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NPA l'Anticapitaliste 06 et 83 : le blog - Page 7

  • Interdire la Pride : la priorité du capitalisme dans un monde en feu...

    La préfecture de Paris annule unilatéralement la marche des fiertés de Paris du 27 juin, une interdiction décidée sans concertation et à la dernière minute au mépris des bénévoles qui ont préparé l’événement cette semaine sous une chaleur accablante. 

    L’actuelle séquence caniculaire, qui génère records de température et conséquences néfastes sur notre santé, rend effectivement compliquée la tenue de la marche dans de bonnes conditions. Et si nous devons toutes et tous faire attention à notre santé dans cette situation, nous savons aussi qu’elle fragilise davantage les plus précaires, en particulier celles et ceux qui ont déjà des difficultés de santé.

    Néanmoins, les raisons invoquées par la préfecture, la saturation des hôpitaux, le personnel surchargé, ne sont rien d’autre que les résultats de la politique de casse du système de santé public menée depuis des années.

    Cette décision s’accompagne de l’annulation de Solidays. Cela va aussi fragiliser beaucoup d’associations communautaires et de lutte contre le VIH en France et dans le monde, qui reçoivent des financements grâce aux recettes de Solidays.

    Néanmoins, si la marche des fiertés est interdite, le travail ne l’est pas. Le brevet n’a pas été reporté alors que les adolescentEs souffrent de la chaleur. Les profs vont continuer de surveiller des épreuves sous 40 °C dans des salles surchargées d’élèves, les chauffeurEs de conduire, les ouvriers du BTP et de l’industrie de travailler dans des conditions dangereuses…

    Cette situation est la conséquence du productivisme capitaliste et de l’inaction gouvernementale. Et tandis que la marche des fiertés se voit annulée car rien n’a été prévu pour la rendre vivable dans ces conditions, le défilé de Louis Vuitton, lui, s’est offert une immense vague artificielle. 

    Pour sa Fashion Week, la bourgeoisie peut déplacer des vagues, mais pas pour nos fiertés ou pour nos vies. Voilà la priorité du capitalisme. Nos vies valent plus que leurs profits !

  • Ni OGM ni NTG dans nos assiettes !

    Le 17 juin, les eurodéputéEs ont voté une réglementation sur les « nouveaux OGM » : les NTG (nouvelles techniques génomiques).

    Ces OGM dernière génération sont présentés comme étant conçus pour « résister aux nuisibles et au réchauffement climatique » et « pour promouvoir une agriculture plus résiliente, innovante et compétitive ». Comprendre : pour toujours plus de fric dans l’escarcelle de l’agrochimie. C’est la porte grande ouverte à leur déploiement, sans traçabilité, sans étiquetage et sans évaluation, avec un brevetage en perspective — donc à la privatisation du vivant.

    Qu’est-ce qui va changer avec les NTG?

    Les NTG sont des plantes modifiées génétiquement par altération ciblée du génome (mutagénèse), contrairement aux « anciens OGM » qui subissaient l’ajout d’un gène étranger (transgénèse) et restent sévèrement encadrés dans l’Union européenne. Trop contraignant pour les géants de l’agrochimie, Bayer, Syngenta, BASF... également leaders mondiaux sur les pesticides ! Ainsi, la Commission européenne a distingué deux catégories de NTG. D’une part, les NTG-1, qui ont subi moins de 20 modifications ciblées, sont considérées comme des plantes « équivalentes » à celles qui vivent dans la nature — donc pas besoin de les tracer, d’évaluer les risques, d’étiqueter : impossible de savoir si on mange des OGM ou pas ! D’autre part, les NTG-2, qui sont davantage modifiées, resteront soumises à la réglementation OGM.

    Les NTG-1 : grosse inquiétude chez les paysanNEs bio

    Comment garantir une filière bio exempte d’OGM et l’accès à des semences sans NTG ? La coexistence de cultures bio à proximité de cultures NTG risque de contaminer les premières, avec l’action du vent, des pollinisateurs... De plus, les sacs de semence seront étiquetés, mais une fois semées, plus d’étiquetage ou de traçabilité. Impossible de savoir si les récoltes obtenues contiennent des NTG. En outre, ces technologies peuvent provoquer des mutations aléatoires chez les plantes, avec des conséquences potentielles sur l’environnement et la santé.

    Brevetage du vivant

    Les NTG-1 ne seront soumises à aucune évaluation avant leur mise sur le marché et pourront être brevetées par les firmes qui les développent, contrairement aux plantes et semences conventionnelles.

    Avec les brevets, impossible pour les agriculteurEs de mettre au point leurs propres semences. Si, par croisement ou mutation naturelle, un paysan obtenait la même modification génétique qu’une plante NTG, il pourra être poursuivi pour contrefaçon.

    Que dire du « code de conduite », non contraignant, que la Commission a obligation d’« essayer d’élaborer », pour prévoir l’octroi de licences « à des conditions équitables et raisonnables » ? Les capitalistes de la chimie ne sont ni raisonnables ni équitables, mais seulement des criminels qui empoisonnent les corps vivants, à petits feux, pour gagner toujours plus.

    Retirons-leur le pouvoir de nuisance!

    Cultiver sans pesticides est possible, comme le montre une étude menée par l’INRAE sur dix ans.

    Partout, des milliers de personnes s’organisent : blocage du site BASF de Saint-Aubin-lès-Elbeuf, en Seine-Maritime, du site de Bayer à Rennes. Occupation et reprises de terres menacées et de chantiers.

    Le 26 septembre prochain, des actions seront organisées dans 25 pays contre les pesticides et les géants de la chimie. Rendez-vous dans l’Eure, à l’appel de la Confédération paysanne, de Cancer colère, du CSVPO (collectif de soutien aux victimes des pesticides de l’ouest), des Soulèvements de la Terre. Le NPA-A y sera.

    Commission nationale écologie

  • Conférence nationale du NPA-A sur la présidentielle les 27 et 28 juin...

    Le processus démocratique pour décider des orientations du NPA-l’Anticapitaliste pour l’élection présidentielle de mars 2027 touche à sa fin.

    Les débats, engagés depuis plusieurs mois, avaient abouti à la présentation de quatre plateformes nationales, des textes proposant des orientations pour cette séquence, qui ont été soumises au vote des militantEs. Nous les avions présentées dans notre édition du 4 juin 2026 (dossier « Quelles orientations du NPA-l’Anticapitaliste pour la présidentielle ? », L’Anticapitaliste hebdo n° 803).

    Des dizaines d’assemblées générales (AG) se sont réunies pendant le mois de juin, réunissant les militantEs de l’organisation par zone géographique. Dans chacune d’entre elles, des représentantEs des différentes plateformes ont présenté la démarche proposée et les militantEs en ont débattu avant de voter. Parfois, des plateformes locales ont également été proposées. Les résultats sont en cours de compilation.

    Ces AG ont élu des déléguéEs, sur la base des votes récoltés par chacune des plateformes, avec un système de péréquation nationale. Ce sont ainsi environ 80 déléguéEs qui se retrouveront le week-end des 27 et 28 juin pour la Conférence nationale chargée de décider des orientations qui seront portées par l’organisation.

    Les constats sont largement partagés. La période est marquée par des attaques majeures contre le monde du travail, les droits démocratiques et les minorités ; la fascisation progresse ; la progression de l’extrême droite et le risque de victoire électorale du RN constituent des dangers majeurs ; la construction d’un front antifasciste est une nécessité ; l’unité du mouvement ouvrier et social doit être recherchée ; l’indépendance politique du NPA-A, son projet révolutionnaire, écosocialiste et internationaliste doivent être défendus ; la solidarité avec les peuples opprimés et le refus des logiques impérialistes constituent des repères centraux ; enfin, les mobilisations demeurent le levier principal de transformation sociale et de résistance à la fascisation.

    Dans une situation de division qui n’est pas celle que nous souhaiterions, comment répondre au mieux à ces enjeux à partir de ce que nous sommes, de nos forces réelles et de notre implantation, afin d’être utiles à notre classe et à l’émancipation ? C’est à ces questions que la Conférence nationale devra répondre.

  • Vietnam, Martinique, Guadeloupe, Gaza… Le colonialisme chimique est toujours là !

    Ce samedi 20 juin, un rassemblement contre le colonialisme chimique, organisé par le Collectif Vietnam-Dioxine et Diasporas Solidaires Avec les Victimes de l’Empoisonnement Colonial (DSAVEC), se déroulait à Paris, place de la Bastille, à l’appel de plus de 70 organisations et malgré une chaleur étouffante.

    Récemment, deux procès ont connu une actualité judiciaire : celui de l’agent orange et celui du chlordécone.

    Ce dossier explique ce que l’on appelle le colonialisme chimique et revient sur ces deux affaires, symboles du combat pour une écologie décoloniale.

    Dossier réalisé par An Gwesped

  • Justice pour les victimes de l’agent orange et du chlordécone !

    Cette semaine, la justice française examine deux cas emblématiques du colonialisme chimique des États et des multinationales : le crime de l’agent orange au Vietnam et le scandale du chlordécone en Guadeloupe et en Martinique. Le capitalisme agrochimique continue d’empoisonner les populations, et notamment les ouvrierEs agricoles, en toute impunité.

    Le 16 juin a eu lieu l’audience du procès en cassation de Tran To Nga contre les firmes ayant produit ou commercialisé l’agent orange. Pour rappel, intenté depuis 2014, le procès en première instance au Tribunal d’Évry en 2021 s’est soldé par un rejet de la plainte, confirmé par la Cour d’appel de Paris en 2024. Ce pourvoi en cassation constitue la dernière chance pour Tran To Nga de faire condamner Monsanto, Dow Chemical et Cie, et de rendre justice aux 3 millions de victimes du Vietnam, du Cambodge et du Laos. Le verdict sera rendu le 16 septembre prochain.

    Le 22 juin, la Cour d’appel de Paris a confirmé sa décision sur l’appel formé contre l’ordonnance de non-lieu du 2 janvier 2023 dans l’affaire pénale dite de la « pollution au chlordécone », ouverte notamment pour empoisonnement, mise en danger de la vie d’autrui et administration de substances nuisibles. Après plus de quinze ans d’instruction, la confirmation de ce non-lieu est un véritable déni de justice pour les populations de Guadeloupe et de Martinique. Alors que l’empoisonnement des terres, des eaux, de l’alimentation et des corps est documenté, aucune responsabilité pénale n’a, à ce jour, été reconnue. L’extension récente de la Charte sociale européenne aux outre-mer oblige désormais l’État français à assumer juridiquement ce scandale sanitaire, environnemental et colonial.

    Le NPA-l’Anticapitaliste soutient Tran To Nga dans sa lutte pour les victimes de l’agent orange et dénonce l’impunité des multinationales de l’agrochimie.

    Le NPA-l’Anticapitaliste dénonce le rôle colonial de l’État français dans le scandale du chlordécone et soutient les associations plaignantes face à la soi-disant « prescription », qui ne doit pas protéger les empoisonneurs.

    Le NPA-l’Anticapitaliste exige justice et réparations pour les victimes de l’agent orange et du chlordécone, ainsi que pour toutes les victimes du colonialisme chimique.

  • Chaleur partout, justice nulle part...

    L’été, il fait chaud : c’est Pascal Praud qui vous le dit. Mais, derrière l’indigence des « débats » télé, il y a une réalité : les épisodes météorologiques extrêmes vont devenir la norme, tandis que le dérèglement climatique s’accentue.

    La canicule, ce n’est pas de la météo

    Cette vague de chaleur n’est pas un épisode « extraordinaire » : l’accélération de la hausse des températures moyennes en rend la répétition inéluctable. Ce dérèglement global est aggravé par le productivisme et l’extractivisme.

    Alors que le seuil de +1,5 °C d’ici 2100, visé par les accords de Paris de 2015, est déjà atteint, la macronie nous vend des « plans d’adaptation » à +4 °C… Disons-le : il n’y a pas de monde à +4 °C. Les conséquences sur les océans, la biodiversité et la fertilité des terres sont incalculables.

    La canicule, c’est de la politique

    La gestion de la vague de chaleur montre l’inaptitude du gouvernement à concevoir des réponses structurelles aux besoins de la population : espaces de fraîcheur, rénovation du bâti, aménagement du temps de travail, etc.

    Les écoles et les hôpitaux, saignés par l’austérité, sont renvoyés à la débrouille locale.

    Des communiqués pour dire qu’il fait chaud ; des conseils, « buvez de l’eau, pas de la bière » ; et bien sûr un numéro vert : un plan canicule à bas coût, et une police déployée massivement pour faire respecter l’interdiction de l’alcool à la Fête de la musique.

    Cette gestion policière systématique tue, comme nous le rappelle le septième anniversaire de la mort de Steve Maia Caniço, lors de la Fête de la musique à Nantes, après une charge brutale.

    Politisons le climat !

    La catastrophe climatique touche d’abord les classes populaires et les pays du Sud ; autant dire que les capitalistes n’en ont cure. L’extrême droite, par son déni climatique et ses paniques morales, est bien la meilleure alliée de la bourgeoisie.

    Capitalistes et fascistes nous font perdre un temps précieux pour engager la transformation écologique. Ils sont une menace pour la survie de l’humanité. Nous devons nous organiser pour leur enlever leur pouvoir de nuisance et pour décider collectivement des mesures nécessaires.

    ***

    Pour le climat, le capitalisme est le problème, pas la solution. Cette dernière est globale : elle doit combiner sortie de la logique productiviste, planification écologique, aménagement des territoires, redistribution des richesses, démocratie à toutes les échelles… Nous appelons à y travailler avec toutes les forces convaincues de l’urgence de cette rupture.