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NPA l'Anticapitaliste 06 et 83 : le blog - Page 7

  • La planète brûle, le capital s’en lave les mains...

    Canicules extrêmes, dérèglements climatiques, profits records des multinationales : la catastrophe s’accélère, le capitalisme l’alimente et en tire profit.

    Avril 2026 : 43 °C à New Delhi, 12 centimètres de neige à Moscou, 139 gigatonnes de glace fondues au Groenland, les 50 °C dépassés pour la première fois en Turquie, incendies, sécheresses… Les conséquences de la destruction des équilibres planétaires sont de plus en plus spectaculaires.

    Deux images, deux continents, une même catastrophe

    Les températures caniculaires frappent le nord de l’Inde chaque année plus tôt. Le 27 avril, le thermomètre affichait 43 °C à New Delhi, dépassant 40 °C pour le cinquième jour consécutif. Avril marque désormais le début des vagues de chaleur dans le pays le plus peuplé de la planète. Les ouvriers du bâtiment sont en première ligne, exposés sans protection à une chaleur qui tue. Les services météo­rologiques prévoient des pointes à 45 °C pour les dix prochains jours. En 2024, près d’un tiers des journées de canicule indiennes étaient dues au changement climatique, selon The Lancet, avec un record à 52,3 degrés. L’année 2026 s’annonce particulièrement difficile avec le retour d’El Niño, menaçant la mousson et l’agriculture. Ce sont les paysans, les journaliers, les femmes — 158 millions pourraient basculer dans la pauvreté d’ici 2050 — qui en mourront en premier.

    À l’autre bout de l’hémisphère, Moscou subissait une tempête de neige tardive en plein printemps : vols annulés, arbres déracinés, près de 12 centimètres relevés fin avril. Les climato-sceptiques jubilent, opposant le froid de Moscou à la fournaise de Delhi. Mais le changement climatique, ce n’est pas simplement « plus chaud partout ». C’est la destruction des équilibres planétaires. Des saisons décousues. Des cycles brisés. Une planète qui a perdu ses repères.

    L’Europe, cobaye d’un désastre annoncé

    Depuis les années 1980, l’Europe s’est réchauffée deux fois plus vite que la moyenne mondiale. Les vagues de chaleur deviennent de plus en plus fréquentes sur au moins 95 % du territoire européen. La Fennoscandie a enregistré la plus longue vague de chaleur depuis que les relevés existent. En Turquie, 50 °C dépassés pour la première fois. En Grèce, 85 % de la population exposée à près de 40 °C. Les incendies ont ravagé plus d’un million d’hectares en 2025. Des conditions de sécheresse ont touché plus de la moitié du continent, laissant 70 % des fleuves sous leur débit moyen. Le Groenland a perdu 139 gigatonnes de glace — dévastateur pour les populations côtières du Bangladesh et des îles pacifiques, qui n’ont quasiment pas contribué au problème.

    La guerre et le climat : le même système, le même bénéficiaire

    Les conflits armés détruisent des infrastructures, rejettent des millions de tonnes de CO₂, bloquent les transitions énergétiques et les États font le choix du réarmement plutôt que d’investir dans leur résilience climatique. En retour, le changement climatique fabrique les conditions des guerres de demain : sécheresses, famines, migrations forcées.

    TotalEnergies affiche un bénéfice de 5,8 milliards d’euros au premier trimestre 2026, en hausse de 51 %. L’enrichissement des actionnaires est évalué à 55,4 milliards d’euros. Les bénéfices du secteur fossile mondial atteindront 94 milliards de dollars en 2026 — de quoi fournir de l’énergie solaire à 50 millions de personnes en Afrique. Pendant que les ménages voient leur facture exploser, les actionnaires s’enrichissent à la vitesse de la fonte des glaciers. Ce n’est pas un paradoxe : c’est la logique du système capitaliste.
    Tout cela forme un seul et même système : celui qui transforme la détresse humaine en opportunité financière, les catastrophes en marchés et l’urgence en procrastination organisée.

    La maison brûle. Et ses ­propriétaires en touchent les dividendes.

    Commission nationale écologie

  • Défendre l’antifascisme...

    La séquence autour de la mort du néonazi Quentin Deranque avait donné le ton : les cercles du pouvoir ont décidé de criminaliser l’antifascisme et de normaliser l’extrême droite — jusqu’à ses franges les plus radicales. 

    Ainsi, le Conseil d’État vient de valider en appel la dissolution de la Jeune Garde antifasciste. 

    Dans le même temps, le pouvoir fait interdire un week-end intitulé « Pas de Nazis dans Paris » en prétextant un éventuel appel à la haine.

    Cette criminalisation de l’antifascisme nous fait courir un grave danger, alors que les violences racistes et LGBTIphobes se multiplient, ainsi que les attaques contre des locaux syndicaux, associatifs, politiques ou culturels.

    Le contexte de restriction des libertés publiques et de répression des organisations et de leurs militantEs devient de plus en plus inquiétant. 

    La lutte antifasciste est aujourd’hui une urgence vitale pour défendre nos droits et préserver notre capacité à nous organiser, nous protéger et riposter. 

    À travers la dissolution de la Jeune Garde, c’est l’ensemble du mouvement social et de la gauche combative qui est visé. Nous réaffirmons notre solidarité avec les camarades de la Jeune Garde, les militantEs antifascistes incarcéréEs et, plus largement, avec tout le mouvement antifasciste.

    On parle beaucoup du Front populaire et de sa victoire électorale en 1936. Mais on oublie souvent que la dynamique est née de la mobilisation unitaire d’un front antifasciste qui s’est construit par en bas en 1934 face aux politiques de division des directions. 

    Nous rappelons la nécessité d’une réponse unitaire et nous soutenons partout la création de comités antifascistes pour résister et faire vivre nos idées de solidarité, d’égalité et de justice sociale.

  • 1er mai aux États-Unis : non aux oligarques, non à l’ICE, non à la guerre...

    Des dizaines de milliers de travailleurs ont participé aux manifestations « May Day Strong » organisées dans 3 500 villes à travers les USA pour affirmer « Les travailleurs avant les milliardaires », « Non à l’ICE » (police de l’immigration) et « Non à la guerre ». 

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  • La flottille pour Gaza attaquée !

    La solidarité n’est pas un crime ! L’impunité d'Israël n’a plus de limites. Ses soldats ont intercepté la flottille humanitaire dans les eaux internationales au large de la Crète, à près de 1 000 km de Gaza ! 

    Une violence débridée

    Les soldats ont abîmé plusieurs bateaux, les laissant à la dérive. Ils ont utilisé des moyens de guerre pour brouiller les communications. Plusieurs dizaines de personnes ont été arrêtées et les témoignages concordent : des cowboys surarmés débarquant en jet ski, menaçant avec des armes de guerre, parfois extrêmement violents face à des militantEs pacifistes et désarméEs.

    La plupart des militantEs ont été relâchés en Crète — ce qui implique un soutien des autorités grecques. Mais deux responsables des flottilles, Saif Abu Keshek et Thiago Avila, ont été emmenés en Israël, où ils sont en prison et subissent des tortures et des mauvais traitements.

    Impunité israélienne, abandon des PalestinienNEs

    Cette attaque scandaleuse est évidemment illégale, mais il ne s’agit pas d’un obstacle pour Israël, qui piétine le droit depuis des décennies en toute impunité. Sur les flottilles, Israël n’est évidemment pas à son coup d'essai : en 2010, lorsqu’Israël avait assassiné une dizaine de militantEs, mais également l'année dernière. Il s’agit donc d’une répétition, mais beaucoup plus loin des côtes palestiniennes, avec la complicité directe d’un État européen.

    Il est urgent de briser le blocus de Gaza : la situation humanitaire est catastrophique. Le peuple palestinien a été abandonné.

    Avoir les yeux braqués sur les flottilles

    Les flottilles, plus que la quantité d’aide humanitaire qu’elles transportent, permettent de symboliser la solidarité entre les peuples par-delà la complicité de nos dirigeants. Elles posent la question de briser un blocus meurtrier et illégal. Elles remettent dans le champ médiatique la situation à Gaza et le génocide en cours. Mais elles ne suffiront pas sans un mouvement de solidarité dans les puissances occidentales complices, notamment en France.

    Avoir les yeux braqués sur les flottilles, c'est assurer leur sécurité, mais également relancer la pression sur nos dirigeants. C’est aussi dénoncer l’inaction de Macron. C'est enfin redire que nous nous battons pour une Palestine libre de la mer au Jourdain.

    Le 16 mai a lieu la commémoration de la Nakba — le massacre et l’expulsion de centaines de milliers de palestinienNEs de leur terre en 1948. Nous devons nous mobiliser pour remettre la Palestine au centre de la carte politique.

    All eyes on the flotilla, all eyes on Gaza !

  • Soutien à la Jeune Garde !

    Le Conseil d’État vient de valider la dissolution de l’organisation antifasciste la Jeune Garde. Nous réitérons notre solidarité envers les camarades de la Jeune Garde, les militantEs antifascistes incarcéréEs et tout le mouvement antifasciste dans son ensemble.

    À travers la dissolution de la Jeune Garde, c’est nous toutes et tous qui sommes viséEs.

    Alors que les violences racistes et LGBTIphobes se multiplient, que les attaques contre des locaux syndicaux, associatifs, politiques ou culturels sont de plus en plus fréquentes, la décision du Conseil d’État doit nous alarmer. L’utilisation de la dissolution administrative est totalement inacceptable ! Ce contexte général de restrictions des libertés publiques, de répression contre les organisations et leurs militantEs est de plus en plus inquiétant.

    Il est d’autant plus inquiétant que cette décision est prononcée quelques jours avant que la frange la plus radicale, raciste et fasciste de l’extrême droite se donne rendez-vous à Paris le 9 mai pour défiler avec des symboles nazis. Le fait que ce défilé puisse avoir lieu est signe d’une complaisance politique et médiatique à l’égard de la présence de ces groupes nazis dans nos rues. Le fait que leur présence soit tolérée nous fait toustes courir un grave danger.

    Nous pensons que la lutte antifasciste aujourd’hui est d’une urgence vitale pour la survie de nos droits, pour notre capacité à nous organiser, à nous défendre et à nous protéger.

    En s’en prenant à la Jeune Garde, l’État français s’en prend à une partie combative de la lutte antifasciste et à un outil de résistance commune à la fascisation de la société. Face au danger qui s’approche à toute vitesse, nous rappelons la nécessité d’une réponse unitaire et nous soutenons partout la création de comités antifascistes pour résister et faire vivre nos idées de solidarité, d’égalité et de justice sociale.

    Nous sommes et serons antifascistes tant qu’il le faudra.

  • 1936, du front unique au Front populaire...

    Il y a 90 ans, le Front populaire

    Le Front populaire est né d’une réaction populaire à une émeute fasciste, pour l’unité des organisations ouvrières face au risque de dictature. Pendant deux années, l’unité de la classe ouvrière et des milieux populaires se construit dans la rue, les manifestations, les meetings. Cette politisation de masse conduit le PS et le PC à chercher une réponse politique à cette montée des luttes, dans le Front populaire — une alliance du PS, du PC, de la CGT, de la CGTU, de la LDH, avec les Radicaux, à l’époque la plus importante organisation bourgeoise en France. Dès la victoire électorale, une énorme grève générale spontanée se déclenche, obligeant le patronat et le gouvernement à accorder des revendications qui n’étaient pas dans le programme électoral : les 40 heures, les congés payés, les déléguéEs du personnel et les conventions collectives.

    Dossier réalisé par Patrick Le Moal

  • Tchernobyl, 40 ans après, la catastrophe n’en finit pas...

    Le 26 avril 1986, l’explosion du réacteur n°4 de Centrale nucléaire de Tchernobyl marque le début de la plus grave catastrophe nucléaire civile. Quarante ans plus tard, ses conséquences sanitaires, sociales et environnementales persistent, tandis que la guerre et les tensions internationales transforment les installations nucléaires en cibles stratégiques, aggravant encore les risques pour les populations.

    Le plus important accident nucléaire de l’histoire aura entraîné des milliers de morts, 200 000 déplacéEs et la contamination radioactive d’une région entière. La gestion de la catastrophe a nécessité des moyens matériels et humains colossaux, le sacrifice de centaines de pompiers et de liquidateurs, héros de l’URSS sur fond de mensonges de l’État soviétique vis-à-vis de sa population et du monde.

    La France toujours sans bilan sérieux

    En France, seul pays qui n’a pris, à ce moment-là, aucune mesure sanitaire, la communication officielle sur la diffusion de la radioactivité fut désastreuse. Face à l’incurie des autorités, des citoyenNEs ont fondé la CRIIRAD. Après 40 ans de combat, aucun bilan sanitaire sérieux de l’impact du nuage radioactif qui a traversé l’Est de la France n’a été tiré. Selon les analyses de ce laboratoire indépendant, le césium 137 est toujours présent dans le sol de certaines régions (Mercantour), le gibier et certains champignons (Ardèche, Loire).

    Dans un volontarisme frénétique et ruineux, Emmanuel Macron projette aujourd’hui un « renouveau » de l’atome avec le projet de six EPR 2. Mais le risque d’accident ne peut être exclu : parc nucléaire vieillissant, risques sismiques ou liés au changement climatique (tempêtes, inondations), ­malfaçons de matériaux…

    Des risques sanitaires

    La zone contaminée, inhabitable pour des milliers d’années, était jusqu’en 2022 la destination d’un tourisme de catastrophe. Le démantèlement de la centrale est pourtant toujours en cours. Des équipes d’ouvriers tournent toutes les deux semaines compte tenu des doses de radioactivité.

    Les populations les plus précaires utilisent le bois de chauffe et consomment champignons et gibier contaminés. La santé des populations est encore ­gravement affectée. L’absence de suivi rend impossible un véritable bilan sanitaire. Dans les zones contaminées, moins de 20 % des enfants peuvent être déclarés en bonne santé.

    Au gré des normes sanitaires différentes entre pays et du marché agroalimentaire mondial, des myrtilles radioactives peuvent même se retrouver dans nos assiettes.

    Les installations nucléaires cibles de guerre

    La guerre compromet la sécurité du site. L’arche de protection du sarcophage a été gravement endommagée en 2025 par un drone russe. Des fonds internationaux seront sollicités pour un coût de restauration estimé à 500 millions d’euros. Des salariéEs spécialiséEs accepteront-ils de revenir travailler à Tchernobyl, sous la menace régulière de drones et de missiles russes ?
    Au sud de l’Ukraine, la centrale de Centrale nucléaire de Zaporijjia occupée est sous contrôle militaire russe depuis 2022. Le personnel ukrainien chargé de sa maintenance est maltraité et contraint. Les déconnexions répétées du réseau électrique ont mis en danger à treize reprises le refroidissement indispensable des six réacteurs. Sur un autre terrain de guerre, en mars et avril 2026, les États-Unis et Israël ont bombardé plusieurs sites nucléaires en Iran.

    Les installations nucléaires civiles, hautement vulnérables, sont aujourd’hui des cibles de guerre délibérées. Dans un contexte géopolitique instable, elles constituent un grave danger pour les populations civiles. Les appels de l’Agence internationale de l’énergie atomique à cesser ces attaques n’y changeront rien.

    Commission nationale écologie