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Actualités internationales... - Page 6

  • Ruée sur les mines en Guyane...

    Dans la séance de questions au gouvernement du 20 janvier, le député de Guyane Jean-Victor Castor (membre du Mouvement de Décolonisation et d’Émancipation Sociale) a alerté sur des demandes d’exploration minière dans le Nord-Ouest de la Guyane. Elles sont symptomatiques de politiques coloniales d’accaparement de ressources et d’extractivisme au nom de la « transition énergétique ».

    Trois demandes de Permis Exclusif de Recherche (PER) de mines ont été déposées fin 2025 par la société EURO STRATMET sur une surface de 253 km² en Guyane. Un PER autorise une entreprise à faire des recherches de gisements et lui donne l’exclusivité des explorations. S’il n’autorise pas directement d’exploiter les ressources, c’est la première étape puisqu’il existe ensuite une procédure dérogatoire en Guyane permettant d’ouvrir une mine de moins de 25 hectares sans demander de titre minier.

    Une politique coloniale

    L’entreprise qui demande ces PER, créée fin 2024 dans la Drôme, n’a pas de salariéE, comme d’autres entreprises du même patron. La situation a tout l’air d’un montage financier dans le but de verrouiller l’exploration minière dans une grande région de la Guyane et de spéculer dessus. Elle s’engouffre dans la brèche ouverte par Macron et sa « stratégie de souveraineté » sur l’exploitation de métaux, en particulier pour l’industrie de l’armement, qui passe notamment par un inventaire des ressources minières en Guyane lancé début 2025.

    Jean-Victor Castor dénonce un « droit minier à deux vitesses » où les entreprises locales font face à des procédures longues et à des refus systématiques, quand les demandes des entreprises extérieures sont traitées en quelques mois. Si l’exploitation minière doit être fortement contrainte, il est inadmissible que les ressources soient accaparées par des entreprises occidentales, sans transparence et sans contrôle par les habitantEs des régions concernées qui paient le prix des conséquences désastreuses sur l’environnement. Il s’agit d’un pillage organisé.

    La « transition énergétique » à la rescousse du capitalisme

    Ces explorations concernent du tantale, du niobium, du lithium et des terres rares. Ces métaux jouent un rôle essentiel en microélectronique, dans l’armement, et dans la production et le stockage d’électricité. Leur exploitation est généralement justifiée par le besoin de sortir des énergies fossiles sans prendre en compte les dégâts de l’extractivisme. Comme l’écrit la journaliste et philosophe Célia Izoard, « tout indique qu’on est en train d’enfouir la crise climatique et écologique au fond des mines, dans un impensé qui permet de gagner du temps ».

    Face à la destruction du vivant, la soi-disant « transition énergétique » est une fausse réponse dont le but est de maintenir la production globale en remplaçant les énergies fossiles par des métaux. L’enjeu n’est pas technique mais politique : il faut réduire drastiquement la consommation d’énergie et de ressources dans les pays du Nord global par la décroissance écosocialiste de la production.

    Commission nationale écologie

  • Des peuples sans État face à des États sans peuple : une lecture kurde des solidarités empêchées au Moyen-Orient...

    Dans les approches géopolitiques dominantes du Moyen-Orient, les États-nations et leurs élites continuent de structurer l’analyse, reléguant au second plan les subjectivités politiques des peuples sans État. Cette marginalisation épistémique invisibilise les résistances de communautés subalternisées, telles que les Kurdes, peuple de près de quarante millions d’individus répartis entre l’Iran, la Turquie, la Syrie et l’Irak.

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  • L’extension de l’hégémonie américano-israélienne au Moyen-Orient...

    Les trois articles suivants sont issus d’une soirée du Centre d’études marxistes, le 13 octobre 2025. Ces formations visent à la fois un objectif d’autoformation et de réflexion critique. Elles empruntent donc beaucoup à des travaux préexistants de camarades issu·es ou non de notre courant. Les autrices et auteurs y exposent l’état du Moyen-Orient deux ans après le 7 octobre 2025.

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  • Contre l’impérialisme et le militarisme !

    Face à la montée des affrontements inter-impérialistes, à la fascisation des régimes et à la militarisation accélérée des sociétés, le Conseil politique national du NPA a décidé de lancer une campagne anti-impérialiste et antimilitariste, en articulation avec les combats antifascistes, antiracistes et écologistes.

    L’affrontement économique et géostratégique entre les États-Unis et la Chine s’accompagne d’une concurrence de plus en plus ouverte pour l’accès aux ressources naturelles. Cette dynamique s’inscrit dans une crise prolongée du capitalisme mondial. La crise ouverte en 2008 n’a jamais été résolue. Face à la suraccumulation oligarchique du capital et à l’épuisement des leviers classiques, les États privilégient désormais le sécuritaire, ­l’identitaire et la coercition militaire.

    Fascisation et militarisation du monde

    Un processus de fascisation se développe au cœur des principales puissances impérialistes, particulièrement aux États-Unis. Le début d’année a été marqué par les frappes américaines sur le Nigeria et sur le Venezuela, deux pays centraux pour la production pétrolière sur leurs continents. Ces interventions ont été suivies de menaces sur le Groenland, riche en ressources, puis sur l’Iran. Elles confirment la volonté étatsunienne d’étendre sans limite son pré carré.

    Les interventions impérialistes de l’après-Seconde Guerre mondiale se réclamaient d’une prétendue défense de la démocratie ou des droits humains. Ce vernis a disparu. Les politiques impérialistes d’accaparement actuelles s’appuient ouvertement sur la force militaire. De l’Ukraine à Gaza, des ambitions impériales russes et chinoises aux menaces étatsuniennes sur l’Amérique latine, le Groenland ou l’Iran, la période est marquée par la multiplication des conflits armés. En Europe, cette dynamique se traduit par un discours militariste renforcé. Elle s’accompagne de la militarisation des frontières et du transfert de leur contrôle à des régimes autoritaires.

    Construire la riposte

    Face à cette situation, il est nécessaire de construire une riposte anti-impérialiste et antifasciste. Elle doit articuler la lutte contre le racisme, le colonialisme et le militarisme. Nous fixons comme priorité, dans les mois qui viennent, la mise en œuvre d’une campagne antimilitariste. Cette campagne vise d’abord à exprimer notre solidarité avec les peuples subissant les agressions impérialistes, la répression de leurs propres régimes ou les conséquences des guerres : en Palestine, en Ukraine, au Venezuela, au Soudan, en Iran et ailleurs. 

    Nous apportons un soutien inconditionnel, même lorsqu’il est critique, aux organisations qui défendent les intérêts des classes populaires. Nous soutenons les formes de résistance qu’elles choisissent, y compris la lutte armée. Nous devons agir en cohérence avec leurs besoins et leurs revendications. Nous combattons les logiques campistes. Nous défendons l’auto­détermination des peuples. Nous soutenons leur volonté propre et leur capacité à défendre leurs intérêts dans les luttes qu’ils mènent, à la fois contre leurs dirigeants et contre les puissances impérialistes.

    Combattre notre impérialisme

    Cette campagne doit combattre notre propre impérialisme, français et européen. Elle doit s’opposer aux idéologies souverainistes, patriotiques et réactionnaires. Celles-ci sont portées par l’extrême droite, mais reprises bien au-delà, y compris à gauche. Elle intègre la solidarité internationale, la lutte contre les politiques migratoires racistes et la dénonciation de l’oppression coloniale. Elle doit contester les choix de la classe dominante qui présente l’industrie de guerre et l’intelligence artificielle comme des réponses à la crise.

    Ces choix ne mènent qu’à une fuite en avant : explosion du commerce des armes, répression accrue des populations, aggravation de la crise écologique. Il est nécessaire de renforcer les campagnes contre la vente d’armes aux puissances agresseuses, aux dictatures et aux régimes autoritaires, et de défendre le contrôle populaire de la production et de la circulation des armes et des technologies militaires.

    Notre orientation combine les explications autour de l’alternative « socialisme ou barbarie » et la construction d’un front unitaire, le plus large possible, autour du refus de la marche à la guerre et de la course à ­l’armement.

    Dans cette perspective, nous participerons à la mise en place des prochaines flottilles pour Gaza. Nous construirons également la mobilisation contre le sommet du G7 à Genève en juin. L’objectif est de lier antimilitarisme, anti-impérialisme, antiracisme, anticapitalisme et combat écologiste.

    La rédaction, sur la base des orientations adoptées par le Conseil politique national du NPA