Article de la revue Inprecor.
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Actualités internationales... - Page 9
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En septembre, « all eyes on Gaza »...
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Révoltes urbaines à Lausanne : partout, la police tue et la jeunesse résiste...
Au matin du dimanche 24 août, le jeune Marvin M., âgé de 17 ans, a perdu la vie des suites de la poursuite par la police de Lausanne, en Suisse. La police suisse et les médias français évoquent un vol de scooter et dressent le portrait d’un délinquant, à rebours de la manière dont sa famille et ses amis le décrivent, ajoutant au deuil la colère face à la déshumanisation de Marvin. La mort d’un adolescent racisé, poursuivi par la police, s’intègre dans une nécrologie qui ne cesse de s’étendre : en deux mois, après Camilla, c’est le deuxième enfant à Lausanne qui décède des suites d’une poursuite de la police alors que celle-ci est sous le coup d’une vaste investigation qui a mis au jour de nombreux échanges racistes en son sein. En France, c’est un adolescent de 17 ans qui est mort le 9 août à Bièvre, dans l'Essonne, percuté par une voiture de police lors d’une poursuite. Zyed, Bouna, Nahel, Marvin, Camilla et tant d’autres… En Suisse comme en France, la police tue, et principalement des jeunes hommes et enfants racialisés.
Le traitement médiatique des révoltes urbaines opère une inversion raciste des responsabilités. Sous prétexte de légitime défense, les policiers font courir un danger mortel aux personnes pourtant réellement victimes de violences policières. Les vraies sources d’insécurité sont pourtant les patrouilles de police dans les quartiers, comme le montre des enquêtes indépendantes. Par exemple lors du meurtre de Nzoy en 2021, elles ont démontrées que les policiers n’étaient pas réelllement en danger.
Alors que les médias français titrent sur l’exceptionnalité de révoltes urbaines en Suisse, le NPA et SolidaritéS dénoncent le danger croissant, partout en Europe, pour les personnes racialisées devant des forces de l’ordre de plus en plus ouvertement racistes et fascisées. Dans deux mois, nous commémorerons la mort de Zyed et Bouna, morts des suites d’une poursuite policière.sans motif. Nous ne les oublions pas.
Le NPA et SolidaritéS apportent leur soutien à la famille de Marvin et ses proches endeuilléEs.
Le NPA et SolidaritéS affirment la légitimité des révoltes urbaines et appellent à l’amnistie de l’ensemble des jeunes arrêtéEs pendant les nuits de révolte.
Le NPA et SolidaritéS affirment la centralité de la lutte antiraciste contre les violences policières.
Le NPA et SolidaritéS appellent à l’organisation d’une large riposte antifasciste et antiraciste, par-delà les frontières nationales. -
Révolte populaire en Indonésie, contre la corruption et la militarisation...
Depuis fin août, une vague de mobilisations secoue l’Indonésie. Partie d’un rejet de la corruption et de l’enrichissement de l’élite, la révolte a pris de l’ampleur après la mort d’un jeune chauffeur percuté par un blindé de la police. Brutalement réprimé, le mouvement dénonce la militarisation du régime de Subianto et l’aggravation des inégalités sociales.
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Soutenir la Global Sumud Flotilla, briser le blocus, stopper le génocide...
Après plus de 700 jours de génocide, l’arrêt de la CIJ, la dénonciation de la famine à Gaza par l’ONU, il n’est plus possible de dire que l’on ne sait pas. Le nettoyage ethnique apparaît clairement comme un objectif du gouvernement israélien, qui ne cache pas sa volonté de s’accaparer toute la Palestine et même au-delà.
L’impunité encore
Alors que le génocide se poursuit depuis plus de 700 jours, une mobilisation internationale inédite se lève. 60 bateaux et 500 volontaires venus de 45 pays prennent la mer pour Gaza, malgré les menaces et la répression.
Le 8 septembre, suite à l’attaque d’un bus à Jérusalem-Est occupée, Netanyahou a donné l’ordre aux GazaouiEs de partir, promettant une opération terrestre encore plus terrible que toutes les précédentes. C’est le genre d’annonces qui a justifié un mandat d’arrêt contre le Premier ministre génocidaire, mais l’impunité se poursuit. Là où la plupart des gouvernements et responsables politiques s’enfoncent dans la complicité avec Israël, des personnes courageuses s’engagent de mille et une manières, jusqu’à tenter d’aller rompre le blocus de Gaza.
La mobilisation reste forte, la répression aussi
La semaine dernière, plus de 40 rassemblements ont eu lieu dans toute la France pour soutenir l’initiative Thousand Madleens. Dans toute l’Europe, les manifestations ont repris avec une très grande ampleur : des milliers de manifestants à Paris, plus de 100 000 à Bruxelles, pas moins à Londres, où la police a arrêté 890 manifestantEs qui tenaient une pancarte en soutien à Palestine Action. Le gouvernement travailliste a justifié cette répression en qualifiant le groupe de « terroriste ». Les initiatives de solidarité se poursuivent régulièrement partout depuis quasiment deux ans. Pourtant, en France, nous ne sommes pas parvenus à faire fléchir le soutien à Israël. La France a continué à livrer des armes à Israël et aucune sanction n’a été prise.
60 bateaux, 500 volontaires, 45 pays
Heureusement, les peuples ont réussi à se remobiliser contre le génocide en Palestine. Des flottilles ont navigué une semaine depuis Barcelone jusqu’à la Tunisie, avec notamment à bord Ada Colau, l’ex-maire de Barcelone, pour rejoindre le grand départ. Adèle Haenel a annoncé, il y a quelques jours, avoir rejoint la Global Sumud Flotilla en Tunisie : « Notre but est d’apporter de la nourriture et des médicaments à la population de Gaza, qui est en proie (…) à une famine délibérément orchestrée par le gouvernement israélien. Nous sommes uniEs par la volonté d’agir pacifiquement pour ouvrir un corridor humanitaire et briser le blocus illégal imposé par l’État israélien à Gaza. » Parmi ces délégations, on compte aussi des députéEs françaisEs et des personnalités influentes comme la militante écologiste Greta Thunberg ou Mandla Mandela.
Ce ne sont pas moins de 60 bateaux et 500 volontaires de 45 pays différents qui s’élancent vers Gaza, malgré les menaces qui pèsent sur la plus grande délégation humanitaire jamais mobilisée. Une flottille a déjà subi une attaque de drone à Tunis. Cela n’entame pas la détermination des volontaires. L’arrivée des bateaux est prévue pour la mi-septembre.
Parce qu’un génocide il faut tout faire pour l’empêcher, il est essentiel de placer les questions de racisme et la Palestine au cœur du mouvement social. Cela passe par le soutien à toutes les initiatives de solidarité avec la Palestine, une protection citoyenne des flottilles pour briser le blocus de Gaza, et l’amplification des pressions pour obtenir des sanctions contre l’État colonial israélien.
Monira Moon
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Trump limoge des hauts fonctionnaires et prend le contrôle de plusieurs villes...
Donald Trump multiplie les purges à la tête d’institutions fédérales et déploie la Garde nationale dans plusieurs villes. Ces mesures autoritaires suscitent des condamnations massives et une mobilisation populaire.
Trump a mis l’été à profit pour continuer à démanteler la démocratie et avancer vers un État autoritaire et réactionnaire. Trump a limogé trois hauts fonctionnaires. Il a d’abord licencié Erika McEntarfer, commissaire du Bureau of Labor Statistics (Bureau des statistiques du travail), Lisa D. Cook, gouverneure de la Federal Reserve Bank (banque centrale américaine), et Susan Monarez, directrice des Centers for Disease Control and Prevention (Centres pour le contrôle et la prévention des maladies). Aucun autre président n’avait jamais procédé à de tels licenciements à la tête d’institutions quasi sacro-saintes, qui régulent l’économie et protègent la santé publique.
L’armée contre les mobilisations
Trump a également affirmé son pouvoir dans les rues des villes américaines. Lorsque les habitantEs de Los Angeles ont protesté contre les rafles et les arrestations menées dans le cadre de sa politique d’immigration, ce qui a conduit à des affrontements avec la police de Los Angeles, Trump a directement mobilisé la Garde nationale en juin, envoyant 2 000 gardes à Los Angeles ainsi que 700 marines et de nombreux agents de l’ICE (Service de l’immigration et des douanes). La maire de Los Angeles, Karen Bass, et le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, ont tous deux qualifié l’occupation militaire d’une partie de la ville d’inutile et d’autoritaire. Le gouverneur a intenté une action en justice devant un tribunal fédéral et obtenu une ordonnance restrictive temporaire.
À la mi-août, Trump a déclaré « l’état d’urgence criminelle » dans la capitale nationale et a pris le contrôle de la Garde nationale de Washington, DC, ainsi que du département de police de la ville. Le 8 août, Trump a envoyé des centaines de fonctionnaires fédéraux d’autres agences, telles que le Federal Bureau of Investigation (FBI), patrouiller dans les rues de Washington. Bien que la ville compte effectivement des quartiers à forte criminalité, le taux d’homicides et d’autres crimes violents est en réalité en baisse. Washington, DC étant un district fédéral et non un État, le président est constitutionnellement habilité à en prendre le contrôle. Mais il a également promis d’envoyer des agences fédérales et des troupes dans d’autres villes : Chicago, New York, Baltimore et Oakland, toutes gouvernées par des démocrates.
Résistances institutionnelles et populaires
Dans l’Illinois, le gouverneur J.B. Pritzker et le maire de Chicago, Brandon Johnson, ont tous deux condamné le projet de Trump d’envoyer des troupes, le qualifiant d’inutile et de menace pour la démocratie américaine. Quelque dix-neuf gouverneurs démocrates ont également affirmé qu’ils ne voulaient pas de troupes ni de policiers fédéraux dans leurs États. Les troupes et les agents de Trump ne contribuent guère au maintien de l’ordre, ils jettent les bases d’un potentiel coup d’État militaire.
La manifestation pacifique No Kings Day, qui s’est déroulée à travers les États-Unis le 14 juin 2025, a été la plus grande manifestation d’une journée de l’histoire du pays. En août, les manifestations ont diminué.
Le Democratic Socialists of America (DSA), la plus grande organisation socialiste du pays avec 80 000 membres, a tenu son congrès à Chicago le mois dernier. Les nombreux courants politiques de l’organisation — gauche, droite et centre — se sont disputés sur les procédures et ont adopté une résolution de soutien à la Palestine, mais il y a eu peu, voire pas, de débats sur la politique américaine et sur la manière d’arrêter Trump.
Mais l’automne approche et des mobilisations plus massives sont attendues lorsque les étudiantEs retourneront sur leurs campus et que les gens reprendront le travail. Il faudra être dans la rue par millions.
Dan La Botz, traduction Henri Wilno
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Exclusion des principaux opposants à l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire...
L’exclusion des principaux candidats de l’opposition de l’élection présidentielle ivoirienne du 25 octobre jette une ombre sur le scrutin et alimente le risque de violences politiques dans un pays marqué par une longue histoire de crises électorales.
Depuis une trentaine d’années, les élections présidentielles en Côte d’Ivoire sont à l’origine de graves tensions politiques ayant débouché sur des violences, comme lors du scrutin de 2020 où plus de 85 personnes ont été tuées, sans compter les centaines de blessés. Les élections du 25 octobre prochain ne semblent pas, hélas, échapper à la règle.
L’opposition mise hors jeu
L’élément majeur de la crise est l’exclusion de la liste électorale, pour des motifs divers, de candidats comme Charles Blé Goudé, ancien ministre de la Jeunesse, Guillaume Soro, ex-Premier ministre, et surtout les deux principaux opposants : l’homme d’affaires Tidjane Thiam du Parti démocratique de la Côte d’Ivoire (PDCI) et l’ancien président Laurent Gbagbo, dirigeant du Parti des peuples africains (PPA-CI). Ces interdictions de se présenter retirent toute crédibilité au scrutin et pourraient générer des tensions politiques, aggravées par les dimensions communautaires liées à l’implantation de ces dirigeants dans leurs fiefs régionaux. Cette fragilité du processus électoral s’explique aussi par d’autres griefs : le quatrième mandat du président actuel, Alassane Ouattara, rendu possible par le changement constitutionnel du 30 octobre 2016 qu’il a initié pour contourner l’interdiction de plus de deux mandats successifs ; une liste électorale de huit millions de personnes sur un total de plus de douze millions de votants potentiels ; une Commission électorale indépendante décriée ; une justice considérée comme aux ordres du pouvoir.
Mobilisation pour l’inclusion électorale
Les premières protestations ont eu lieu le 9 août à Abidjan, la capitale, où des milliers de manifestantEs, essentiellement du PDCI et du PPA-CI, sont descendus dans la rue. Ce succès va probablement encourager les opposantEs à maintenir la pression. D’autant qu’une organisation comme le PDCI, fondé par Houphouët-Boigny, qui a dirigé la Côte d’Ivoire pendant plus de trois décennies, bénéficie d’un fort enracinement à travers le pays. En face, le pouvoir, comme à son habitude, va passer outre et ne prendra pas le risque d’une ouverture politique débouchant sur un cadre électoral inclusif. Fort de son succès économique, certes réel mais très inégalitaire, avec une inflation, un chômage et une faiblesse des infrastructures de santé persistants, Alassane Ouattara opte pour le passage en force. Pour ces élections, les moyens de l’État seront mobilisés pour sa campagne. Déjà, une vague répressive s’abat sur les opposantEs, notamment ceux du PPA-CI, particulièrement visés. Ainsi, des cadres de ce parti comme l’ancien ministre de la Défense Moïse Lida Kouassi ou l’ex-ambassadeur Boubacar Koné sont en garde à vue. En Côte d’Ivoire, comme dans la plupart des pays d’Afrique, les élections n’ont qu’une seule finalité : la conservation d’un pouvoir autoritaire sous un vernis démocratique.
Paul Martial
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Sahara occidental, une décolonisation confisquée, un peuple en résistance...
Depuis plus d’un demi-siècle, le Sahara occidental reste le théâtre d’une colonisation niée et d’une lutte de libération occultée.
Après cent ans de domination espagnole, l’occupation marocaine s’est installée en 1975 à la faveur de la « marche verte », présentée par Rabat comme une mobilisation pacifique mais vécue par les SahraouiEs comme une invasion militaire. Bombardements au napalm et au phosphore, déplacements forcés et répression ont marqué le début d’une occupation soutenue par les puissances impérialistes et par Israël, fournisseur d’armes et partenaire du Maroc.
Une occupation militaire et coloniale
Qualifier le Sahara occidental de « conflit gelé » alors que la guerre de libération a repris depuis près de quatre ans et que les Nations unies appellent à la tenue d’un référendum chaque année depuis près de 35 ans est une falsification. Le cessez-le-feu de 1991 n’a jamais débouché sur le référendum d’autodétermination promis. Le recensement des votantEs est prêt depuis 2002, mais Rabat bloque le processus en installant des colons, les faisant passer pour des autochtones, comme la France le fait en Kanaky. En novembre 2020, le Maroc a rompu la trêve à Guerguerat : depuis, la guerre a repris. Cette occupation s’appuie aussi sur une infrastructure militaire titanesque : un mur de sable construit dans les années 1980, long de plusieurs milliers de kilomètres, protégé par des millions de mines antipersonnel. C’est la plus vaste zone minée au monde, symbole d’un apartheid colonial.
Un pillage économique
Au-delà du militaire, le Maroc déploie une stratégie économique et idéologique. Phosphates, pêche, énergies renouvelables : les ressources du Sahara sont exploitées par des entreprises marocaines et occidentales, malgré des décisions juridiques qui déclarent ces accords illégaux. Le soft power se traduit par le tourisme, les investissements et des infrastructures qui ne profitent pas aux SahraouiEs. Dans les territoires occupés, il n’existe presque pas d’universités. Ces projets servent d’abord à blanchir l’occupation et à attirer des colons avec des avantages fiscaux et fonciers.
Un peuple en exil
La majorité des SahraouiEs vivent toujours dans les camps de réfugiéEs de Tindouf, en Algérie. Ces exiléEs portent la mémoire d’un peuple dispersé, privé de ses terres et de ses droits. Les prisonniers politiques sahraouis et les révoltes écrasées, comme celle de Gdeim Izik en 2010, véritable déclencheur du « printemps arabe », rappellent la brutalité d’un régime qui nie jusqu’à l’existence d’un peuple. Réduire cette lutte à une rivalité entre Maroc et Algérie, comme le répète la propagande, revient à invisibiliser le sujet central : un peuple colonisé. Le Sahara occidental n’est pas un dommage collatéral de tensions régionales, mais une lutte de libération nationale.
Un combat anticolonial universel
Le parallèle avec la Palestine est évident : murs, déplacements forcés, exploitation des ressources, criminalisation de la résistance. Dans les deux cas, l’occupation est soutenue par des États impérialistes et des investisseurs. Dans les deux cas, les coloniséEs se battent pour l’autodétermination et la justice. Le Sahara occidental est reconnu par l’ONU depuis 1963 comme territoire non décolonisé. Mais les résolutions ne suffisent pas : sans rapport de forces, le droit reste lettre morte. La libération dépend de la solidarité internationale, de la dénonciation des mensonges historiques et de l’affirmation d’un internationalisme conséquent. Pour les SahraouiEs, l’enjeu est clair : il ne s’agit pas de négocier un compromis territorial, mais de reconquérir l’ensemble de leur pays et de permettre le retour des exiléEs. C’est une question de dignité et de justice. Leur horizon est celui d’un Sahara libre, du nord au sud, comme les PalestinienNEs rêvent d’une Palestine libre, du fleuve à la mer.
Fatimetu et Amel
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Solidarité sans faille avec la résistance ukrainienne...
L’Ukraine résiste envers et contre tout. Tandis que Trump déroule le tapis rouge à Poutine, syndicats, féministes et militantEs LGBTQI+ poursuivent leur lutte sur tous les fronts. L’UE n’apporte qu’un soutien superficiel à l’Ukraine et prépare la fin de la protection temporaire. La solidarité internationaliste est un impératif : elle ne doit pas être à géographie variable, ni subordonnée à des calculs géopolitiques. Par le Groupe d’intervention Solidarité Ukraine du NPA et Dominique Boury.
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Un génocide indéniable, une complicité criminelle...
Deux ans après le début du génocide à Gaza, la population subit des bombardements incessants, une famine organisée et des attaques ciblant journalistes et personnels de secours. La propagande israélienne, relayée par ses alliés, ne masque plus le caractère colonial et génocidaire de ses politiques, tandis que la résistance palestinienne et internationale se poursuit.
L’été a été infernal pour les GazaouiEs : aux températures extrêmes, sans eau potable, sans produits d’hygiène, sans nourriture, s’ajoutaient les ordres d’évacuation, les bombardements, les destructions systématiques, les villages de tentes et les problèmes d’hygiène. Près de 500 personnes sont mortes de faim depuis que la famine a été déclarée par les instances internationales, notamment onusiennes. Les zones de distribution « humanitaires » restent des pièges meurtriers. Les mots manquent pour décrire l’horreur. Les témoins manquent aussi : Israël cible les journalistes. L’emblématique Anas el-Sharif a été assassiné avec quatre collègues, portant à plus de 210 le nombre de journalistes tuéEs — un « record » mondial. Israël a également utilisé la technique du double tap, qui consiste à viser deux fois au même endroit à quelques minutes d’intervalle pour tuer les personnels d’évacuation et les journalistes.
Propagande et pratiques génocidaires
Le massacre de l’hôpital Nasser en est un exemple. Israël a d’abord parlé d’un « terrible accident », puis a affirmé viser une « caméra du Hamas ». Israël prétend « limiter les pertes civiles » mais un rapport de ses propres services révèle que 83 % des victimes palestiniennes sont des civilEs. Israël finance des influenceurs d’extrême droite pour nier la famine à Gaza, alors que des membres du gouvernement tiennent des propos explicitement génocidaires. Smotrich appelle à la destruction du peuple de Gaza et a annoncé l’annexion de facto d’une large partie de la Cisjordanie, la zone E1, qui coupera quasiment le territoire en deux. Le ministre de la Défense Katz évoque « des catastrophes obscures » et « des malédictions sur les premiers-nés » au Yémen, juste avant d’assassiner la moitié du gouvernement houthi. Israël bombarde toujours le sud-Liban, viole le cessez-le-feu et refuse d’en signer un pour Gaza malgré l’acceptation par le Hamas de toutes ses conditions. Israël est devenu l’ennemi de tous les peuples de la région.
Une résistance acharnée
Si Benyamin Netanyahou refuse le cessez-le-feu, c’est pour continuer à envahir Gaza et vider le territoire de sa population palestinienne. Mais sur le terrain, cette bataille est loin d’être gagnée pour l’armée d’occupation. Les différents groupes armés font preuve d’une coordination efficace. Les pertes humaines et matérielles israéliennes s’accumulent, et Netanyahou a de grandes difficultés à obtenir des renforts. Désarmer le Hamas reste un objectif inatteignable. En août, toutes les factions combattantes ont affirmé leur détermination lors d’une conférence au Caire. La résistance populaire internationale n’est pas en reste : les manifestations ont continué tout l’été, la pression sur les gouvernements occidentaux est forte, et la démission de la moitié du gouvernement néerlandais sur la question palestinienne en est un signe. Plusieurs pays européens envisagent de renégocier leurs accords commerciaux avec Israël. La nouvelle flottille du Sumud, partie de Barcelone et Marseille ce week-end avec des dizaines de bateaux et 44 pays représentés, illustre cette solidarité internationale. Ces initiatives sont un point d’appui qu’il faut amplifier.
Une complicité internationale persistante
Les principaux États occidentaux restent complices de Netanyahou. Les États-Unis ont révoqué les visas de toustes les PalestinienNEs invitéEs à l’Assemblée générale de l’ONU à New York fin septembre, où devait être prononcée une déclaration « historique » de reconnaissance de l’État palestinien par les derniers États à ne pas l’avoir encore fait. Cette insulte s’ajoute à l’humiliation de voir reconnaître un État palestinien sans reconnaissance du génocide. Deux ans après son début, des initiatives massives doivent relancer la solidarité internationale. En France, autour de la crise gouvernementale et de la mobilisation du 10, mettre en cause un gouvernement complice d’un État génocidaire doit être un enjeu central.
Édouard Soulier
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Réchauffement climatique : effets cumulés, désastres assurés !
En 2025, les catastrophes climatiques s’enchaînent, aggravées par les effets cumulés du réchauffement global, la fuite en avant du capitalisme et l’inaction des États. De plus en plus de scientifiques mettent en cause le modèle capitaliste et son incapacité à apporter des solutions à la crise écologique mondiale.