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Actualités internationales... - Page 17

  • La résistance puise dans le sang et les larmes, la terre et l’amour...

    Combien de temps encore les enfants de notre terre seront-ils assassinés jour après jour en Palestine ? Combien de temps encore des petits corps démembrés, couverts de sang et de poussière, s’entasseront-ils dans les morgues de Gaza ?

    Le 17 novembre au Conseil de sécurité de l’ONU, l’impérialisme est apparu sous son jour le plus laid, revêtu de son costume de processus de paix et de légalité. Quelle insulte envers les Palestiniens et quiconque place encore ses espoirs dans le droit. Honte à la France, pays des droits de l’Homme, qui plébiscite un droit perverti à des fins de normalisation du génocide et du nettoyage ethnique.

    Cette résolution impose aux Palestiniens le pire scénario de dystopie devenue réalité : la récompense du terrorisme d’État, la légalisation de l’état de fait colonial, du blocus militaire, du déni de justice.

    Après deux ans de passivité coupable, le Conseil de sécurité saborde le droit en bafouant les principes les plus élémentaires consignés dans sa propre Charte et mandate ceux qui fournissent les bombes d’une tonne qui assassinent les enfants à Gaza pour former une armée de mercenaires à la solde de l’occupant.

    Cette résolution, outre qu’elle blâme les victimes et tente de donner une caution internationale et légale à la violation perpétuelle du droit par Israël, va à l’encontre de la décision de la CIJ du 19.7.2024 imposant la fin de l’occupation et de celle du 22.10.2025 exigeant un accès à l’aide humanitaire sans restriction pour les Palestiniens de Gaza. Elle ignore aussi sept décennies de résolutions rappelant Israël au droit.

    Deux mois après qu’une commission d’enquête des Nations Unies — dans le sillage de tous les organismes des droits de l’homme de premier plan — concluait qu’Israël commettait un génocide à Gaza, le Conseil de sécurité gratifie l’État qui viole heure par heure tous les principes de l’ONU ; l’État qui a déclaré le secrétaire général des Nations Unies persona non grata, tout comme la Rapporteuse spéciale pour les Territoires occupés, ainsi que l’UNRWA ; l’État qui a ciblé, kidnappé et torturé le personnel de l’ONU à Gaza, bombardé ses écoles, ses centres de soins, ses entrepôts. L’État qui n’a ratifié ni le Statut de Rome, ni la Convention sur les armes chimiques, ni le Traité de non-prolifération des armes nucléaires. L’État dont les services secrets se vantent d’avoir piégé des appareils électroniques dans tous les pays du monde. (1) L’État qui a légalisé la torture et le viol des prisonniers.

    Comment peut-on pervertir le droit au point de récompenser ceux qui jour après jour ciblent les enfants à la tête, mutilent et torturent de sang-froid, forcent les jeunes mères, les enfants et les vieillards à servir de boucliers humains avant de les exécuter ? (2)

    Selon Diana Buttu, « ils font payer aux Palestiniens le prix du sionisme, plutôt que de regarder en face le problème, qui est le sionisme. (…) La question fondamentale, c’est qu’on a laissé un État appelé Israël commettre un nettoyage ethnique, nous chasser de nos maisons et de notre pays, et qu’on lui a donné des milliards, en dollars et en armes, pour qu’il commette un nettoyage ethnique et un génocide. » (3)

    Deux millions de Palestiniens aux vies broyées vivent dans la poussière de leurs villes disparues. Dans les gravats de maisons d’où émerge parfois un jouet ou un lit d’enfant, dans les avenues et les jardins qui ne sont plus, le désespoir et l’absence de perspectives s’ajoutent aux traumatismes, à la perte, à la peine. Cependant, dans les ruines d’universités et d’hôpitaux réduits à néant, les Palestiniens soignent et enseignent, peignent et sculptent, chantent et dansent.

    Personne à Gaza ne sait si le pire est passé ou s’il est à venir. Mais les Palestiniens savent, dans leur chair, que le droit à l’autodétermination et le droit de résister à l’occupation sont des droits sacrés. Ils lisent, dans les yeux de leurs enfants, que le droit de se nourrir et de se soigner ne sont pas négociables.

    La résistance est leur héritage — depuis les vergers de Ya’bad dans les années trente et les paysans constitués en groupes de fedayins dans les années quarante, dont la cause était simple : retourner chez eux, moissonner les champs, récolter les fruits, faire paître leurs troupeaux sur leurs terres.

    La force de contrôle et de sujétion internationale est vouée à l’échec. Elle ne va pas réussir là où l’occupant a échoué en dépit d’une Nakba systémique depuis 77 ans et de deux ans de génocide, soutenu par plus de 60 pays.

    « Les Palestiniens ne se rendront pas », assure Ramzy Baroud. « Ils n’accepteront pas ce nouvel état de fait imposé par les États-Unis, et ils ne se trouveront pas non plus dans une situation où ils n’auront pas le choix. Car il y a toujours un choix, et ce choix, c’est le peuple palestinien, le sumud et la résistance. (…) Que voulez-vous désarmer ? La résistance des Palestiniens est sumud. (…) Vous ne pouvez pas la désarmer. Il s’agit de la volonté collective du peuple. » (4)

    Ceux qui se porteront volontaires pour aller tirer sur des adolescents dans un vaste cimetière d’enfants ne forceront pas à la reddition les victimes du génocide. Car les Palestiniens ne luttent pas seulement contre leur propre extermination. Ils sont engagés dans une guerre de libération. Leur lutte nous dépasse, elle a pour nom justice et liberté. Elle puise dans le sang et les larmes, la terre et l’amour. Dans le serment intime que leurs enfants ne subiront pas ce que leurs parents et leurs grands-parents ont subi avant eux.

    En résistant, les Palestiniens préservent leur humanité face à une idéologie de la domination et de la destruction. Et affirment ce qui fait défaut à l’oppresseur : grandeur d’âme et dignité.

    « La vision d’Israël pour la région est l’hégémonie », analyse Muhammad Shehada. « Les États doivent être dépendants d’eux. (...) Chaque État de la région doit être un État failli ou vassal, mais en aucun cas un État pleinement souverain doté d’un gouvernement représentant son peuple. (…) Les Israéliens sont ivres d’invincibilité et d’impunité, une combinaison qui draine ce qu’il y a de pire dans l’humain : un récit de monopole victimaire doublé d’un récit de supériorité. À cela s’ajoute une impunité totale : vous êtes les victimes, vous êtes supérieurs, vos actes sont justifiés moralement, légalement, politiquement. » (5)

    Les Palestiniens devraient être un exemple pour l’humanité. Une leçon de constance, de courage, de lutte à corps perdu pour la justice. Le monde devrait s’incliner devant leur lutte pour préserver l’humanité et le droit. Devant la beauté d’une société bâtie sur l’entraide et la générosité, que l’occupant n’a pas réussi à briser.

    Je voudrais terminer par une pensée pour Hala, 9 ans, dont toute la famille repose sur les dalles de l’hôpital. Pour les familles de Mourad, 15 ans, Abdallah, 16 ans, Muhammad, 16 ans, Bilal, 15 ans, Mohammad, 15 ans, Jadallah, 15 ans, tous assassinés de sang-froid, sous le regard du monde, en Cisjordanie occupée, depuis début novembre. Le monde a vu chacun de ces garçons — à Tubas, à Beit Ummar, à Halhul, à Tulkarem, à El-Bireh, à Ein Sultan — agoniser aux pieds des soldats avant d’être enlevé par l’armée d’occupation.

    Marie Schwab

    (1) Former Mossad Chief Brags About Booby Trapped Devices Being Everywhere (vidéo), The Young Turks, 6.11.2025

    https://www.youtube.com/watch?v=b-PZjmKSBWQ

    (2) Majd Jawad, Palestinian women share how Israeli forces used them as human shields in Gaza and the West Bank, Mondoweiss, 28.10.2025

    https://mondoweiss.net/2025/10/palestinian-women-share-how-israeli-forces-used-them-as-human-shields-in-gaza-and-the-west-bank/

    (3) Israeli Attacks surge Across the Occupied West Bank & The Epstein Files (vidéo), Drop Site News, 12.11.2025 https://www.youtube.com/watch?v=wfCJZTd-FIE

    (4) Is UNSC Resolution 2803 a ‘Peace Plan’ or a New Mandate Over Palestine ? (vidéo), The Palestine Chronicle, 19.11.2025 https://www.palestinechronicle.com/floodgate-analysis-is-unsc-resolution-2803-a-new-mandate-over-palestine/

    (5) From Abu Ghraib to Sde Teiman : The Racist Ideology Behind the Abuse / Palestine this week with Muhammad Shehada (vidéo), Middle East Monitor, 20.11.2025https://www.middleeastmonitor.com/20251120-from-abu-ghraib-to-sde-teiman-the-racist-ideology-behind-the-abuse-palestine-this-week/

  • Contre Trump et Poutine, continuer à soutenir la résistance ukrainienne !

    Après l'annonce du plan de "paix" de Trump et Poutine, le NPA l'anticapitaliste tient à réaffirmer son soutien et sa solidarité totale au peuple ukrainien, à sa résistance armée et non armée.

    Ce pseudo plan de paix en 28 points est dans le prolongement de celui que Trump a prévu pour Gaza : Les néofascistes s’entendent sur le dos des peuples agressés. La barbarie militaire et les pratiques génocidaires sont récompensées par des « accords de paix » aux conditions de l’agresseur.

    Un tel « accord" élaboré sans l’UE et dans le dos du peuple ukrainien ne propose rien d'autre que la capitulation totale de l'Ukraine : cession des territoires conquis et non conquis, réduction de moitié de son armée, rétablissement du patriarcat de Moscou, reconnaissance du russe comme langue officielle, amnistie pour tous les criminels de guerre russes, financement et logique de la reconstruction au bénéfice des Etats-Unis. En contrepartie, la Russie ne s'engage à rien, pas même à rendre les 20.000 enfants ukrainiens déportés pour être russifiés.

    Une capitulation de l’Ukraine serait une catastrophe pour ses populations, livrées à la violence génocidaire du régime poutinien. Elle encouragerait d’autres politiques d’annexions de la Russie sur ses marges, ou encore les États-Unis vers le Groenland ou la Chine vers Taïwan. Plus largement, ce serait un coup terrible pour notre camp social et une accélération de la fascisation mondiale en cours et à sa logique de partage de sphères d’influence entre autocrates. La lutte du peuple ukrainien est au cœur de la résistance antifasciste du XXIème siècle. Les extrêmes droites ne s’y trompent, d’ailleurs, pas en soutenant à l'unisson le plan Trump-Poutine. 

    Depuis l’invasion russe de l’Ukraine, en février 2022, de larges pans de la gauche renvoient dos-à-dos agresseurs et agressés, prétendent que  l’OTAN menaçait la Russie, et réitèrent leurs appels à "la paix" en faisant de la résistance armée ukrainienne et de l’aide reçue les causes de la guerre - sans voir les crimes de guerre commis par les forces d’occupation : ils  exigent donc l'arrêt des livraisons d'armes à l'Ukraine. Les connivences Trump/Poutine et les paix impériales et génocidaires qui se dessinent rappellent qu'il ne peut y avoir de paix sans justice pour les peuples  colonisés. Le sort des ukrainien•nes et de leurs enfants dans les territoires occupés en témoigne de manière tragique.

    Le NPA l’Anticapitaliste reste plus que jamais mobilisé en faveur de l'autodétermination du peuple ukrainien et continuera d'apporter son soutien à nos camarades militant•es en Ukraine qui résistent sur le front, les armes à la main, et à l'arrière au côté des populations civiles.

    Les États européens doivent apporter l’aide militaire, matérielle, financière dont l’Ukraine a besoin pour défendre son indépendance, et d’utiliser pour ce faire les avoirs russes gelés et les profits des industries d’armement  : nous réclamons l'annulation de la dette ukrainienne ainsi que le respect des sanctions contre la Russie : en continuant de lui acheter gaz et pétrole, l'UE verse plus d'argent à la Russie qu'elle n'en verse à l’Ukraine ! Des sanctions doivent s’appliquer contre les entreprises françaises qui continuent de financer la guerre de Poutine, au premier rang desquelles Leroy Merlin et L'Oréal qui à elles deux ont versé plus de 175 millions d'euros à l'État russe en 2024.

    Notre mobilisation va être essentielle dans les semaines à venir, toujours indépendante des politiques du gouvernement Zelensky et de nos gouvernements. Contre tous les accords sur l’Ukraine sans l’Ukraine et les projets de paix impériale : De l’Ukraine à la Palestine, l’occupation est un crime ! 

  • Sortir l’antispécisme des marges...

    Si aujourd’hui la plupart des personnes se disent opposées à la maltraitance animale et contre l’élevage intensif, ce n’est guère parce qu’il existerait une volonté collective de changement. Bien que ces opinions ne soient plus admises au sein de notre société, la majorité des gens reste en faveur de l’abattage. Force est de constater que l’idée qu’un animal puisse être tué dignement perdure… Alors, comment faire pour que cesse cette production massive et à grande échelle de la mise à mort d’innombrables êtres sentients ?

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  • L’aide humanitaire à Gaza : le nouvel outil colonial...

    Cet article aborde l’actualité et les répercussions des actions menées par les nouvelles structures (in)humanitaires privées récemment mises en place à Gaza. La façon dont les dynamiques sécuritaires post-2001, la destruction du secteur public de l’action humanitaire, les périodes de mise en œuvre et d’application de cette aide font de celle-ci un outil colonial voilé sous l’étendard de la Gaza Humanitarian Foundation (GHF). Ce qui semble être une solution matérielle et temporaire aux conséquences de l’impérialisme — à savoir l’aide humanitaire — n’est que son parachèvement.

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  • COP30, réagir avant qu’il ne soit trop tard...

    Marquée par l’absence des États-Unis et de plus de la moitié des chefs d’État concernés, la COP30, à Belém du 10 au 21 novembre, est la preuve du recul général sur le front de la lutte contre le dérèglement climatique.

    Dix ans après les accords de Paris, le bilan est sévère. L’objectif des 1,5 °C ne sera pas tenu, la 7e limite qui garantit l’habitabilité de la planète est dépassée : les océans s’acidifient et perdent leur capacité d’absorber le CO₂. La biodiversité qu’ils renferment est menacée. Les événements climatiques extrêmes se multiplient : incendies de forêts, inondations, tornades meurtrières. Plusieurs points de bascule vont être atteints (extinction des récifs coralliens, fonte des glaciers polaires, modification des courants océaniques), ouvrant sur un futur inquiétant et imprévisible.

    Bilan catastrophique, responsables identifiés

    La course effrénée aux profits, aveugle à l’urgence climatique, privilégie les intérêts des plus riches au détriment de l’intérêt général. Trois dossiers majeurs ne seront pas traités à la COP. L’autorisation d’exploiter le pétrole près de l’embouchure de l’Amazone est le symbole de la poursuite des énergies fossiles. Sous la pression de Trump, les négociations internationales pour diminuer les émissions du transport maritime ont été abandonnées. Enfin, les grands noms de l’agro-industrie sont des invités choyés par le président Lula, qui leur a réservé Agrizone, un espace dédié.

    La plupart des gouvernements, l’UE en particulier, poussés par les forces climatosceptiques de la droite et de l’extrême droite, abandonnent progressivement les mesures environnementales. Ils concentrent leurs efforts sur les budgets militaires au détriment des politiques de justice sociale et climatique. Les mesures décisives de prévention qui pourraient limiter les dégâts ne seront pas prises.

    Un mouvement international de résistance s’organise

    La présidence de la COP préfère les 1 600 lobbyistes des fossiles aux représentantEs des peuples autochtones, refouléEs lorsque ils et elles ont voulu présenter leurs revendications. À leur côté, une multitude d’organisations et de mouvements écologistes, syndicaux, féministes et anticapitalistes sont réunis à Belém pour repenser leurs stratégies, coordonner et renforcer les processus de lutte et de résistance. Dimanche, plus de 50 000 manifestantEs ont crié leur colère contre la « COP des lobbyes ».

    Nous devons amplifier ces mobilisations contre les projets écocides, contre l’extractivisme minier et l’agro-industrie, pour défendre le vivant (espèces menacées, forêts, mangroves et zones humides…). Chaque fraction de degré évitée limite la dégradation de nos conditions de vie et la destruction des écosystèmes. Nos luttes s’inscrivent dans un cadre inter­nationaliste évident : les ravages ­environnementaux n’ont pas de frontière.

    Contre notre ennemi commun, le capitalisme prédateur, notre objectif est le même : construire une société de justice sociale et climatique. Nous l’appelons écosocialisme.

    Commission nationale écologie

  • Sahara occidental : Une invasion coloniale sous parrainage impérial...

    Le 31 octobre 1975 s’ouvre une page sombre de l’histoire coloniale contemporaine : l’invasion du Sahara occidental par le Maroc, soutenue militairement et diplomatiquement par la France et les États-Unis. 

    Près d’un demi-siècle plus tard, le vernis propagandiste n’a pas entièrement réussi à masquer ce que fut cette intervention : une véritable boucherie coloniale.

    Une agression soutenue par Paris et Washington

    Le 21 mars 2025, l’ambassadeur de France au Maroc, Christophe Lecourtier, l’a lui-même reconnu publiquement. Lors d’une conférence à Rabat, il admet que « l’armée française a ouvert le feu » sur des colonnes du Polisario, détruites par des avions Jaguar. Un aveu saisissant, confirmant l’implication directe de Paris dans l’invasion.

    Washington n’est pas en reste. Le secrétaire d’État Henry Kissinger s’emploie alors, en coordination avec Rabat, à organiser et légitimer la Marche Noire. En toile de fond : la volonté de récompenser la coopération intense, quoique secrète, entre le Maroc et Israël. Protégé par deux grandes puissances impérialistes, le régime colonial marocain peut avancer sans craindre de conséquences diplomatiques majeures.

    Le Conseil de sécurité de l’ONU adopte le 6 novembre 1975 la résolution 380, exigeant le retrait immédiat du Maroc. Cette injonction restera lettre morte, sans que cela n’entraîne aucune sanction. 

    Massacres, exode et crimes de guerre

    Dès les premières semaines de l’invasion, ONG, journalistes et Comité international de la Croix-Rouge documentent une longue liste d’exactions commises par les armées d’occupation marocaine et mauritanienne : bombardements chimiques, exécutions sommaires, mutilations, attaques contre des colonnes de réfugiéEs en fuite, sièges de villes entières.

    La Fédération internationale pour les droits de l’homme (FIDH) décrit dès février 1976 des massacres visant « des personnes de tous âges et de toutes conditions », y compris des enfants, exécutéEs pour refus d’allégeance au roi du Maroc. Des mutilations sont rapportées, comme des doigts coupés à des jeunes hommes pour les empêcher de combattre. La ville d’El Aïun se vide à 80 %, tandis que des camps de réfugiéEs sont bombardés.

    L’universitaire américaine Ann Lippert témoigne devant le Congrès de bombardements au napalm entre janvier et février 1976 : selon elle, il existait « une volonté délibérée » des forces d’occupation ­marocaines « d’éliminer » les réfugiéEs.

    Les attaques les plus meurtrières surviennent en février 1976 autour de Guelta Zemmur et Um Dreiga, où les forces d’occupation marocaines bombardent des milliers de civils, utilisant du napalm à plusieurs reprises.

    Le documentaire Enfants des Nuages (2012) diffuse des images d’enfants sahraouiEs mutiléEs, ainsi que des témoignages glaçants. L’un d’eux raconte l’exécution de toute sa famille : soldats marocains pénétrant dans une maison, tirant sur les proches, frappant sa mère enceinte, égorgeant frères et père avant de torturer puis d’enterrer vivant l’enfant dans des ordures. Sauvé in extremis, il rejoint les camps de réfugiéEs algériens.

    Face à ces massacres, l’Algérie est le seul pays à ouvrir ses frontières. Dès janvier 1976, la Croix-Rouge note la fuite de dizaines de milliers de SahraouiEs. Dans les années suivantes, près de 50 000 réfugiéEs, sur les 72 000 habitantEs recenséEs au Sahara occidental en 1974, s’installent dans les camps de Tindouf. Deux tiers du peuple sahraoui se retrouvent ainsi déracinés.

    Un crime colonial impuni

    En chiffres, l’invasion du Sahara occidental, ce sont des milliers de SahraouiEs massacréEs, exécutéEs ou brûléEs par les bombardements chimiques et plus des deux tiers de la population poussés à l’exil. Un demi-siècle après, Rabat continue d’imposer une domination coloniale soutenue par les mêmes puissances occidentales qui ont rendu possible la catastrophe de 1975. Rappeler cette histoire n’est pas seulement un travail de mémoire : c’est une nécessité politique, tant que le peuple sahraoui reste privé de liberté.

    Amel

  • Trump fragilisé...

    Le président semble vulnérable pour la première fois depuis le début de son second mandat. 

    Donald Trump fait face à des revers qui ébranlent son hégémonie. Incapable d’améliorer la situation économique pour la majorité des Américains, il a essuyé une large défaite lors des élections du 4 novembre. À New York, le candidat qu’il soutenait, Andrew Cuomo, a perdu face au socialiste Zohran Mamdani, tandis que les démocrates ont remporté les gouvernorats du New Jersey et de Virginie. En Californie, ils ont aussi gagné un référendum sur le redécoupage des circonscriptions.

    Les effets du shutdown 

    Trump a attribué ces défaites au « shutdown ». Celui-ci, inédit par sa durée — 43 jours — a causé de lourdes difficultés : des millions des 42 millions d’AméricainEs dépendant de l’aide alimentaire ont perdu leurs allocations pendant plus d’un mois. Le budget républicain prévoit en outre une hausse des coûts de l’assurance médicale pour 92 % des 45 millions de bénéficiaires de l’Affordable Care Act, rendant les soins inaccessibles pour des millions de personnes. 48 % des AméricainEs tiennent Trump et les républicains pour responsables.

    Epstein fracture le MAGA

    La publication des dossiers de Jeffrey Epstein revient à l’agenda du Congrès, soutenue à la fois par démocrates, républicains et par la base MAGA. Trump qualifie l’affaire de « canular », tout en demandant à la ministre de la Justice d’enquêter sur les démocrates cités dans les documents. Une motion pour la publication des dossiers pourrait être adoptée à la Chambre, voire au Sénat, avant d’arriver sur le bureau de Trump — qui hésite à y opposer son veto, de peur de ce qui pourrait le concerner. Cette situation a provoqué la première fracture publique au sein du MAGA : Marjorie Taylor Greene critique Trump pour son refus d’ouvrir l’accès à ce dossiers et pour la hausse des coûts de la santé et de l’alimentation. Trump la traite de « farfelue » et de « honte pour le parti », mais d’autres républicains partagent ses exigences. La défiance de Greene pourrait annoncer une rupture plus profonde.1

    Des promesses non tenues

    Trump n’a jamais été majoritaire dans la population : seuls 42 % des Américains l’approuvent, contre 58 % qui le rejettent. Pour tenter de maintenir son emprise sur sa base, il promet désormais une allocation de 2 000 dollars pour chaque personne gagnant moins de 100 000 dollars par an, financé par les droits de douane. Mais cette mesure coûterait 300 milliards de dollars, alors que les droits de douane n’en ont rapporté que 175. Il avait déjà promis une aide similaire plus tôt dans l’année, au moment où Elon Musk et le département de l’efficacité gouvernementale coupaient des programmes publics — une somme qui n’a jamais été versée.

    Trump en opposition à sa base

    Trump paraît moins soucieux de transparence ou de pouvoir d’achat que lancé dans une double offensive : déployer les services d’immigration, des douanes et la Garde nationale dans des villes dirigées par des démocrates, et préparer une intervention au Venezuela. Si la base MAGA soutient la première option, elle risque de rejeter une guerre à l’étranger destinée à renverser un régime, à l’inverse des engagements de campagne de Trump.

    Empêtré dans ses contradictions, Trump est en difficulté. Les regards se tournent désormais vers les élections de mi-mandat de novembre 2026 — chacunE se demandant si les démocrates pourront reprendre le contrôle de la Chambre des représentants et du Sénat.

    Dan La Botz

    • 1. Sous la pression de son propre camp, Donald Trump a annoncé, dimanche 16 novembre, soutenir un vote à la Chambre des représentants américaine pour la publication du dossier du délinquant sexuel Jeffrey Epstein, à laquelle il s’opposait jusque-là. (NDLR)
  • Palestine : Une semaine dans la France complice d’Israël...

    À Gaza, le cessez-le-feu est un leurre et les PalestinienNEs demeurent sous blocus, dans des conditions qui menacent leur existence. En France, le gouvernement a poursuivi sa complicité avec Israël par tous les moyens, à commencer par la répression des voix solidaires.

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