Sans majorité à l’Assemblée, le gouvernement macroniste/LR de Barnier a besoin des voix du RN pour faire passer son PLF (projet de loi de finances) sur le budget de l’État et le PLFSS (projet de loi de financement de la Sécurité sociale).
Actualités nationales... - Page 66
-
La Sécu, elle est à nous !
-
Gaza, des atrocités criminelles et des crimes contre l’humanité...
Nous reproduisons ici l’intervention de notre camarade lors de la manif en soutien à la Palestine à Millau du 26 octobre.
-
RSA conditionné : flicage de la misère...
La loi « plein emploi » votée en décembre 2023 prévoit une série de mesures dont l’objectif affiché par le gouvernement Attal était de lutter contre le chômage. Les deux mesures ayant fait le plus parler d’elles sont l’obligation de suivi des allocataires du RSA par les opérateurs de France Travail (anciennement Pôle Emploi) et le conditionnement de cette allocation à quinze heures d’activités.
-
Éducation : mettre un stop à l’entreprise de démolition...
Les suppressions de postes dans l’éducation nationale prévues pour 2025 continuent de détruire le service public d’enseignement, pour servir les intérêts de l’école privée. Il faut un plan d’urgence pour sauver l’Éducation nationale !
Michel Barnier avait assuré faire de l’école sa priorité. Ce n’était pas pour la sauver, mais parce qu’elle est au centre de son plan de destruction de la fonction publique. Ainsi, l’Éducation nationale éponge la plus grande part des suppressions de postes dans le projet de budget 2025.
Des arguments dans la continuité d’une politique destructrice
Ce sont 4 035 suppressions de postes d’enseignantEs qui sont prévues dont 3 155 dans le premier degré au prétexte d’une baisse démographique nationale. Cette baisse globale aurait pu être l’occasion de diminuer le nombre de jeunes par classe. D’après la FSU-SNUIPP, 28 % des classes du primaire comptent plus de 25 jeunes, alors que la moyenne dans l’Union européenne est de 19,1.
On compte 8 865 suppressions de postes dans le second degré, entre 2017 et 2023, pour 7 441 élèves supplémentaires. Le nombre de jeunes par classe est en augmentation continue (plus de 25 en collège, plus de 30 en lycée), alors que les ministères successifs se gargarisent d’objectifs « d’individualisation des parcours de l’élève ». L’enseignement professionnel tient le record des suppressions de postes avec la fonte des horaires d’enseignement : les élèves de Bac pro ont perdu l’équivalent de 14 semaines de cours depuis les réformes de 2019.
Pendant que le gouvernement diminue l’enveloppe publique, les budgets alloués à l’enseignement privé augmentent. Le nombre de jeunes de 15 ans et plus scolariséEs dans le privé est passé de 16,4 % en 2018 à 21,6 % en 2022. Sans compter le financement du « privé hors contrat », dénoncé par les organisations syndicales, le 16 octobre 2024 : « alors qu’unE élève en lycée professionnel public coûte en moyenne 13 760 euros, certaines écoles de production affichent 29 700 euros par personne, soit plus du double, financés à 85 % avec des fonds publics. »
Un plan d’urgence pour l’Éducation
Pour revenir au nombre d’enseignantEs par élève de 2006, il faut embaucher 42 257 profs. Et pour redonner à l’éducation la même part dans le PIB qu’en 1996, il faudrait 27 milliards supplémentaires (la moitié du budget de l’armée ou bien 12,5 % des aides publiques aux entreprises en 2024). C’est le prix d’une éducation qui donne à chaque jeune les moyens de réussir sa scolarité.
Il y a urgence à ce que chaque territoire fasse état de ses besoins réels. Par exemple, les 2 000 postes d’accompagnantEs d’élèves en situation de handicap (AESH) annoncés nationalement sont inférieurs au besoin de 2 200 AESH chiffré pour la Seine-Saint-Denis. Il leur faut également un statut de fonctionnaire à la hauteur des tâches effectuées : une formation, 24 heures payées 1 700 euros net (alors qu’aujourd’hui les collègues se débrouillent pour se former et gagnent en moyenne 850 euros).
Pour obtenir la satisfaction de nos besoins, il faut construire un mouvement de défense du service public d’éducation, qui passera par une mobilisation nationale des salariéEs, des élèves et de leurs parents.
La commission Éducation nationale
-
Le viol, un outil de domination...
L’absence de la notion de consentement dans la loi n’explique donc pas à elle seule le peu de condamnations.
-
Le consentement : le débat traverse le mouvement féministe...
En France on estime à 210 000 le nombre de viols ou tentatives de viol qui ont lieu chaque année. Si, depuis 2017 et le mouvement #MeToo, de plus en plus de victimes portent plainte, cette prise de parole n’est pas suivie d’effets : le plus souvent les plaintes sont classées et les auteurs relaxés.
-
Pour l’abrogation de la réforme des retraites, contre le RN...
Croissance molle au niveau mondial, défis environnementaux, lutte contre la pauvreté, prise en charge du grand âge… le marché serait en difficulté pour répondre à tous ces défis dans les prochaines années selon le FMI et la Banque mondiale. Le capitalisme à force d’enrichir les riches finirait-il par douter ? Pas vraiment.
La discussion parlementaire en France sur le budget le montre. Avec aplomb, Antoine Armand, le ministre de l’Économie et des Finances a déclaré le 21 octobre devant les députéEs que « ce n’est pas un budget d’austérité, c’est un budget qui est fait pour éviter l’austérité ». Contredisant ainsi les faits avec une proposition qui ne répondra en rien aux enjeux sociaux et écologiques.
Une forme de continuité
C’est surtout un budget qui ne remet pas en cause les politiques menées depuis des décennies de désengagement de l’État (voir article page 6 sur l’éducation), de privatisation, de démantèlement (voir l’article page 3 sur Sanofi), de cadeaux fiscaux aux entreprises qui conduisent ensuite à des licenciements comme dans l’automobile…
Exit pour l’instant le débat sur la loi immigration supposée mettre d’accord une partie de la droite et le Rassemblement national. L’ensemble des forces politiques a voulu modifier le projet de budget. Les députéEs ont déposé plus de 3 500 amendements sur le projet de loi de finances et sur le PLFSS (projet de loi de financement de la Sécurité sociale) et lancé la discussion sur le report de la revalorisation des pensions de retraite.
Examiner l’ensemble de ces amendements pourrait conduire à dépasser les délais impartis, et c’est pourquoi la menace d’une utilisation (encore une !) de l’article 49.3 par le gouvernement pèse sur l’Assemblée nationale.
Un spectre dans l’hémicycle
Un autre spectre hante l’hémicycle et met au second plan le débat sur le budget de l’État et de la Sécurité sociale, celui de l’abrogation de la contre-réforme de 2023 sur les retraites. En effet, dans le cadre de sa « niche parlementaire » du 31 octobre, le RN prévoit de soumettre au vote un texte d’abrogation de la (contre)-réforme des retraites.
La gauche est désormais confrontée à la question de voter pour ou contre. Le 16 octobre, une tribune parue dans Le Media avançait l’idée qu’« en votant cette loi, notre camp ne perd rien. Au contraire, il obtient le retrait d’une réforme qu’il a été le premier et le plus déterminé à combattre. Il évite aussi de tomber dans le piège de la fausse opposition que la Macronie et le RN tentent de construire [...] ». Tentant, en effet, même si l’avenir de la proposition de loi du RN au Sénat, au vu des rapports de forces, est très probablement écrit.
Le RN n’a jamais défendu les intérêts du monde du travail. Il n’a pas soutenu le mouvement social de l’hiver 2022-2023 contre la réforme de Macron, ni mis l’abrogation dans son programme des élections législatives de juin-juillet.
Son piège se referme sur la gauche. Si la gauche vote avec le RN, elle le légitime, et le RN peut se présenter comme un défenseur des travailleurEs. Si elle ne vote pas avec lui, elle sera accusée de trahir son camp.
Mobiliser toute la gauche
Comment, alors, aider le prolétariat et ses organisations à sortir de cette ornière, à défendre ses revendications et le programme du NFP tout en combattant le RN ?
Il ne peut y avoir de solution que par une campagne militante, unitaire, des organisations politiques, syndicales et associatives qui modifient le rapport de forces : se rencontrer pour discuter un plan de combat contre Macron et le RN ; diffuser un matériel unitaire qui se prononce pour la retraite à 60 ans, pour l’augmentation des salaires, pour des embauches, contre le racisme et contre le RN ; préparer une grève avec manifestation le 31 octobre pour l’abrogation et contre le RN.
Le débat sur le budget de l’État et le financement de la Sécurité sociale doit être pour les travailleurEs l’occasion de reprendre l’initiative, de défendre leurs revendications pour les services publics, contre la guerre et l’austérité, pour l’emploi.
Forte d’une mobilisation sociale aidant les classes populaires à reprendre l’initiative et à marginaliser le RN, la gauche pourrait alors voter le projet de loi présenté par le RN, sans faire la moindre concession politique à celui-ci, en montrant que le RN ne défend pas les classes populaires puisqu’il ne défend pas leurs revendications et qu’il cherche à s’attaquer de manière frontale aux plus fragiles, les personnes racisées, les LGBT et les femmes.
Comité de rédaction
-
Mobilisation pour la libération de Georges Abdallah...
Samedi 26 octobre, aura lieu la manifestation annuelle pour demander la libération de Georges Ibrahim Abdallah devant la prison de Lannemezan (Hautes-Pyrénées) où il est détenu. Cette journée marquera la quarantième année de détention du militant libanais.
Cette mobilisation sera rendue particulière par l’attente du résultat de sa douzième demande de libération. Il est aujourd’hui le prisonnier politique le plus ancien dans une prison française et l’un des plus anciens en Europe.
Engagé contre l’occupation israélienne
Georges Abdallah naît en 1951 au Liban. Dans un contexte de misère, la lutte révolutionnaire trouve un écho fort au Liban. Ainsi, dès sa jeunesse, Georges rejoint la résistance palestinienne en intégrant le FPLP (Front populaire de libération de la Palestine). En 1979, face à l’envahissement du Liban par Israël, il fonde l’organisation marxiste les Fractions armées révolutionnaires libanaises. L’occupation israélienne mène à de nombreux massacres dans les camps de réfugiéEs palestinienNEs. En réponse à ces horreurs, les Fractions armées révolutionnaires libanaises mènent des attentats ciblés contre des agents étatsuniens ou israéliens. Georges Abdallah est arrêté à Lyon en 1984 pour possession d’un faux passeport.
Procès et détention inadmissible
Dans les années 1980, il est jugé à deux reprises, d’abord pour détention d’armes, puis pour complicité d’assassinat de diplomates étatsunien et israélien. Le gouvernement américain fait pression sur les autorités françaises et il est finalement condamné à perpétuité sans aucune preuve réelle de sa culpabilité.
D’après le droit français, Georges Abdallah est libérable depuis 1999. En 2013, après de nombreuses demandes de libération refusées, les juges d’appel s’étaient prononcés en faveur de sa mise en liberté mais conditionnée à une expulsion au Liban. Celui-ci était prêt à l’accueillir. Cependant, les États-Unis, dont Hillary Clinton, ont exercé une pression sur les autorités françaises pour trouver un moyen de poursuivre son emprisonnement. Plusieurs documents Wikileaks ont révélé les échanges entre le ministère des Affaires étrangères et le Secrétariat d’État américain. Déniant son droit à la justice, Manuel Valls a refusé de signer le document autorisant son expulsion.
Georges Ibrahim Abdallah doit être libéré
Georges Abdallah est devenu le symbole de l’acharnement politique et judiciaire envers les militantEs de la cause palestinienne. De nombreuses associations, organisations syndicales, partis politiques appellent à manifester samedi 26 octobre. Nous devons renforcer la pression sur le gouvernement français pour exiger qu’il signe son arrêté d’expulsion vers le Liban. Soyons nombreux pour demander sa libération immédiate !
Loïc
-
Sanofi : À force de tout détruire, il ne restera plus rien à casser pour le prochain directeur général...
Depuis 2008 et l’arrivée des « comptables » à la tête de l’entreprise, Sanofi s’est allégée de près de 65 % de ses infrastructures françaises et a supprimé plus de 8000 postes. Une casse sociale assortie de la casse de l’outil industriel dont les effets néfastes sont de plus en plus visibles.
-
La Brèche : une librairie militante pour garder le cap !
L’aventure de la librairie La Brèche est unique dans l’histoire du mouvement ouvrier en France. Apparue dans la foulée des heures glorieuses de Mai 1968, la Librairie Rouge a été rebaptisée La Brèche en 1978.
Comment expliquer notre longévité ? D’abord par la place occupée par la LCR, et aujourd’hui le NPA-l’Anticapitaliste, dans le champ politique et militant mais aussi par celle d’intellectuels tels que Daniel Bensaïd. Ensuite par la singularité de nos choix.
Et au milieu coule une rivière
Au-delà de notre propre courant, tout ce que le mouvement ouvrier et les luttes pour l’émancipation produisent d’intelligent nous intéresse, quelles que soient les controverses suscitées. Aucune censure à La Brèche... sauf celle de la bêtise et de la réaction. Et au milieu coule une rivière : venez voir les milliers de références, les dizaines de journaux d’autant de courants politiques, la centaine de rayons thématiques. Enfin, disons-le, par une gestion commerciale serrée.
Profitant de l’expérience et de l’implantation de la IVe Internationale, notre pratique s’est enrichie tandis que notre reconnaissance s’est étendue au-delà de l’hexagone. En effet, une librairie est pour nous un outil militant. Ainsi notre public quotidien se compose évidemment de militantEs de partout et d’ailleurs. Nous sommes aussi présents dans les manifestations, sur le point fixe du NPA-l’Anticapitaliste.
Faire front unique
Mais une librairie est aussi pour nous un outil de front unique. À l’image de son ancêtre la LCR, le NPA-l’Anticapitaliste vise à construire l’unité de notre camp social. Et cela passe aussi par les livres, l’écrit en général, la culture, la formation. Ainsi, nous invitons également des auteurs de divers horizons pour venir présenter leurs ouvrages. Mieux encore, des associations syndicales, féministes ou antiracistes nous font confiance pour leurs initiatives, ce qui nous assure par ailleurs une assise économique.
Ainsi, du 10, impasse Guéménée (en 1976) au 27, rue Taine (en 2000) en passant par le 9, rue de Tunis (en 1980), et bientôt au 2, rue Richard-Lenoir à Montreuil, nous avons bien l’intention de garder le cap !
Une souscription pour une nouvelle vitrine
En participant à la souscription organisée par le NPA-l’Anticapitaliste, vous nous permettrez de le rejoindre dans un local national unique dont nous serons (littéralement) la vitrine. En cohérence avec la mission qu’elle assure depuis presque 50 ans, elle contribuera à faire vivre ce local, en organisant des évènements et en créant un lieu convivial, de rencontres, d’étude, de discussions.
L’équipe de la librairie La Brèche