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Actualités nationales... - Page 10

  • Premiers bilans de nos campagnes municipales...

    Le NPA-l’Anticapitaliste était engagé dans 41 listes lors de ces élections municipales. La rédaction propose une synthèse à partir des remontées de nos correspondantEs dans une partie des communes où nous étions impliquéEs.

    Des éluEs anticapitalistes

    Plusieurs militantEs du NPA-l’Anticapitaliste ont été éluEs à l’occasion de ces élections municipales, dans des contextes divers. On peut citer notamment : Aline Zezima à Tournissan (11), Baptiste Peyronnet à Cusset (03), Christian Veldeman à Roubaix (59), Dalila Belaid Artis à Millau (12), Eric Defranould à Gérardmer (88), Florence Lagarrigue à Moissac (82), François Mailloux à Montreuil (93), Jean-Paul Debest à Quimper (29), Johnny Lafresnaye à Alençon (61), Madeleine Parpet à Toulouse (31), Thomas Miele à Ivry (94). 

    Alençon

    La liste Gauche Unie (Écologistes, NPA-A, PCF, Pôle Citoyen et des militantEs de la FI), dont nous avions la tête, a obtenu 15,2 % au 1er tour après une campagne riche en réunions publiques, porte-à-porte et tractages autour d’un programme de rupture. La campagne a été marquée par le FI-bashing politico-médiatique et la méfiance envers le NPA-A, pourtant très implanté localement. À l’issue du premier tour, nous avons choisi de ne pas fusionner avec la liste PS sortante, dont la composition incluait des macronistes et des personnalités de droite, et parce que le total des deux listes (32 %) ne permettait pas de battre la droite (31 % avec 17 % de réserves). Ce choix a été critiqué par une partie de l’électorat, mais soutenu dans les quartiers populaires et par notre camp social. Au second tour, nous perdons 2 points au profit du PS. Nous obtenons 2 sièges au Conseil municipal et sortons de cette séquence avec un collectif de résistance aux politiques de droite et d’extrême droite, point d’appui pour les luttes locales et les échéances à venir.

    Ivry

    À l’issue de la quadrangulaire opposant le Front Populaire Ivryen, auquel participe le NPA-A, à la droite, au RN et à un collectif citoyen proche du PS, notre liste a obtenu plus de 53 % des voix. L’extrême droite, malgré une mobilisation limitée, entre pour la première fois au conseil municipal. La campagne a rencontré de nombreux soutiens mais aussi une forte colère et désillusion, se traduisant par une abstention élevée (54 %). Le NPA-A obtient un élu, qui ne sera ni adjoint ni solidaire de la gestion, notamment sur les questions budgétaires. Il défendra la nécessité de préserver des politiques sociales ambitieuses et refusera les compromis qui font des agents municipaux et des habitantEs les plus précaires des variables d’ajustement. Nous savons que nous ne serons pas seulEs à porter ces exigences dans la majorité municipale, indispensables pour remobiliser notre camp et faire reculer l’extrême droite.

    Kemper

    La Gauche Insoumise et Anticapitaliste fait son entrée à Kemper. Au terme d'une campagne éprouvante mais enthousiasmante, la liste Union pour Kemper, Solidaire et Populaire obtient 2 éluEs, Marie de la FI et Jean-Paul du NPA-A, loin derrière la maire PS qui frôle les 50 %. Au-delà de ces éluEs, la liste s’est affirmée par sa diversité, sa détermination et son engagement pour la justice sociale, la gratuité des transports, la santé, les services publics, la ceinture alimentaire et contre la surenchère sécuritaire. Notre présence indépendante au Conseil municipal constitue un fait politique (malgré l’entrée de 2 élus RN) inattendu pour les tenants de l’« alternance gauche/droite ». Elle nous donne des responsabilités pour poursuivre ces axes et renforcer le lien avec les quartiers et les luttes, comme lors de la mobilisation du 21 mars contre le racisme, le fascisme, les violences d’État et pour l’égalité des droits.

    Montreuil

    Avec 57,7 % des voix au premier tour, c’est le meilleur score national pour une liste d’union de la gauche et des écologistes dans une ville de plus de 100 000 habitantEs. La liste rassemblait le PCF, Les écologistes, le PS, l’APRÈS, Génération·S, le NPA-A, le parti animaliste et des citoyenEs engagéEs. Elle obtient 45 éluEs, dont le maire sortant Patrice Bessac et un camarade du NPA-A. Les autres listes recueillent 22,5 % et 6 éluEs pour LFI, 8,9 % et 2 éluEs pour LR, 7,2 % et 2 éluEs pour une liste centriste et moins de 1,6 % pour LO, le PT et une autre liste citoyenne. Ce résultat s’appuie sur l’union et sur une politique menée depuis 2014, avec des avancées comme la régie publique de l’eau, une mutuelle et une cantine municipales, ainsi que des acquis importants (40 % de logements sociaux, foyers de travailleurs immigrés, centres de santé). La campagne a été très dynamique, avec près de 5 000 contacts et de nombreuses initiatives. La campagne agressive de LFI a été sanctionnée, alors que Mélenchon y avait obtenu 55 % et LFI 34,5 % aux européennes. Avec un élu NPA-A disposant d’une délégation, il s’agit désormais de mettre en œuvre un programme social et écologique ambitieux et de redonner espoir à notre camp social.

    Pau

    Le NPA-A a participé à Pau à un collectif rassemblant plusieurs partis (PS, PCF, écologistes, l’Après, …) et des personnes non encartées, avec l’objectif de battre Bayrou et de freiner le RN. Si le premier objectif a été atteint à la faveur d’une triangulaire, la progression du RN se confirme. La campagne a été dynamique, avec un fort engagement militant et un programme ancré à gauche. Pour le 2e tour, la tête de liste PS et une majorité des candidatEs ont refusé de fusionner avec LFI, qui n’avait pas participé à la liste unitaire au premier tour et proposait une fusion technique. Une partie de la liste, dont le NPA-A et l’APRÈS, y était favorable, mais la majorité a estimé avoir plus à perdre qu’à gagner. Le NPA-A s’est donc retiré, comme annoncé depuis le départ, et a appelé à battre le RN et Bayrou. Cette campagne marque une phase de reconstruction locale : elle a permis de faire connaître le NPA-A, et notre retrait entre les deux tours a été globalement compris et soutenu dans le milieu militant.

    Saint-Ouen

    Un nouveau comité NPA et un collectif militant plein d’espoir pour les luttes à venir. Avec 28,2 % des voix et une présence au second tour, la liste Pour Saint-Ouen, à laquelle participaient trois membres du NPA l’Anticapitaliste, peut être fière de son bilan. Menée par Manon Montmirel, elle rassemblait des militantEs de LFI, Génération.s, des Verts populaires et des citoyenEs non encartéEs. Karim Bouamrane (PS) est réélu avec 56 %. La campagne s’est structurée autour de la défense des services publics et du logement, dans un contexte de gentrification et de dysfonctionnements de la Semiso. Les militantEs ont notamment participé aux mobilisations du DAL. Six éluEs entrent au conseil municipal (4 LFI, 1 Génération.s, 1 écologiste), le NPA restant sans élu. Cette campagne a permis de relancer un comité NPA local et d’amorcer un travail militant durable, avec notamment un premier combat unitaire pour la pérennisation d’un foyer d’hébergement d’urgence municipal.

    Paris

    À Paris, deux candidatEs d’extrême droite se présentaient en plus de Rachida Dati (LR), faisant peser un risque réel de bascule de la mairie, renforcé par la candidature de Knafo (Reconquête). Dans ce contexte, le NPA-A a mené campagne contre l’extrême droite et la droite réactionnaire, en s’associant à des initiatives comme Éteignons la flamme et en diffusant un tract « Ni fachos, ni réacs dans nos mairies ! ». Cette intervention a été bien reçue, malgré l’absence de liste NPA-A. Le début de campagne a été marqué par la mort du militant fasciste Quentin Deranque et une offensive médiatique contre les ex-militantEs de la Jeune Garde, fragilisant les dynamiques unitaires. Avec le ralliement de Bournazel et le retrait de Knafo, l’objectif restait de battre Dati. Si le maintien du PS à la tête de la mairie ne suscite pas d’enthousiasme, le pire a été évité.

    Roubaix

    À Roubaix, la victoire du député David Guiraud était attendue, portée par une présence continue aux côtés des plus exploités et des luttes de la classe ouvrière. Dans une ville marquée à la fois par la richesse de grandes fortunes comme Arnault et Mulliez et par une pauvreté massive (45 % sous le seuil de pauvreté, plus de 60 % d’abstention), l’absence de la gauche institutionnelle est frappante : invisible, sans projet de rupture, allant jusqu’à envisager des discussions avec la droite contre LFI. Le programme porté repose sur des mesures concrètes (arrêt des démolitions de logements sociaux, préservation des courées). La liste rassemble surtout des anti-libéraux et des militantEs des mouvements sociaux. La campagne, ouverte et dynamique, a permis aux anticapitalistes d’y prendre leur place. Reste désormais à poursuivre la mobilisation pour concrétiser ces orientations.

    Saint-Nazaire

    Malgré une campagne unitaire et participative, toujours intense entre les deux tours, le maire sortant conserve son siège. Nous battons le RN et la droite. La volonté de poursuivre le travail collectif pour soutenir les 6 éluEs (plus 3 communautaires) de notre liste est bien partagée, tout comme la participation aux mobilisations, notamment celle du samedi 21 contre le fascisme, qui a réuni 200 personnes, ainsi que celle annoncée pour le 8 mai contre la guerre et la construction d’un porte-avions à propulsion nucléaire aux Chantiers de l’Atlantique, tout en préparant un 1er mai intersyndical, populaire et festif.

    Thiais

    À Thiais (94), le résultat est sans surprise : le maire LR sortant Richard Dell’Agnola est réélu dès le premier tour avec 71,5 % et 34 éluEs. La liste NFP (« Thiais pour Tous »), incluant le NPA-A, obtient 25,2 % et 5 éluEs, en progression par rapport à 2020, mais reste loin du compte. La candidate NPA-A, en 10e position, n’était pas éligible. LO réalise 3,3 %, un score stable. Sans liste macroniste ni RN, Dell’Agnola a concentré l’ensemble des voix de droite, s’appuyant sur un réseau d’influence construit en plus de 40 ans de mandat. Cette situation souligne aussi la faiblesse de l’implantation des forces de gauche, notamment LFI, dans les quartiers populaires. Malgré cela, la campagne a permis de radicaliser le programme, de dynamiser un collectif militant et d’ouvrir des perspectives d’intervention concrète dans les quartiers.

    Toulouse

    La droite l’emporte à Toulouse mais le NFP est vivant. Jean-Luc Moudenc est réélu avec plus de 53 % face à François Piquemal (FI), en faisant le plein des voix d’extrême droite et en mobilisant des électeurEs abstentionnistes autour du « danger mélenchoniste », dans une campagne de caniveau appuyée par le MEDEF. Il a aussi bénéficié de l’hostilité de Carole Delga et du PRG à l’union de la gauche, qui ont contribué à détourner une partie de l’électorat socialiste. Malgré la déception, la campagne a été forte, rassemblant dès le 1er tour la gauche radicale et anticapitaliste, des militantEs des quartiers populaires et des écologistes. L’accord d’union, obtenu après le premier tour, a permis de recréer localement le NFP, avec la participation de forces allant du PS au NPA, ainsi que d’associations, du mouvement féministe et de syndicats comme la CGT et la FSU. Cette dynamique a suscité un réel espoir dans l’entre-deux-tours. Elle n’a pas suffi à l’emporter, mais elle indique une voie pour les mobilisations à venir. Avec son élue au Capitole, le NPA 31 y contribuera pleinement.

  • Après les municipales, construire un front antifasciste...

    Les résultats des élections municipales aboutissent à un tableau confus de la situation politique : dimanche soir, sur les plateaux, tout le monde, du RN à LFI, déclarait sortir gagnant de cette séquence. 

    Le RN, qui se donnait pour objectif d’obtenir un ancrage local plus important que ce qu’il avait jusqu’alors en doublant son nombre de listes par rapport à 2020, a réussi à progresser dans un grand nombre de villes. Il l’emporte dans 70 villes, dont 29 obtenues dès le premier tour. Il est notable qu’à Nice, Retailleau n’ait pas donné de consigne de vote pour départager le fasciste Ciotti et la droite extrême d’Estrosi au deuxième tour. L’union des droites est en marche.

    Dans un contexte de banalisation des idées racistes, de normalisation des groupuscules fascistes, c’est un signal d’alarme sur un basculement possible en 2027. La séquence qui a suivi la mort de Quentin Deranque a été un avant-goût de l’inversion des valeurs organisée par la droite et la macronie, instrumentalisée par une partie de la gauche, notamment socialiste, contre LFI.

    Ces mêmes socialistes s’appuient aujourd’hui sur les échecs des listes de fusion au deuxième tour, à Toulouse ou Clermont-Ferrand, et les victoires là où elles ne se sont pas faites, comme à Lille, Paris et Marseille, pour condamner toute future alliance avec la France insoumise. Cette ligne anti-LFI a empêché des dynamiques locales à la base, alors que l’électorat socialiste compatible avec la macronie a su se mobiliser pour les candidatures refusant l’union, comme à Paris, Marseille ou Lille.

    Cette stratégie a contribué au basculement de nombreux bastions de gauche à droite.

    Malgré le battage médiatique et politique contre la France insoumise, ses résultats sont importants et renforcent une assise locale dans des villes populaires comme Roubaix ou La Courneuve. 

    Pour le NPA - l’Anticapitaliste, nous sommes satisfaitEs d’avoir pu participer à une quarantaine de listes lors de ces élections municipales, dans des configurations unitaires différentes selon les villes, avec ou sans LFI, mais toujours dans l’objectif de rassembler contre l’extrême droite. Nous obtenons en tout onze éluEs dans autant de communes différentes. Nos camarades siègeront donc aux conseils municipaux de Toulouse, Montreuil, Roubaix, Ivry-sur-Seine, Quimper, Alençon, Millau, Moissac, Cusset, Gérardmer et Tournissan. 

    Malgré une abstention record et un scrutin dans lequel les particularités locales ont pu être déterminantes, ce scrutin préfigure les rapports de force à un an des présidentielles.

    Alors qu’il existe un risque réel de l’accession au pouvoir de l’extrême droite en 2027, l’unité de l’ensemble de la gauche sociale et politique est une nécessité urgente. Dès aujourd’hui, le NPA - l’Anticapitaliste prend toute sa part à la construction d’un front unitaire antifasciste qui commence dans les mobilisations et les luttes sociales, écologistes, féministes et antiracistes.

  • Quel paysage politique après les municipales ?

    Les municipales 2026 confirment une recomposition politique : progression de l’extrême droite, rapprochement accéléré des droites, affaiblissement du macronisme, implantation locale de LFI et divisions persistantes à gauche.

    Dossier coordonné par la rédaction

  • 30 mars : Pour la Terre, pour la Palestine — de la mémoire à la lutte...

    Le 30 mars marque la Journée de la Terre, date clé de l’histoire palestinienne. En 1976, une grève générale éclate en réponse à la confiscation de terres palestiniennes. Ce jour-là, six manifestants non armés sont tués. Près de cinquante ans plus tard, cette lutte pour la terre et la dignité reste d’une brûlante actualité. Les PalestinienNEs continuent de faire face à l’expropriation, à la violence et à une répression systématique.

    Les mobilisations du 28 mars s’inscrivent dans cette continuité. Elles rappellent que la confiscation des terres se poursuit en Cisjordanie comme à Gaza, accompagnée d’attaques répétées contre les populations civiles. Des villages sont visés, des habitations incendiées, des familles contraintes à l’exil. Cette réalité n’est pas du passé : elle se déroule sous nos yeux, aujourd’hui encore.

     

    Un terrible bilan

    À Gaza, la situation humanitaire est dramatique. La population vit sous la menace constante de bombardements, tandis que l’aide humanitaire reste insuffisante et elle ne peut parvenir jusqu’aux palestinienNEs. Les conséquences psychologiques sont immenses : 96 % des enfants de Gaza ont le sentiment que la mort est imminente. Ils vivent dans la peur permanente, beaucoup souffrent de traumatismes profonds, d’anxiété et de dépression. Cette détresse massive touche aussi les adultes, révélant une crise humaine majeure la plupart du temps ignorée.

     

    En Palestine et ailleurs, l’impérialisme ravage

    Au-delà de la Palestine, les violences et destructions s’étendent à d’autres territoires, notamment au Liban, où des infrastructures civiles et médicales sont également touchées. Ces dynamiques de guerre et de domination sont largement le fait des puissances impérialistes qui agissent pour défendre leurs intérêts économiques et leurs zones d’influence et qui n’hésitent pas à s’allier avec des régimes qui répriment violemment leurs peuples.

     

    Partout, mobilisons-nous !

    Face à cette situation, nous devons nous mobiliser en solidarité avec les peuples qui résistent et contre les impérialismes, dont celui de la France, complices du génocide à Gaza et responsables de la généralisation de la guerre dans la région. La Journée de la Terre n’est pas seulement un rappel historique : elle est un appel à l’action. Elle revendique un droit essentiel, celui des peuples à disposer d’eux-mêmes.

    Le 28 mars, soyons nombreuses et nombreux à porter cette mobilisation pour la Journée de la Terre, une lutte internationale.

  • Le NPA-l'Anticapitaliste au second tour des municipales 2026...

    Le NPA-A a obtenu un nombre significatif d’éluEs dès le premier tour de ces élections. Nous reviendrons plus en détail sur l’ensemble de nos résultats dans les semaines à venir. Pour l’heure, nous mettons l’accent sur plusieurs communes où le NPA-A est engagé dans des listes présentes au second tour, dans des configurations locales variées.

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  • Pour Nahel, contre l’impunité policière et les dénis judiciaires...

    Le 21 mars à Nanterre, une marche est appelée pour Nahel et contre les violences policières. Dans un contexte de dénis de justice répétés, cette mobilisation s’inscrit dans une séquence de luttes contre le racisme d’État.

    Le 27 juin 2023, Nahel Merzouk, 17 ans, était tué d’une balle tirée à bout portant par un policier lors d’un contrôle routier. Près de trois ans plus tard, l’affaire reste emblématique des violences policières et du traitement judiciaire qui les accompagne. Le 5 mars, la cour d’appel de Versailles a requalifié les faits : le policier ne sera pas jugé pour meurtre, mais pour « violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner ».

    Une requalification qui organise l’impunité

    Cette requalification réduit la peine encourue, modifie la juridiction saisie — plus de cour d’assises ni de jury populaire — et redéfinit le cadre même du procès. Alors même que le tir a été effectué à très courte distance, dans une zone vitale, la justice choisit d’écarter l’intention homicide, en s’appuyant sur le contexte d’« opération policière ».

    Ce choix suscite une légitime indignation. La mère de Nahel l’a exprimé avec force : « ils le tuent une deuxième fois ». Les avocatEs des parties civiles dénoncent une « qualification au rabais » et une décision politique visant à éviter qu’un policier soit jugé pour meurtre. Toutes les parties — parquet, défense, famille — ont formé des pourvois en cassation.

    Au-delà de ce dossier, c’est un fonctionnement structurel qui est en cause : la difficulté à faire reconnaître pénalement la responsabilité dans les violences policières, qui contribue à installer une exception qui vaut exemption. 

    Une mobilisation nécessaire

    En février, la Cour de cassation a confirmé le non-lieu dans l’affaire Adama Traoré, malgré des années de mobilisation et la reconnaissance d’un lien entre l’interpellation et la mort. Là encore, aucune condamnation.

    C’est donc pour Nahel mais pas seulement, que nous appelons à participer à la marche du 21 mars à Nanterre, à l’initiative du collectif Justice pour Nahel. « Pour Nahel, pour tous nos enfants, pour toutes les victimes de violences policières », l’appel invite à marcher pour « la dignité, la vérité et la justice ».

    Cette mobilisation s’inscrit dans la continuité des manifestations contre le racisme du 14 mars, qui ont rassemblé des dizaines de milliers de personnes à travers le pays (voir ci-contre l’acturama).

    Face à l’impunité, seule la mobilisation collective peut imposer un rapport de force contre un système qui produit et protège ces violences. La lutte contre le racisme institutionnel est une composante centrale de la résistance à la fascisation.

    Commission nationale antiracisme

  • Le 22 mars, pas une voix ne doit manquer contre l’extrême droite !

    Le premier tour de ces élections municipales s’est déroulé dans un contexte d’offensive contre la gauche, les antifascistes et LFI après la mort du jeune militant fasciste Quentin Deranque à Lyon.

    Vers l’union des droites ?

    Alors que le macronisme se prend une nouvelle gifle, les résultats montrent l’implantation et la progression de l’extrême droite. Les sortants du RN sont partout largement réélus. À Marseille, il arrive en deuxième position avec 35 % des voix et peut gagner la ville. À Paris, la fasciste Knafo fait plus de 10 %.

    Le RN se sert de ces élections municipales pour renforcer sa stratégie d’union des droites. Dimanche, Bardella appelait à la fusion avec les « listes de droites sincères ». Certains ont bien compris l’appel du pied. Rachida Dati, à Paris, a ainsi lancé le soir même un appel au rassemblement à la liste LR mais aussi à Knafo de Reconquête, qui s’est depuis retirée pour la faire gagner.

    De bons résultats pour la gauche de rupture

     

    Mais ce n’est pas une fatalité. Le score des listes d’une gauche de rupture avec les politiques libérales est un point d’appui dans de nombreuses villes.

    Là où la droite et l’extrême droite peuvent gagner ou conserver des municipalités, comme à Paris, Marseille, Angers ou Toulon, il était de la responsabilité des listes de gauche arrivées en tête de réussir les conditions de l’union. Face à l’extrême droite, le NPA-A a appelé depuis le début au rassemblement de la gauche, comme avec le NFP en 2024.

    En refusant un accord national au soir du premier tour, la responsabilité du PS et de ses alliés est énorme dans le risque de victoire de la droite ou de l’extrême droite dans de nombreuses villes. Heureusement, cette unité a malgré tout pu se faire ailleurs, à Toulouse, Nantes, Tours ou Lyon, quoiqu’en disent Faure, Glucksmann ou Hollande (dont la liste à Tulle fusionne avec LFI) !

    Se mobiliser pour le deuxième tour 

    La gauche politique, syndicale et associative doit organiser des mobilisations et initiatives de rue entre les deux tours et mobiliser les quartiers populaires, la jeunesse et les travailleurEs. Pas une voix ne doit manquer contre l’extrême droite !

    Mais dès le 23 mars, il faudra se retrouver pour mener les luttes unitaires et radicales contre l’extrême droite et le racisme. Cela suppose de reconstruire, dans les quartiers populaires, les lieux d’études et de travail, des solidarités concrètes, de renforcer les mobilisations sociales, de remporter des victoires face au gouvernement et au patronat, et de mener la bataille contre les idées réactionnaires. Construisons un front large de riposte antifasciste.

  • Municipales : front antifasciste contre l'extrême droite...

    Le premier tour de ces élections municipales s’est déroulé dans un contexte de fascisation globale en France et vient clore une séquence d’offensives brutales de l’extrême droite, où la droite « républicaine » a fait  sauter de nombreuses digues. 

    Alors que le camp macroniste se prend une gifle électorale, les résultats dans de nombreuses villes montrent l’implantation et la progression dangereuse du RN et des extrêmes droites. Dans plusieurs dizaines de villes, les listes du Rassemblement national sont en tête. À Perpignan, Louis Aliot est réélu dès le premier tour, tout comme les maires RN d’Hénin-Beaumont, de Hayange et de Fréjus.

    L’extrême droite entend se servir de ces élections municipales comme d’un tremplin pour accéder au pouvoir et renforcer sa stratégie d’union des droites. Bardella appelle ce soir à la fusion avec les « listes de droites sincères ». Il va même jusqu’à proposer le désistement du RN lorsque ces listes sont en tête. 

    Mais cette progression n’est pas une fatalité. Là où la droite et l’extrême droite peuvent gagner ou conserver des municipalités, comme à Paris, Marseille, Angers ou Toulon… Il est de la responsabilité des listes de gauche arrivées en tête de réussir les conditions de l’union. Le NPA-A appelle au rassemblement de la gauche, comme avec le NFP en juin 2024. La gauche politique, syndicale et associative doit tenter d’organiser des mobilisations et initiatives de rue entre les deux tours et mobiliser les quartiers populaires, la jeunesse et les travailleur.euses. Pas une voix ne doit manquer contre l’extrême droite !

    D’autant que la gauche radicale peut convaincre : la France Insoumise réalise de bons scores alors qu’elle est, depuis plusieurs semaines, la cible d’un acharnement médiatique sans précédent. Elle l'emporte même à Saint-Denis dès le premier tour avec la liste portée par Bally Bagayoko. Dans de nombreuses villes, le NPA-A a fait le choix de l’unité avec LFI ou d’autres formations de gauche, autour d’un programme social, écologique et démocratique ambitieux. Nous enregistrons de bons scores comme à Alençon où la liste Gauche Unie a réuni 15,2% des voix, à Toulouse où la liste porté par François Piquemal fait plus de 25% ou encore à Gérardmer où nos camarades ont fait 19,5% !

    Alors que LFI propose un front antifasciste électoral pour ce second tour, le sectarisme du PS et de Place Publique mène toute la gauche dans le mur. En refusant nationalement l’unité de la gauche, le PS fait le jeu du Rassemblement national et de la droite. Dans la situation actuelle, nous ne pouvons pas prendre le risque de laisser des villes gagnables aux mains de la droite. Pour les communes et leurs habitantEs. Mais aussi parce que chaque espace compte pour organiser la résistance.

    Dès le 23 mars, les organisations politiques, syndicales, associatives, les collectifs vont devoir  se retrouver pour mener la lutte contre les idées et politiques racistes et violentes  des extrêmes droites et de leurs alliées. Cela suppose de reconstruire dans les quartiers populaires, les lieux d’études et de travail, des solidarités concrètes, de renforcer les mobilisations sociales, de remporter des victoires sur le terrain face au gouvernement et au patronat, et de mener la bataille politique contre les idées réactionnaires. Construisons une riposte militante partout dans les villes, les quartiers, les lieux d’études et les entreprises. 

    No Pasaran ! 

  • Budget 2026 : Transphobie d'état...

    Le budget 2026, adopté par le recours au 49.3 par le gouvernement, introduit de nouvelles mesures de casses sociales qui comportent une disposition transphobe. Ainsi, à compter du 1er mars, il faut payer 50 euros pour saisir un tribunal judiciaire ou les prud’hommes. Ainsi, il sera nécessaire de payer 50 euros pour tout changement d’état civil. 

    Il s’agit d’une nouvelle attaque à l’autodétermination des personnes trans. La procédure actuelle est lourde et complexe. Les personnes trans doivent réunir des preuves, compléter un dossier administratif long et attendre la décision d’un magistrat. Cette procédure est dénoncée par de nombreuses associations, institutions internationales et organisations de défenses des droits humains. 

    Cette disposition précarise d’autant plus les personnes trans. Dans la France de Macron, lorsqu’on est unE étudiantE, unE jeune travailleurEUSE précaire ou au chômage, 50 euros représente beaucoup. 

    Il est nécessaire de lutter pour un changement d’état civil libre, gratuit et sur simple demande sans dépendre d’une décision du tribunal comme le revendique la campagne juge pas mon genre de l’association Toutes Des Femmes. Nous devons nous mobiliser pour l’autodétermination complète des personnes trans. 

    Jeunesses Anticapitalistes