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NPA l'Anticapitaliste 06 et 83 : le blog - Page 24

  • Gaza : Une résolution de l’ONU scandaleuse et coloniale !

    La résolution 2803 organise la poursuite du contrôle israélien sur Gaza. Elle entérine une fragmentation coloniale du territoire, s’appuie sur des milices supplétives et prépare la poursuite durable de l’oppression des GazaouiEs. Notre seule réponse doit être la mobilisation pour la justice et la libération.

    La résolution 2803 a été adoptée la semaine dernière à l’unanimité, à l’exception de la Russie et de la Chine qui se sont abstenues. Elle est donc censée être appliquée. Il s’agit théoriquement de la mise en musique du plan dit « Trump » en 20 points : ses premiers jalons — retrait de l’armée d’occupation de Gaza, cessez-le-feu, entrée de l’aide humanitaire — devaient être engagés en échange des otages. 

    Israël ne respecte aucune des exigences qui lui incombent

    Depuis l’annonce du cessez-le-feu, on compte plus de 500 violations et plus de 300 morts. L’aide humanitaire n’entre qu’au compte-gouttes, et de nombreux témoignages concordent pour dire qu’elle est bloquée en Jordanie ou à la frontière égyptienne.

    Concernant le retrait des troupes, Israël a instauré deux zones : une « zone rouge », placée sous le contrôle des PalestinienNEs, et une « zone verte » — qui reprend le nom de la zone coloniale installée par l’armée US au centre de Bagdad après l’invasion de 2003 — séparées par une « ligne jaune ». Cette ligne coupe Gaza en deux en s’appuyant sur les corridors nord et sud, rendant — si c’était encore possible — l’enclave plus verrouillée encore. Israël contrôle ainsi Rafah au sud, Beit Hanoun au nord et la quasi-totalité des terres cultivables.

    Pire encore, selon le journal israélien Maariv, l’armée israélienne équipe et protège des gangs armés, autorisés à agir de part et d’autre de la ligne jaune. La zone verte leur sert de base arrière, alors même qu’il est interdit aux GazaouiEs de s’en approcher sous peine de mort. Pour le gouvernement israélien, ces clans armés sont de potentielles alternatives pour la gouvernance future de Gaza, en opposition au Hamas. En pillant l’aide destinée à une population affamée, ils ont montré qu’ils ne cherchent en rien à protéger les civilEs et qu’ils n’ont aucun scrupule à servir les intérêts d’Israël. Ce recours à des milices auxiliaires pour réprimer, voire organiser des massacres, sans s’impliquer directement, est une méthode qu’Israël a déjà employée, notamment au Sud-Liban ou lors de Sabra et Chatila. C’est une façon d’opérer dont Israël est familier.

    Sans les GazaouiEs, contre les GazaouiEs

    Pour le reste de la résolution — la force d’interposition (ISF), la gouvernance de Gaza (« gouvernement technocratique », selon les termes du texte) et la démilitarisation du Hamas —, le chemin est bien moins tracé. Malgré le vote, les États ne se bousculent pas pour envoyer des troupes, et le flou domine pour l’instant. Plusieurs plans provisoires ont bien été avancés par les autorités américaines, mais une chose est sûre : on ne demandera pas son avis au peuple de Gaza. Et il ne sera pas prioritaire, puisque les « efforts » de reconstruction se concentreront d’abord sur la zone verte, tandis que la rouge restera en ruine.

    Les PalestinienNEs susceptibles d’habiter cette zone verte devront prouver qu’ils et elles — ainsi que leur famille — n’ont eu aucun lien avec le gouvernement du Hamas au cours des vingt dernières années. Cette exigence va exclure une part très importante de la population, le Hamas administrant toute la bande depuis précisément vingt ans. Elle crée de facto un nouveau bantoustan et ajoute une division supplémentaire à l’apartheid israélien. Il n’y a, enfin, aucune raison de croire les promesses de Trump, d’Israël ou des pays arabes complices. Tout porte à croire, au contraire, que seules celles qui promettent l’enfer aux PalestinienNEs seront tenues.

    Face à cette indécence, solidarité et mobilisation

    Les grandes lignes de ce plan et de cette résolution sont tout simplement scandaleuses, et faire miroiter un État palestinien à l’issue du processus est simplement une insulte à l’intelligence, à l’humanité et à la décence minimale.

    Les PalestinienNEs ne peuvent compter que sur le soutien international, la pression sur les gouvernements complices, les sanctions sur Israël. Tous et toutes le 29 novembre pour défendre ces revendications élémentaires de justice.

    Édouard Soulier

  • La résistance puise dans le sang et les larmes, la terre et l’amour...

    Combien de temps encore les enfants de notre terre seront-ils assassinés jour après jour en Palestine ? Combien de temps encore des petits corps démembrés, couverts de sang et de poussière, s’entasseront-ils dans les morgues de Gaza ?

    Le 17 novembre au Conseil de sécurité de l’ONU, l’impérialisme est apparu sous son jour le plus laid, revêtu de son costume de processus de paix et de légalité. Quelle insulte envers les Palestiniens et quiconque place encore ses espoirs dans le droit. Honte à la France, pays des droits de l’Homme, qui plébiscite un droit perverti à des fins de normalisation du génocide et du nettoyage ethnique.

    Cette résolution impose aux Palestiniens le pire scénario de dystopie devenue réalité : la récompense du terrorisme d’État, la légalisation de l’état de fait colonial, du blocus militaire, du déni de justice.

    Après deux ans de passivité coupable, le Conseil de sécurité saborde le droit en bafouant les principes les plus élémentaires consignés dans sa propre Charte et mandate ceux qui fournissent les bombes d’une tonne qui assassinent les enfants à Gaza pour former une armée de mercenaires à la solde de l’occupant.

    Cette résolution, outre qu’elle blâme les victimes et tente de donner une caution internationale et légale à la violation perpétuelle du droit par Israël, va à l’encontre de la décision de la CIJ du 19.7.2024 imposant la fin de l’occupation et de celle du 22.10.2025 exigeant un accès à l’aide humanitaire sans restriction pour les Palestiniens de Gaza. Elle ignore aussi sept décennies de résolutions rappelant Israël au droit.

    Deux mois après qu’une commission d’enquête des Nations Unies — dans le sillage de tous les organismes des droits de l’homme de premier plan — concluait qu’Israël commettait un génocide à Gaza, le Conseil de sécurité gratifie l’État qui viole heure par heure tous les principes de l’ONU ; l’État qui a déclaré le secrétaire général des Nations Unies persona non grata, tout comme la Rapporteuse spéciale pour les Territoires occupés, ainsi que l’UNRWA ; l’État qui a ciblé, kidnappé et torturé le personnel de l’ONU à Gaza, bombardé ses écoles, ses centres de soins, ses entrepôts. L’État qui n’a ratifié ni le Statut de Rome, ni la Convention sur les armes chimiques, ni le Traité de non-prolifération des armes nucléaires. L’État dont les services secrets se vantent d’avoir piégé des appareils électroniques dans tous les pays du monde. (1) L’État qui a légalisé la torture et le viol des prisonniers.

    Comment peut-on pervertir le droit au point de récompenser ceux qui jour après jour ciblent les enfants à la tête, mutilent et torturent de sang-froid, forcent les jeunes mères, les enfants et les vieillards à servir de boucliers humains avant de les exécuter ? (2)

    Selon Diana Buttu, « ils font payer aux Palestiniens le prix du sionisme, plutôt que de regarder en face le problème, qui est le sionisme. (…) La question fondamentale, c’est qu’on a laissé un État appelé Israël commettre un nettoyage ethnique, nous chasser de nos maisons et de notre pays, et qu’on lui a donné des milliards, en dollars et en armes, pour qu’il commette un nettoyage ethnique et un génocide. » (3)

    Deux millions de Palestiniens aux vies broyées vivent dans la poussière de leurs villes disparues. Dans les gravats de maisons d’où émerge parfois un jouet ou un lit d’enfant, dans les avenues et les jardins qui ne sont plus, le désespoir et l’absence de perspectives s’ajoutent aux traumatismes, à la perte, à la peine. Cependant, dans les ruines d’universités et d’hôpitaux réduits à néant, les Palestiniens soignent et enseignent, peignent et sculptent, chantent et dansent.

    Personne à Gaza ne sait si le pire est passé ou s’il est à venir. Mais les Palestiniens savent, dans leur chair, que le droit à l’autodétermination et le droit de résister à l’occupation sont des droits sacrés. Ils lisent, dans les yeux de leurs enfants, que le droit de se nourrir et de se soigner ne sont pas négociables.

    La résistance est leur héritage — depuis les vergers de Ya’bad dans les années trente et les paysans constitués en groupes de fedayins dans les années quarante, dont la cause était simple : retourner chez eux, moissonner les champs, récolter les fruits, faire paître leurs troupeaux sur leurs terres.

    La force de contrôle et de sujétion internationale est vouée à l’échec. Elle ne va pas réussir là où l’occupant a échoué en dépit d’une Nakba systémique depuis 77 ans et de deux ans de génocide, soutenu par plus de 60 pays.

    « Les Palestiniens ne se rendront pas », assure Ramzy Baroud. « Ils n’accepteront pas ce nouvel état de fait imposé par les États-Unis, et ils ne se trouveront pas non plus dans une situation où ils n’auront pas le choix. Car il y a toujours un choix, et ce choix, c’est le peuple palestinien, le sumud et la résistance. (…) Que voulez-vous désarmer ? La résistance des Palestiniens est sumud. (…) Vous ne pouvez pas la désarmer. Il s’agit de la volonté collective du peuple. » (4)

    Ceux qui se porteront volontaires pour aller tirer sur des adolescents dans un vaste cimetière d’enfants ne forceront pas à la reddition les victimes du génocide. Car les Palestiniens ne luttent pas seulement contre leur propre extermination. Ils sont engagés dans une guerre de libération. Leur lutte nous dépasse, elle a pour nom justice et liberté. Elle puise dans le sang et les larmes, la terre et l’amour. Dans le serment intime que leurs enfants ne subiront pas ce que leurs parents et leurs grands-parents ont subi avant eux.

    En résistant, les Palestiniens préservent leur humanité face à une idéologie de la domination et de la destruction. Et affirment ce qui fait défaut à l’oppresseur : grandeur d’âme et dignité.

    « La vision d’Israël pour la région est l’hégémonie », analyse Muhammad Shehada. « Les États doivent être dépendants d’eux. (...) Chaque État de la région doit être un État failli ou vassal, mais en aucun cas un État pleinement souverain doté d’un gouvernement représentant son peuple. (…) Les Israéliens sont ivres d’invincibilité et d’impunité, une combinaison qui draine ce qu’il y a de pire dans l’humain : un récit de monopole victimaire doublé d’un récit de supériorité. À cela s’ajoute une impunité totale : vous êtes les victimes, vous êtes supérieurs, vos actes sont justifiés moralement, légalement, politiquement. » (5)

    Les Palestiniens devraient être un exemple pour l’humanité. Une leçon de constance, de courage, de lutte à corps perdu pour la justice. Le monde devrait s’incliner devant leur lutte pour préserver l’humanité et le droit. Devant la beauté d’une société bâtie sur l’entraide et la générosité, que l’occupant n’a pas réussi à briser.

    Je voudrais terminer par une pensée pour Hala, 9 ans, dont toute la famille repose sur les dalles de l’hôpital. Pour les familles de Mourad, 15 ans, Abdallah, 16 ans, Muhammad, 16 ans, Bilal, 15 ans, Mohammad, 15 ans, Jadallah, 15 ans, tous assassinés de sang-froid, sous le regard du monde, en Cisjordanie occupée, depuis début novembre. Le monde a vu chacun de ces garçons — à Tubas, à Beit Ummar, à Halhul, à Tulkarem, à El-Bireh, à Ein Sultan — agoniser aux pieds des soldats avant d’être enlevé par l’armée d’occupation.

    Marie Schwab

    (1) Former Mossad Chief Brags About Booby Trapped Devices Being Everywhere (vidéo), The Young Turks, 6.11.2025

    https://www.youtube.com/watch?v=b-PZjmKSBWQ

    (2) Majd Jawad, Palestinian women share how Israeli forces used them as human shields in Gaza and the West Bank, Mondoweiss, 28.10.2025

    https://mondoweiss.net/2025/10/palestinian-women-share-how-israeli-forces-used-them-as-human-shields-in-gaza-and-the-west-bank/

    (3) Israeli Attacks surge Across the Occupied West Bank & The Epstein Files (vidéo), Drop Site News, 12.11.2025 https://www.youtube.com/watch?v=wfCJZTd-FIE

    (4) Is UNSC Resolution 2803 a ‘Peace Plan’ or a New Mandate Over Palestine ? (vidéo), The Palestine Chronicle, 19.11.2025 https://www.palestinechronicle.com/floodgate-analysis-is-unsc-resolution-2803-a-new-mandate-over-palestine/

    (5) From Abu Ghraib to Sde Teiman : The Racist Ideology Behind the Abuse / Palestine this week with Muhammad Shehada (vidéo), Middle East Monitor, 20.11.2025https://www.middleeastmonitor.com/20251120-from-abu-ghraib-to-sde-teiman-the-racist-ideology-behind-the-abuse-palestine-this-week/

  • Construire un front de lutte contre le budget de casse sociale...

    Après 125 heures de débats et d’amendements, la partie recettes du budget a été rejetée à l’Assemblée nationale.

    Fait historique, un seul député a voté pour. C’est désormais le Sénat qui va aggraver la note pour l’immense majorité de la population. Cela étant, qu’il s’agisse de la version Lecornu ou de celle qui sortira du Sénat, nous aurons affaire à un budget de guerre sociale contre les classes populaires.

    Un budget de guerre sociale

    Cette orientation budgétaire épargne les entreprises qui touchent des centaines de milliards d’aides publiques sans contrepartie. Les riches et ultra-riches, qui ont vu leur patrimoine exploser, sont choyés. Les moyens alloués à l’armée vont augmenter, marquant ainsi la volonté de l’État français de défendre ses intérêts impérialistes et coloniaux dans le monde, alors que le budget des services publics et des collectivités territoriales continue de s’éroder fortement. Dans le même temps, les malades, les retraitéEs, la jeunesse, les femmes et les migrantEs, les privéEs d’emplois, les salariéEs des services publics et du secteur privé ou du secteur associatif sont attaquéEs plus que jamais.

    Le PS en renfort de Lecornu

    Lecornu continue d’affirmer qu’un budget pourra être adopté d’ici le 31 décembre. On pourrait penser que le Premier ministre est un adepte de la méthode Coué. Mais sa confiance n’est pas totalement dénuée de réalisme, car le PS est de plus en plus enclin à sceller un compromis avec Macron-Lecornu et ce qui leur reste d’attelage parlementaire. Olivier Faure le réaffirme à chaque micro tendu : le PS ne veut pas bloquer le pays, le PS est prêt à trouver un accord avec le gouvernement. En effet, il est loin le temps où le Parti socialiste défendait le programme du NFP, d’ailleurs cela n’aura duré que le temps des élections législatives provoquées par la dissolution de Macron. Depuis, toute la stratégie du PS consiste à occuper l’espace central laissé vacant par le délitement des macronistes, et ceci en recomposant un arc de force à vocation majoritaire avec une partie de la droite et du centre…

    Avec son positionnement social-libéral, le Parti socialiste vient rappeler à celles et ceux qui l’avaient oublié qu’il y a deux gauches irréconciliables en France. L’une d’adaptation au capitalisme débridé et aux politiques austéritaires, l’autre qui refuse la course à l’abîme social, écologique et démocratique d’un système de plus en plus violent. Le Parti socialiste entend poursuivre ces politiques désastreuses pour la jeunesse, les travailleurs et travailleuses. Il porte une immense part de responsabilité dans la désespérance des classes populaires et dans la montée de l’extrême droite qui se retrouve aujourd’hui aux portes du pouvoir. En rompant l’unité qui s’était construite autour du programme du NFP, le Parti socialiste accroît les divisions au sein de la gauche sociale et politique à un moment où notre camp social doit empêcher Bardella-Le Pen d’accéder à la présidence de la République.

    Pour un front social et politique de combat

    Alors que la situation sociale se dégrade, que la misère et les inégalités explosent, que les plans de licenciements s’accélèrent dans le secteur privé et qu’une saignée est en cours dans le secteur associatif et culturel, nous avons besoin plus que jamais d’un front social et politique de combat. L’ensemble des forces syndicales, associatives et politiques opposées au compromis avec Macron et Lecornu doivent se rassembler pour s’opposer à ce budget de casse sociale et à l’extrême droite qui attend son heure. Il est de la responsabilité des forces antilibérales et anticapitalistes de s’unir dans la rue et dans les urnes. Construisons ensemble des expressions communes et des initiatives unitaires pour dénoncer partout dans le pays les politiques du gouvernement, pour soutenir les mobilisations sociales, pour mettre en mouvement notre camp. Nous devons toutes et tous nous retrouver dans les luttes nombreuses et variées qui existent à l’échelle locale. Nous devons toutes et tous amplifier les échéances nationales des prochaines semaines. À commencer par la manifestation nationale du 29 novembre en solidarité avec le peuple palestinien et le 2 décembre dans le cadre de la journée intersyndicale de grèves et de manifestations.

    Victor Zak

  • Antispécistes contre l’extrême-droite ?

    Si le rapport aux « animaux » est souvent dépolitisé, la tribune « Antispécistes contre l’extrême droite », qui a réuni de beaucoup de signataires situe politiquement la cause animale. Pour prolonger et expliciter la compréhension de cet enjeu, nous avons organisé un dialogue avec Mathilde Millat qui est collaboratrice parlementaire et milite au NPA-l’Anticapitaliste et Florence Dellerie qui est autrice, illustratrice et créatrice du site QuestionsAnimalistes.com

    En juin 2024, Florence Dellerie était une des initiateurices de la tribune « Antispécistes contre l’extrême droite », signée par 600 personnalités, militant·es, associations et collectifs. Mathilde Millat faisait partie des signataires.

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  • Contre Trump et Poutine, continuer à soutenir la résistance ukrainienne !

    Après l'annonce du plan de "paix" de Trump et Poutine, le NPA l'anticapitaliste tient à réaffirmer son soutien et sa solidarité totale au peuple ukrainien, à sa résistance armée et non armée.

    Ce pseudo plan de paix en 28 points est dans le prolongement de celui que Trump a prévu pour Gaza : Les néofascistes s’entendent sur le dos des peuples agressés. La barbarie militaire et les pratiques génocidaires sont récompensées par des « accords de paix » aux conditions de l’agresseur.

    Un tel « accord" élaboré sans l’UE et dans le dos du peuple ukrainien ne propose rien d'autre que la capitulation totale de l'Ukraine : cession des territoires conquis et non conquis, réduction de moitié de son armée, rétablissement du patriarcat de Moscou, reconnaissance du russe comme langue officielle, amnistie pour tous les criminels de guerre russes, financement et logique de la reconstruction au bénéfice des Etats-Unis. En contrepartie, la Russie ne s'engage à rien, pas même à rendre les 20.000 enfants ukrainiens déportés pour être russifiés.

    Une capitulation de l’Ukraine serait une catastrophe pour ses populations, livrées à la violence génocidaire du régime poutinien. Elle encouragerait d’autres politiques d’annexions de la Russie sur ses marges, ou encore les États-Unis vers le Groenland ou la Chine vers Taïwan. Plus largement, ce serait un coup terrible pour notre camp social et une accélération de la fascisation mondiale en cours et à sa logique de partage de sphères d’influence entre autocrates. La lutte du peuple ukrainien est au cœur de la résistance antifasciste du XXIème siècle. Les extrêmes droites ne s’y trompent, d’ailleurs, pas en soutenant à l'unisson le plan Trump-Poutine. 

    Depuis l’invasion russe de l’Ukraine, en février 2022, de larges pans de la gauche renvoient dos-à-dos agresseurs et agressés, prétendent que  l’OTAN menaçait la Russie, et réitèrent leurs appels à "la paix" en faisant de la résistance armée ukrainienne et de l’aide reçue les causes de la guerre - sans voir les crimes de guerre commis par les forces d’occupation : ils  exigent donc l'arrêt des livraisons d'armes à l'Ukraine. Les connivences Trump/Poutine et les paix impériales et génocidaires qui se dessinent rappellent qu'il ne peut y avoir de paix sans justice pour les peuples  colonisés. Le sort des ukrainien•nes et de leurs enfants dans les territoires occupés en témoigne de manière tragique.

    Le NPA l’Anticapitaliste reste plus que jamais mobilisé en faveur de l'autodétermination du peuple ukrainien et continuera d'apporter son soutien à nos camarades militant•es en Ukraine qui résistent sur le front, les armes à la main, et à l'arrière au côté des populations civiles.

    Les États européens doivent apporter l’aide militaire, matérielle, financière dont l’Ukraine a besoin pour défendre son indépendance, et d’utiliser pour ce faire les avoirs russes gelés et les profits des industries d’armement  : nous réclamons l'annulation de la dette ukrainienne ainsi que le respect des sanctions contre la Russie : en continuant de lui acheter gaz et pétrole, l'UE verse plus d'argent à la Russie qu'elle n'en verse à l’Ukraine ! Des sanctions doivent s’appliquer contre les entreprises françaises qui continuent de financer la guerre de Poutine, au premier rang desquelles Leroy Merlin et L'Oréal qui à elles deux ont versé plus de 175 millions d'euros à l'État russe en 2024.

    Notre mobilisation va être essentielle dans les semaines à venir, toujours indépendante des politiques du gouvernement Zelensky et de nos gouvernements. Contre tous les accords sur l’Ukraine sans l’Ukraine et les projets de paix impériale : De l’Ukraine à la Palestine, l’occupation est un crime ! 

  • Meurtre de Mehdi Kessaci : vous n'êtes pas seulEs !

    Le NPA-A se joint à l'appel à la révolte populaire contre le crime organisé et ses causes. 

    Le 13 novembre dernier, Mehdi Kessaci, frère du militant écologiste, fondateur de l'association Conscience et candidat NFP en 2024, Amine Kessaci, a été froidement abattu par un commando en plein jour dans le centre de notre ville. 

    Le NPA-L'Anticapitaliste et son comité Marseille se tiennent plus que jamais aux côtés d'Amine et de toutes les familles de victimes de la criminalité organisée qui prospère sur le capitalisme débridé, l'abandon volontaire et la répression coloniale des quartiers populaires par l'Etat. 

    Nous appelons les forces syndicales, associatives et politiques au sursaut et à l'unité d’action contre la banalisation des crimes d'intimidation dans notre ville et les fausses recettes sécuritaires de la droite et l'extrême-droite qui n'ont, nulle part ni jamais, endigué la criminalité organisée. Répondons à la violence politique par la mobilisation massive des forces populaires. 

    C'est l'état d'urgence social et sanitaire qu'il faut décréter! 

    Légalisation de la consommation et de la plantation domestique de cannabis, prévention et accompagnement des consommateurices de drogues, contrôle accru des marchandises et des flux financiers sales, retour des services publics de proximité dans les quartiers populaires, lutte contre l'assignation raciale et territoriale… voilà les premiers jalons d'une lutte continue et profondément anticapitaliste. Le NPA-A prendra toute sa part dans ce combat et se déclare disponible pour des discussions unitaires avec les organisations qui le souhaitent. 

    Ainsi, nous affirmons que nous ne nous tairons pas, et nous nous joignons à l'appel à la “révolte durable et collective” prononcé par Amine qui commence par la marche blanche demain, samedi 22 novembre à 15h au départ du rond-point Claudie Darcy (4ème arr. Marseille). 

    Marseillaises, Marseillais, n'ayons pas peur, “ils ne peuvent pas tuer tout un peuple!”

  • Sortir l’antispécisme des marges...

    Si aujourd’hui la plupart des personnes se disent opposées à la maltraitance animale et contre l’élevage intensif, ce n’est guère parce qu’il existerait une volonté collective de changement. Bien que ces opinions ne soient plus admises au sein de notre société, la majorité des gens reste en faveur de l’abattage. Force est de constater que l’idée qu’un animal puisse être tué dignement perdure… Alors, comment faire pour que cesse cette production massive et à grande échelle de la mise à mort d’innombrables êtres sentients ?

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  • Les abattoirs, une filière meurtrière à abolir...

    Alors que le secteur de l’élevage est à l’heure actuelle le plus fervent défenseur d’une agriculture productiviste et qu’il a structuré le capitalisme moderne autour de ses intérêts, il n’est plus possible, au regard du consensus scientifique sur la sentience1 des animaux non humains, d’aborder l’agriculture sous les seuls aspects écologiques et économiques.

    Nous souhaitons engager la réflexion sur ce que cachent les éléments de langages spécistes utilisés par l’ensemble de la filière de l’élevage.

    Il n’est en effet pas possible pour un parti comme le NPA-l’Anticapitaliste, qui aspire à défaire l’ensemble des systèmes d’oppression et d’exploitation, de faire sienne une vision de l’élevage comme relation entre humain·es et animaux vidée de sa dimension coercitive et violente, alors que cette relation est un statut de propriété dans laquelle les humains sont les maîtres et possesseurs, et les animaux des individus relégués à l’état d’objet sans la moindre liberté de choix. Il n’est pas possible de dire qu’abattre un individu contre sa volonté et sans nécessité pourrait être en accord avec le fait de le respecter et de lui éviter des souffrances inutiles. Et enfin il n’est pas possible pour notre parti de considérer qu’un service public qui aurait pour mission de réaliser cette besogne serait compatible avec une société dépourvue d’inégalités sociales, comme si la tuerie de masse d’un groupe par un autre pouvait être dépourvue d’inégalités, qu’elles soient inter-espèces ou au sein même de l’espèce humaine.

    Les abattoirs, une industrie qui se cache

    En France 3 millions d’animaux sont tués dans les abattoirs chaque jour2. Cette violence est complètement occultée dans la vie quotidienne de la plupart des gens qui n’y travaillent pas, cela n’a pas toujours été si méticuleusement masqué. Si les publicités ou les étals de boucherie ne présentent que des images proprettes d’animaux vivants associées à des portions soigneusement découpées de leurs corps, c’est parce que l’industrie de l’élevage n’a aucun intérêt à ce que leurs chèr·es consommateur·ices soient exposé·es à la réalité brutale que l’on impose aux animaux. Car éprouver de l’empathie, capacité de nombreuses espèces dont la nôtre, permet de se solidariser avec d’autres individus en souffrance, qu’ils soient humains ou non, et de choisir de ne pas participer à un acte cruel exercé sur l’autre, au point de physiquement s’y opposer.

    Jusqu’au début du 19e siècle, les animaux étaient tués dans les échoppes de bouchers, engendrant de nombreuses nuisances et problèmes sanitaires. Le sang des animaux s’écoulait dans les rues, les odeurs et les cris circulaient dans l’air ; parfois les animaux parvenaient à fuir, mettant en danger les passants. Pour ces raisons, et dans le contexte de la révolution industrielle, des abattoirs sont progressivement construits dans la capitale puis dans le reste du pays.

    S’ils étaient d’abord en périphérie des agglomérations, les abattoirs en furent peu à peu éloignés à cause de l’urbanisation croissante et grâce aux capacités techniques de réfrigération, retardant la décomposition des cadavres. Aujourd’hui au nombre de 960 en France, les abattoirs sont isolés et cachés des regards dans les campagnes. Le rappel de leur existence se fait sur la route où nous croisons les camions qui s’y rendent à toute heure, transportant leurs futures victimes entassées dans des remorques à barreaux.

    Une violence meurtrière exercée sur les animaux

    Ces victimes viennent de toutes les filières de l’élevage. Que les animaux soient génétiquement sélectionnés et élevés pour leurs capacités de développement musculaire, pour leur sécrétion de lait après insémination, ou pour leur production d’œufs, tous sont destinés à une mort violente et prématurée. Car leurs capacités de production diminuent avec l’âge, et la rentabilité économique nécessite que l’on exploite leur corps dans leur entièreté. Leur mort est prématurée en comparaison des années qu’ils pourraient physiologiquement continuer à vivre. Elle est violente, pas uniquement par les conditions de leur mise à mort, mais simplement parce qu’elle leur a été imposée contre leur gré.

    À leur arrivée tout d’abord, les animaux ne sont pas insensibles à leur environnement. Que ce soient les cris de leurs congénères ou les odeurs de sang et d’entrailles, ils comprennent que leur sort prochain est funeste et la détresse qu’ils éprouvent est visible. Ils hurlent, se débattent, certains d’entre eux parviennent à s’enfuir. Parfois même en chemin, pour échapper aux conditions horribles dans lesquelles ils sont transportés. Ils sont malheureusement souvent rattrapés et réintégrés dans la machine.

    Une fois à l’intérieur, plusieurs sévices leurs sont infligés suivant la réglementation officielle de « protection des animaux »3. Et leur intégration dans la chaîne de production se fait de leur vivant. Au prétexte de limiter les souffrances lors de leur mise à mort, on peut les électrocuter, les asphyxier au dioxyde de carbone, leur perforer le crâne avec un vérin pneumatique puis les pendre à des crochets plantés dans leur chair avant de les égorger pour les vider de leur sang. Aucune de ces pratiques n’est indolore et ne permet de garantir la mort instantanée. Une garantie d’autant moins certaine que les cadences sont faramineuses. En moyenne, un abattoir tue en effet 45 vaches ou 840 porcs par heure4.

    Leurs dépouilles sont alors préparées et conditionnées pour rejoindre nos magasins, hypermarché comme boucherie artisanale.

    Une violence sociale, physique et psychologique exercée sur les humain·es

    Si la violence imposée aux animaux est la plus évidente lorsqu’on évoque les abattoirs, celle qui est subie par les travailleuses et travailleurs de ces usines à tuer restent souvent dans un angle mort. Car ce sont bien des usines, bruyantes, sales et puantes, dont la production se fait à la chaîne, soumettant les individus qui la font tourner à une cadence infernale. L’enseignement que nous a transmis le mouvement ouvrier nous permet de dire que de telles conditions de travail sont terriblement aliénantes et usantes physiquement. Les statistiques montrent que 9 travailleuses et travailleurs d’abattoirs sur 10 ont souffert de trouble musculo-squelettiques et qu’à un poste d’abattage, le risque d’accident du travail est 4 fois supérieur à la moyenne nationale.

    Mais on oublie aussi que l’acte de tuer est en lui-même source de souffrance psychologique. La détresse que vivent les employé·es des abattoirs se traduit par de nombreux troubles tels que l’anxiété, la paranoïa, la dissociation ou la dépression5. Ils et elles subissent également un stress post-traumatique important, dont les symptômes sont identiques à ceux que des militaires peuvent subir après avoir tué ou infligé des souffrances à d’autres personnes.

    Isolés des centres urbains ou des sites industriels, les abattoirs sont aussi isolés des organisations syndicales. Ce sont des usines qui ont un taux de turn-over extrêmement élevé et qui ont recours à l’intérim, à des personnes immigrées et souvent sans-papiers. Ces personnes dont les capacités à s’organiser sont sapées par leur précarité, leur méconnaissance de la législation ou de la langue du pays en sont exploitées d’autant plus violemment6.

    Fermons les abattoirs, convertissons les emplois

    Si au cours d’un processus révolutionnaire, nous sommes en mesure d’imaginer la réorganisation de certains secteurs industriels nécessaires à la société pour en exclure l’exploitation violente, l’activité meurtrière même des abattoirs en font une filière à abolir complètement.

    Les abattoirs sont un lieu charnière des systèmes d’exploitation que sont le spécisme et le capitalisme. On oblige un groupe à en massacrer un autre. Les massacrés le sont sans nécessité. Notre alimentation ou nos vêtements ne nécessitent pas de produits d’origine animale, du moins pas dans nos pays riches. Les employé·es des abattoirs y travaillent par nécessité économique, et fuient le lieu dès que possible avec de terribles séquelles.

    Comment pourrions-nous dans notre projet que l’on considérerait communiste, tolérer que des individus soient tués et que d’autres individus soient forcés de mener la sale besogne afin de servir les intérêts d’un groupe social, par définition dominant ?

    C’est pourquoi nous devons revendiquer et œuvrer à la fermeture des abattoirs et la conversion des emplois vers des secteurs utiles qui ne nuisent ni à la planète, ni aux humains, ni aux autres animaux.

    • 1. Pour un être vivant, capacité à ressentir les émotions, la douleur, le bien-être, etc., et à percevoir de façon subjective son environnement et ses expériences de vie (définition du Larousse). Depuis la déclaration de Cambdridge en 2012 qui acte un consensus scientifique mondial, ce concept n’est plus en débat, même s’il continue à être enrichi constamment.
    • 2. L214, Nombre d’élevages et d’abattoirs en France. Site l214.com.
    • 3. Ministère de l'agriculture, de l'agoralimentaire et de souveraineté alimentaire, La protection des animaux à l'abattoir. Site agriculture.gouv.fr, 28 février 2019.
    • 4. L214, Conditions de travail et santé des ouvriers d'abattoirs. Site : viande.info.
    • 5. Tani Khara, Animals suffer for meat production – and abattoir workers do too. The conversation, 4 février 2020.
    • 6. Ella McSweeney and Holly Young, The whole system is rotten : life inside Europe’s meat industry. The Guardian, 28 septembre 2021.