire. Une manifestation qui a été attaquée par les forces de répression, en jetant des grenades lacrymogènes sur le cortège.Le NPA exige la libération d’Élie Domota et l’arrêt de la répression contre la population mobilisée en Guadeloupe et en Martinique. La France doit arrêter sa politique coloniale, respecter le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, retirer le pass sanitaire/vaccinal et l'obligation vaccinale.
C’est en donnant des moyens au secteur de la santé, en réquisitionnant les laboratoires pharmaceutiques et en levant les brevets (ce qui permettrait d'organiser massivement la production de vaccins sans profits privés et ainsi vacciner l'ensemble de la population mondiale, y compris dans les pays les plus pauvres), ainsi qu'en retirant les forces de répression, que l’on pourra créer les conditions nécessaires à une véritable lutte contre cette épidémie. -
Chili : Pinokast est battu mais tout reste à faire...
Avec près de 56 % des voix, Gabriel Boric à la tête de la coalition de gauche a battu le candidat pinochétiste José Antonio Kast, gagnant dans 10 régions sur 16, en obtenant le plus important nombre de suffrages d’un président depuis la fin de la dictature. Il a même réussi en partie à augmenter la participation en particulier dans la jeunesse, mais l’abstention est restée élevée (46%).
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Solidarité...
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De l'air, ouvrons les frontières !

La mort d’au moins 27 migrantEs au large de Calais le 24 novembre a rappelé, à qui s’obstine encore à refuser de la voir, cette vérité simple : les frontières tuent. À l’occasion de la Journée internationale des migrants et des mobilisations organisées le 18 décembre, nous consacrons ce dossier aux politiques anti-migrantEs, aux niveaux français et européen, auxquelles nous opposons notre solidarité et des revendications essentielles : l’ouverture des frontières, la liberté de circulation et d’installation, la régularisation de touTEs les sans-papiers.
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« Référendum » en Nouvelle-Calédonie : le colonialisme français décomplexé !
Le dimanche 12 décembre 2021 restera un jour de honte pour l’État dit « République française » et ses tenants, devant les autres peuples et devant l’histoire. Cela restera comme le jour où, au XXIe siècle, la classe politique française quasi unanime aura retrouvé la logique coloniale la plus pure, ayant validé la négation d’un peuple autochtone, le peuple kanak, étouffé depuis 168 ans. Cette classe politique, de l’extrême droite au Parti socialiste, derrière le porte-étendard Macron, a nié le droit d’un peuple à disposer de lui-même en s’appuyant entièrement sur le « droit » du plus fort (2000 gendarmes supplémentaires envoyés sur place), et sur une novlangue hélas entérinée par l’essentiel des médias.
De quoi s’agit-il en effet ? Le troisième référendum d’autodétermination de la Nouvelle-Calédonie, prévu par les accords de Nouméa en 1998, a été avancé d’un an unilatéralement par le gouvernement français, reniant la promesse faite en 2020 par l’ancien Premier ministre Édouard Philippe. Il a été maintenu contre la prégnance de la crise sanitaire du Covid-19, empêchant le peuple kanak et l’ensemble des populations océaniennes de respecter les deuils rituels et de mener une campagne pluraliste et démocratique. Le référendum a été maintenu malgré la prise de position de l’ensemble des organisations politiques, associatives, syndicales et les structures coutumières kanakes de non-participation à une consultation aussi faussée et mal à propos, position rejointe par une bonne partie des organisations océaniennes. Il n’y a donc eu de campagne que pour le « Non », marquée par des arguments jusqu’au-boutistes et des clips carrément racistes.
Le résultat est sans appel : la participation ce dimanche a été quasiment divisée par deux par rapport au précédent référendum, n’atteignant que 44% contre 86% en 2020. Dans les provinces majoritairement à population kanake, la participation n’atteint que 16,6% dans la province Nord, et 4,5% dans les îles Loyauté. Ce n’est que dans la province Sud, celle de Nouméa où la colonisation de peuplement a été la plus marquée, que la participation dépasse — de peu — les 60%. Dans ce contexte, que valent les 96% de « Non » à l’indépendance et à la pleine souveraineté de la Nouvelle-Calédonie ?
Face à un tel constat électoral n’importe où ailleurs, les commentateurs en France concluraient que la non-participation à ce point massive du peuple colonisé rend inopérant le résultat du scrutin. Mais ici, on assiste à un retour éclatant du refoulé colonial. La présidente de la province Sud et chef de file des « loyalistes », Sonia Backès a proclamé : « Les rêves tristes de l’indépendance se sont brisés. […] Nous avons décidé en notre âme et conscience de rester français […]. Ce n’est plus négociable. Et c’est ça le sens de l’Histoire ».
Quant au président-démiurge Emmanuel Macron, son allocution est un chef-d’œuvre d’hypocrisie et de fermeture à double tour de toute perspective décolonisatrice. En déclarant que « les Calédoniennes et Calédoniens ont décidé de rester français, ils l’ont choisi librement. […] Ce soir, la France est plus belle car la Nouvelle-Calédonie a décidé d’y rester ! », se disant par ailleurs « fier de ce cheminement inédit et pacificateur » ouvrant une période « libérée de l’alternative binaire entre le oui et le non », Macron insulte la réalité de la situation que vivent les Kanak et d’autres parties de la population de l’archipel, ajoutant l’insulte au mépris en retournant une formule kanake contre son sens profond pour prétendre accueillir le résultat avec « respect et humilité ». Cela nous rappelle ses discours sur la « bienveillance » accompagnant la répression des Gilets jaunes et la destruction des services publics… Face au concert de réactions allant dans le même sens, nous sommes plus qu’inquiets du sort qui atteint le peuple kanak refusant d’entériner une telle parodie de consultation.
Nous appelons donc l’ensemble des forces attachées à la démocratie et au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, au rejet de toute légitimité au « référendum » du 12 décembre, à la solidarité avec le peuple kanak face à cette nouvelle offensive coloniale, et au refus de toute tentative de répression de ses aspirations.


