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Actualités internationales... - Page 5

  • Serbie : Le soulèvement après l’effondrement...

    Un an après l’effondrement de l’auvent de la gare de Novi Sad, qui a tué 16 personnes, le paysage politique serbe a été radicalement bouleversé par un mouvement social étudiant d’une intensité que le pays n’avait pas connue depuis des décennies. Une délégation de la 4 Internationale, composée de camarades de la GA (Gauche anticapitaliste, Belgique) et du NPA-A (Nouveau Parti Anticapitaliste, France), s’est rendue à la rencontre de militantEs politiques, syndicaux, associatifs et étudiants, pour y construire avec elleux des liens de solidarité et rapporter leur parole dans nos pays.

    Violence, corruption, népotisme, nationalisme : ces mots ne suffiraient probablement pas à caractériser le régime policier du président serbe, Aleksandar Vučić, à la tête du pays depuis 2012. Son emprise sur les institutions et le patrimoine foncier du pays est tentaculaire. Pour obtenir un emploi de base dans bien des secteurs, ou même un simple logement, il est vivement recommandé de prendre sa carte au parti du pouvoir, le SNS (Parti progressiste serbe), et de participer à ses meetings propagandistes. Beaucoup de Serbes se considèrent « sous occupation ». Et elleux ne parlent pas seulement des ingérences impérialistes venant de l’Est comme de l’Ouest, qui ferment les yeux sur la réalité du régime.

    Les étudiantEs, moteur de la résistance au régime

    La catastrophe de Novi Sad, symptôme d’une corruption qui a dévasté l’infrastructure économique du pays, a agi comme un détonateur. Le corps enseignant, dépassant son corporatisme traditionnel, a initié un mouvement de grève. Il a été très vite rejoint, et massivement, par des étudiantEs des quatre coins du pays. OrganiséEs en assemblées qui appliquent des pratiques démocratiques strictes, ils et elles mettent sur pied de longues marches à travers tout le pays. De village en village, ils et elles sont accueilliEs par les habitantEs comme des héros. La majorité de la population a soutenu avec enthousiasme le mouvement de celles et ceux qu’elle appelle « nos enfants ».

    L’un des symboles les plus marquants et émouvants a été la rencontre des étudiantEs de Novi Pazar, ville à majorité musulmane et bosniaque, avec les étudiantEs du reste du pays : une scène d’une force symbolique incroyable dans cette région d’Europe hantée par une guerre civile génocidaire. « C’est la première fois que je me suis senti citoyen serbe », dira un étudiant de Novi Pazar en arrivant à Belgrade.

    Un mouvement sur la pente descendante qui tente la carte électorale

    Depuis la rentrée, le mouvement peine à trouver un second souffle ; les blocages de facs se sont arrêtés presque partout. Absence de coordination politique ? Essoufflement du mouvement sur le temps long ? Convergence ratée avec le mouvement syndical ? Rapport conflictuel avec une opposition politique discréditée ? Intensification de la répression par le régime ? Blocage structurel lié à la position de la Serbie dans l’économie mondiale ? Les explications aux impasses actuelles sont multiples et témoignent de la richesse des débats stratégiques qui traversent la gauche serbe.

    Pour trouver un débouché politique, le mouvement étudiant, réclamant le départ de Vučić et la tenue d’élections libres et démocratiques, a choisi de présenter une liste électorale indépendante. Une liste étudiante qui a engagé un travail programmatique et organisationnel d’ampleur, en lien avec le reste de la population et de la société civile. Certains sondages les créditent de plus de 45 % des intentions de vote. Le régime l’a bien compris, refusant toute élection anticipée et jouant à plein la carte du pourrissement et de la répression. Nous nous tiendrons à leur côté dans ce combat périlleux et leur ­adressons toute notre solidarité.

    La délégation de la 4e Internationale en Serbie

  • Trump prive les pauvres de nourriture pendant la crise budgétaire...

    Donald Trump a profité de la crise budgétaire, qui dure depuis plus d’un mois et a entraîné la fermeture (shutdown) du gouvernement fédéral, pour mettre fin au financement de programmes d’aide sociale qui fournissent nourriture et éducation à des dizaines de millions de personnes à faibles revenus.

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  • Gaza : Le 29 novembre en ligne de mire...

    Alors que l’hiver arrive, Gaza, qui croule sous les débris, est laissée sans abris, sans nourriture et sans carburant. Israël poursuit sa destruction de toute la société palestinienne. Faire de la manifestation nationale unitaire pour la Palestine du 29 novembre une mobilisation de masse doit être notre priorité.

    La situation à Gaza reste préoccupante même sous « cessez-le-feu ». Un cessez-le-feu tellement bafoué qu’il n’en a plus que le nom. En effet, Israël a commis près de 200 violations depuis le 10 octobre, date de sa mise en place, et depuis plusieurs centaines de personnes ont été tuées.

    Les conditions de vie s’aggravent

    L’hiver approche et les conditions de vie s’aggravent drastiquement : l’accord de cessez-le-feu prévoyait la fourniture de plus de 300 000 tentes et abris mobiles pour héberger des centaines de milliers de familles palestiniennes. Presque toutes les habitations de Gaza ont été détruites, ces tentes sont donc une nécessité vitale. Mais évidemment, Israël n’a pas respecté cet engagement non plus. La livraison des abris, comme celle des produits de première nécessité, se fait au compte-gouttes. Entre le début du cessez-le-feu et la fin octobre, seuls 3 203 camions sur les 13 200 prévus sont entrés dans la bande de Gaza. Ce qui fait que, chaque jour, seuls 145 camions commerciaux et humanitaires en moyenne sont entrés, au lieu des 600 camions par jour.

    Gaza est un amas de débris

    Israël bloque toujours les denrées alimentaires essentielles, les médicaments, les engins lourds d’excavation pour permettre le déblaiement, et bien sûr le carburant pour les chauffages et les machines. Ils sont pourtant nécessaires : Gaza est une pile de débris, près de 90 % des habitations sont détruites ou endommagées. Une grande partie des infrastructures de Gaza, ­notamment les maisons, les écoles, les universités, les mosquées, les églises, les espaces publics et les centres de santé, ont été réduites à ruines. La quantité de débris qui recouvre le territoire correspond à 60 millions de tonnes. Même avec toutes les machines disponibles, il faudra plusieurs décennies pour tout déblayer.

    Israël bombarde, contrôle et occupe

    Comme nous l’avons indiqué depuis plusieurs semaines, Israël n’a jamais eu l’intention d’honorer un quelconque cessez-le-feu, juste gagner du temps pour le redéploiement et le réarmement. Les prétextes sont faciles à trouver. Du coup, Israël continue de bombarder et ne respecte pas l’accord qu’il a signé.

    Notamment, un des autres aspects de l’accord « Trump », le retrait de l’armée de Gaza. Pour l’instant, toute la partie Est de Gaza est contrôlée par Israël. Plus de la moitié, avec notamment les terres ­agricoles, se trouve derrière « la ligne jaune » ; Israël contrôle également les points d’entrée, notamment Rafah au sud. De la même manière, l’accord prévoit une force d’interposition de pays dits musulmans — la Turquie en tête. Mais Israël ne veut absolument pas de soldats turcs à Gaza. Netanyahou a répété que cela n’arriverait pas et a proposé que les forces d’interposition viennent d’Azerbaïdjan ! Quoi qu’il en soit, les termes de l’accord Trump vont résulter d’un rapport de forces qui va se jouer ­internationalement.

    Mobilisons-nous pour la survie de la société palestinienne

    Ce rapport de forces doit continuer, car la tendance fasciste israélienne est à l’accélération et cela ne concerne pas que Gaza. À titre d’exemple, une proposition de loi qui permettrait aux tribunaux israéliens d’imposer la peine de mort aux Palestiniens reconnus coupables d’avoir tué des Israéliens pour des « motifs nationalistes » va être proposée à la Knesset cette semaine. Cette législation ne s’applique pas aux Israéliens qui tuent des Palestiniens dans des circonstances similaires. Les prisonnierEs palestinienNEs sont un enjeu crucial. Depuis octobre 2023, Israël a arbitrairement arrêté des milliers de Palestiniens dans la bande de Gaza et en Cisjordanie occupée. Au moins 10 000 personnes sont actuellement détenues dans les prisons israéliennes et ce chiffre est probablement sous-estimé. Ces prisonnierEs sont soumisEs à des mauvais traitements, tortures, viols, détention sans date de libération, etc.

    La pression doit continuer pour soutenir le peuple palestinien. Pas seulement pour Gaza, mais pour la survie de la société palestinienne dans son ensemble. Les actions de boycott, de blocages d’envois d’armements, les manifestations doivent continuer. La possibilité d’une grande manifestation de masse se profile pour le 29 novembre à Paris. Cette date doit être notre ligne de mire pour la solidarité avec la Palestine.

    Édouard Soulier

  • « Poursuivre nos mobilisations afin d’isoler Israël et faire basculer le rapport de force en faveur des PalestinienNEs »...

    Entretien avec TSEDEK !, collectif juif décolonial.

    Deux ans après le 7 octobre, deux ans de génocide. Qu’en dire, en quelques mots ? 

    À l’encontre d’une lecture qui prétend faire du génocide à Gaza une rupture, une vengeance menée par un gouvernement d’extrême droite suite au traumatisme du 7 octobre, il faut au contraire souligner qu’il s’inscrit dans la continuité des politiques israéliennes menées depuis 1948, tant par des gouvernements de gauche que de droite. De ce point de vue, le génocide à Gaza n’est pas la trahison d’un projet sioniste originellement positif et émancipateur, mais sa conséquence logique. L’existence d’une population autochtone constitue en effet un problème pour le sionisme dès ses débuts, dans la mesure où il vise à établir sur le territoire de la Palestine une colonie de peuplement à suprématie juive. Le nettoyage ethnique de 1948, la Nakba, la mise en place d’un système d’apartheid vis-à-vis des « Arabes israélienNEs », et finalement le génocide sont diverses solutions mises en œuvre par le régime sioniste pour résoudre ce problème.

    Le génocide à Gaza n’est pas la trahison d’un projet sioniste originellement positif et émancipateur, mais sa conséquence logique

    Depuis le 7 octobre, la mise en lumière des crimes israéliens a permis une prise de conscience du caractère intrinsèquement criminel et raciste du sionisme, et donc un développement sans précédent de l’antisionisme à travers le monde, y compris chez les principaux soutiens d’Israël, au premier rang desquels les États-Unis et la France. Parallèlement, au prix de souffrances immenses, la résistance palestinienne est parvenue à mettre en échec l’armée israélienne, l’empêchant de s’assurer un contrôle complet du territoire et d’expulser définitivement les GazaouiEs. Pour autant, le soutien inconditionnel apporté à Israël par les puissances impérialistes, en particulier les États occidentaux, n’a pas permis à ce jour d’instaurer un rapport de forces suffisant pour imposer une sortie bénéfique. À cet égard, le plan Trump, pour peu qu’il soit réellement mis en œuvre et ne soit pas rapidement violé par Israël comme l’ont été jusqu’à présent chacun des accords de cessez-le-feu, ne constitue certainement pas une issue désirable du point de vue de l’autodétermination des PalestinienNEs.

    Comment voyez-vous la situation des Juifs et Juives de la diaspora dans le contexte actuel ?

    Nous ne disposons malheureusement pas à ce jour de suffisamment d’études sociologiques pour répondre avec précision à cette question. Pour autant, il est certain que les Juif·ves à travers le monde adhèrent aujourd’hui massivement au sionisme, avec néanmoins des différences selon les pays. Aux États-Unis, il existe un nombre significatif de Juif·ves antisionistes, alors que leur nombre reste vraisemblablement très faible en France.

    Cette adhésion est un phénomène relativement récent : rappelons que le sionisme, avant la Seconde Guerre mondiale, était extrêmement minoritaire au sein du monde juif. En tant qu’elle est une production historique, cette situation est susceptible d’évoluer, mais sous-estimer l’ampleur de cette adhésion serait nous condamner à l’impuissance de ce point de vue.

    L’adhésion massive des Juif·ves au sionisme et à ses crimes soulève plusieurs problèmes. Le premier tient évidemment au fait que cette adhésion renforce le régime israélien, et donc l’oppression des PalestinienNEs. En plus d’une contribution directe (par exemple, le fait pour des volontaires de la diaspora d’intégrer l’armée israélienne), ce soutien permet également de légitimer celui des États impérialistes occidentaux, en lui apportant une forme de caution morale. La défense ­d’­Israël est ainsi présentée comme une défense des Juif·ves, discours d’autant plus efficace qu’une part considérable des Juif·ves en est convaincue.

    De la même manière, la lutte contre l’antisémitisme est instrumentalisée par ces États et par les extrêmes droites à travers le monde pour mettre en œuvre un agenda raciste et autoritaire, en s’appuyant notamment sur la théorie du « nouvel antisémitisme », qui prétend faire des minorités issues de l’immigration postcoloniale et de la gauche la principale menace pesant aujourd’hui sur les Juif·ves — opération qui permet d’un même mouvement aux forces qui avaient été historiquement les principales productrices de l’antisémitisme de se racheter une vertu.

    La lutte contre l’antisémitisme est instrumentalisée pour mettre en œuvre un agenda raciste et autoritaire

    Enfin, l’adhésion massive des Juif·ves au sionisme contribue réellement au développement de l’antisémitisme à l’international. L’assimilation des Juif·ves à Israël (discours promu par l’État israélien, les États occidentaux, les institutions juives, mais aussi par l’écrasante majorité des Juif·ves elleux-mêmes) — et donc l’assimilation des Juif·ves aux crimes du sionisme — les expose en effet au ressentiment de celles et ceux que ces crimes indignent ­légitimement.

    Du côté de TSEDEK !, où en êtes-vous dans votre développement, votre organisation, vos activités, vos projets ?

    En raison du génocide à Gaza, nous nous sommes retrouvéEs au cœur des enjeux politiques de la période, la question palestinienne et la question de l’antisémitisme ayant constitué des points centraux du débat politique français depuis deux ans. Dans ce cadre, nous avons connu une croissance rapide et commençons aujourd’hui à nous structurer dans toute la France. Comme indiqué précédemment, nous considérons que l’adhésion massive des Juif·ves au sionisme constitue un problème politique essentiel de la période. De ce point de vue, il est à nos yeux essentiel de travailler à défaire cette adhésion, et donc à faire croître le nombre de Juif·ves antisionistes.

    Depuis deux ans, nous sommes également parvenu·es à populariser nos catégories et nos analyses — que nous partageons en réalité très largement avec le reste du mouvement de soutien à la Palestine et avec le courant de l’antiracisme politique dans lequel nous nous inscrivons — au sein de la gauche plus institutionnelle. Malgré des progrès évidents, tant du point de vue de l’antiracisme que de l’antisionisme, il reste encore à notre camp un long chemin à parcourir en la matière.

    Quelles doivent être les priorités pour la lutte antiraciste et pour le mouvement de solidarité avec la Palestine dans les semaines qui viennent ?

    Il y a de bonnes raisons de penser que l’accord de cessez-le-feu qui constitue la première étape du plan Trump est particulièrement fragile. L’armée israélienne a continué à tuer après son entrée en vigueur, et l’aide humanitaire qu’elle laisse entrer dans Gaza reste très en deçà des besoins de la population, à un volume largement inférieur à celui fixé par l’accord. En outre, cet accord entérine le renoncement à la ­colonisation complète de la bande de Gaza, ce qui va à l’encontre des aspirations des plus radicaux des membres de la coalition soutenant Netanyahou. À cet égard, il est à craindre que l’acceptation du plan Trump n’ait été conditionnée à un certain nombre de garanties du président étatsunien concernant la poursuite de la colonisation en Cisjordanie, où des Palestinien·nes sont assassiné·es presque quotidiennement par les colons israélien·nes ou par l’armée qui les protège. Dans cette perspective, il est indispensable de poursuivre et d’intensifier nos mobilisations par tous les moyens possibles (soutien à BDS, manifestations, blocages, etc.), afin d’isoler toujours davantage Israël et de faire basculer le rapport de forces en faveur des Palestinien·nes.

    Les principaux fronts de la lutte antiraciste sont la lutte en faveur des exilé·es, contre les violences policières, contre la colonisation française et contre l’islamophobie

    Du point de vue de la lutte antiraciste, nous sommes convaincu·es que seule une gauche qui assume clairement la rupture avec l’ordre des choses est susceptible d’empêcher la bascule du pays dans le fascisme, alors même qu’il est de plus en plus évident que, confrontée à la perspective de la fin de son hégémonie, c’est cette porte de sortie qui est désormais ouvertement assumée par la bourgeoisie au pouvoir. Dans cette perspective, les principaux fronts de la lutte antiraciste nous semblent être la lutte en faveur des exilé·es que produisent les guerres et le pillage impérialiste du monde, la lutte contre les violences policières, la lutte contre la colonisation française en Outre-mer (rappelons, par exemple, que le nouveau gouvernement a fait part de son intention d’inscrire dans la Constitution l’accord de Bougival, ce qui constituerait un recul considérable dans la perspective de l’autodétermination du peuple kanak), et la lutte contre l’islamophobie, thème qui aura sans doute été, au cours des dernières décennies, le principal lieu de radicalisation raciste de la société et du champ politique français.

    Propos recueillis par la rédaction

  • Vote de la résolution RN : nostalgie coloniale !

    Le 30 octobre, lors de la niche RN à l’Assemblée nationale, le parti raciste fondé par d'anciens de l’OAS et de la Waffen SS a donc réussi à faire adopter une résolution demandant la dénonciation de l’accord Franco-algérien de 1968, qui régit le droit de séjour des algérien-nes en France. 

    Ce vote est purement symbolique. Ce genre de résolution n’a aucune valeur contraignante et rompre de tels accords est du seul ressort de l’exécutif. Le texte adopté n’aura aucune conséquence pratique immédiate, puisque toute modification est assujettie à un accord avec le pouvoir algérien.

    Mais quel symbole ! C’est la première fois que le RN parvient à faire adopter une de ses propositions de résolution par l’Assemblée. C’est un très grave précédent. Cette adoption à une voix près s’est faite avec les voix du parti Horizons d'Édouard Philippe et de LR de Bruno Retailleau, et en raison de l’absence de beaucoup d’autres députéEs, en particulier macronistes. Ce vote, concrétisation de l’union des droites, préfigure de futures alliances à l'Assemblée et ailleurs. Il constitue une étape décisive dans la normalisation du RN. Comme le dit Marine Le Pen « Ce n’est pas un tournant, c’est une marche »

    Il n’est pas étonnant que cette première se fasse sur la question algérienne. L’accord de 1968 a été négocié après l’indépendance, au titre de réparations de plus de 130 années de violence coloniale. Revenir sur cet accord vise à satisfaire les nostalgiques de l'Algérie française, qui n’ont jamais digéré la victoire du peuple algérien contre la France, et absoudre la colonisation de l’Algérie de toute portée criminelle.

    Cette résolution proposée par le RN entre donc dans le cadre du récit d’une France « humiliée » par l’Algérie et de la nostalgie coloniale de toute une partie du spectre politique. Édouard Philippe, puis Bayrou avaient menacé de revenir sur cet accord et Retailleau en avait fait son marqueur politique. Le premier ministre Lecornu a déclaré qu’il fallait « renégocier » l’accord,  qui « appartient à une autre époque ». 

    Le NPA dénonce l’installation des thématiques racistes et coloniales à tous les niveaux de la vie politique. Nous appelons les organisations de gauche (associations, syndicats, organisations politiques…) à refuser dans l’unité la normalisation du RN et à s’organiser contre les dangers que nous font courir le parti de Vichy et de l’OAS, ses traditions coloniales, et la fascisation en cours. Vite, organisons ensemble une riposte unitaire et populaire, antiraciste, antifasciste et anticoloniale !

  • Manifestation nationale de solidarité avec la Palestine le 29 novembre...

    Malgré le cessez-le-feu, Israël poursuit ses frappes meurtrières. Le 29 novembre, premier rendez-vous de manifestation nationale unitaire à Paris, est une échéance majeure.

    Israël n’honore jamais les cessez-le-feu. Celui-ci prévoyait le retrait progressif des forces israéliennes, l’échange de captifs et l’augmentation massive de l’aide humanitaire. Bien que le Hamas ait respecté sa part de l’accord et prévenu que la recherche des cadavres des captifs israéliens prendrait du temps et nécessiterait des engins pour déblayer les tonnes de décombres, Israël utilise en connaissance de cause ce délai incompressible pour justifier la poursuite de ses frappes.

    Rien n’est terminé

    Depuis le 10 octobre, au moins 97 palestinienNEs, dont des enfants, ont été tuéEs. Le 19 octobre à lui seul, après une explosion qui a tué deux soldats israéliens à Rafah, Israël a mené une frappe qui a tué 45 palestinienNEs. Israël ne dissimule même même plus ses crimes et livre des corps non identifiables, marqués par la torture, certains ayant encore les mains attachées.

    En outre, la situation reste marquée par de nombreuses incertitudes : la démilitarisation du Hamas, la gouvernance future de Gaza, l’envergure et la nature de la force inter­nationale prévue. Et surtout qui occupe Gaza ?

    La réponse est pour le moment : Israël qui reste dans presque la moitié de l’enclave ; loin de la dune ; donc là où sont les zones cultivables. De l’autre côté, la vie reste un enfer pour les GazaouiEs : l’aide humanitaire arrive au compte-goutte, l’eau, le carburant, l’électricité sont toujours difficiles à trouver. De nombreuses familles vivent dans des abris temporaires. Pourtant environ 473 000 personnes sont retournées vers le nord de Gaza pour retrouver leur maison et les membres de leur famille sous les décombres.  

    Plusieurs centaines de PalestinienNEs ont été somméEs cette semaine de quitter leur maison à Jérusalem-Est occupée. D’autres familles vont suivre dans une politique d’expulsion massives. Les violences des colons se sont multipliées en Cisjordanie et la proposition de loi d’annexion est toujours à l’ordre du jour, malgré le véto de Trump.

    La CIJ pointe les responsabilités d’Israël

    Le 22 octobre, la Cour internationale de justice (CIJ) a rendu un avis concernant les obligations de l’État d’Israël dans les territoires palestiniens occupés. Elle affirme que, en tant que puissance occupante, Israël bafoue le droit international humanitaire et les droits fondamentaux du peuple palestinien. La cour rappelle que l’occupation est illégale, et que le peuple palestinien a droit à l’autodétermination. 

    La Cour ordonne notamment à Israël de garantir l’accès à l’eau, à la nourriture, aux soins et aux abris, de protéger le personnel humanitaire, de s’abstenir de tout transfert forcé de population, et de ne pas utiliser la famine comme arme de guerre. 

    C’est donc plus qu’un simple rappel juridique : c’est une condamnation politique du régime colonial israélien, mais aussi des puissances qui le soutiennent. En confirmant l’illégalité de l’occupation, la CIJ donne une légitimité supplémentaire aux mouvements de solidarité. 

    Toustes à Paris le 29 novembre !

    Cependant l’avis de la CIJ reste sans force contraignante : il faudra la mobilisation de la solidarité internationale pour qu’il soit mis en œuvre.

    C’est pourquoi il faut préparer concrètement une mobilisation d’ampleur le 29 novembre à Paris. Pour la première fois depuis deux ans, il y a un appel unitaire pour une manifestation nationale centrale. Nous avons le devoir de tout faire pour qu’elle soit massive et constitue un point d’appui pour la poursuite de notre combat pour une Palestine libre, de la mer au Jourdain.

    Amel et Édouard Soulier

  • Gaza : Israël ne respecte rien, on le savait...

    À Gaza, la mise en œuvre de la première phase du cessez-le-feu a débuté, et sans surprise, pour l’instant, seul le Hamas respecte ses engagements. Près d’une cinquantaine de violations de l’accord par Israël ont été documentées et les bombardements se poursuivent, faisant déjà plus de quarante mortEs.

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  • Palestine : deux États, un État : quelle solution réaliste ?

    Lors de la déclaration de Macron à l’ONU pour la reconnaissance de l’État de Palestine, celui-ci n’a pas cessé de faire référence au « droit international » pour une solution avec un État palestinien à côté d’un État israélien, et du blabla sur les destinées communes et la paix. Feignant probablement d’ignorer que, depuis plus de 30 ans, l’intégralité de la classe politique israélienne a déjà dit non à un État palestinien. Le processus issu d’Oslo, qui est le cadre général des « deux États », était complètement ignoré jusqu’à la veille du 7 octobre, et il était en pratique largement au point mort. Même si on se doute qu’il faudra un rapport de force pour qu’une solution de paix durable et juste ait lieu en Palestine et qu’il faudra forcer la main à la société israélienne, il faut rappeler qu’il s’agit d’une décision qui revient à la société palestinienne. Aucune solution ne se fera sans l’action consciente et collective du peuple palestinien. Ceci étant dit, nous pouvons quand même poser la question de la faisabilité réelle d’une solution à deux États et discuter du projet d’un seul État palestinien de la mer au Jourdain.

    Il ne s’agit donc bien entendu pas de décider à la place des PalestinienNEs, mais avant tout de répondre à celles et ceux qui font de la « solution à deux États » l’alpha et l’omega de leurs perspectives pour la région — jusqu’à diviser le mouvement de solidarité sur cette base.

    Dossier réalisé par Édouard Soulier et Sulalat