La ministre des Outre-mer effectuait sa visite en Kanaky - Nouvelle-Calédonie du 10 au 14 novembre. Alors qu’elle annonçait au début de son voyage qu’elle « voulait seulement écouter et comprendre », elle a annoncé la tenue d’une consultation citoyenne locale en février 2026 sur l’accord de Bougival.
Actualités internationales... - Page 3
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Kanaky : Naïma Moutchou, encore le passage en force...
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Marche nationale du 29 novembre : Palestine vivra !
Deux ans après le début de la destruction de Gaza par Israël, notre mobilisation est plus que jamais cruciale pour la survie du peuple palestinien. A l’heure où le génocide se poursuit, où le « cessez-le-feu » a fait plus de 300 morts supplémentaires, où le « plan Trump » dépossède le peuple palestinien de sa destinée, nous devons répondre en masse à la mobilisation nationale du 29 novembre, à l’appel de l’AFPS et de plus de 70 organisations. Pas une voix ne doit manquer !
Israël génocidaire, États impérialistes complices
Ce qui se passe à Gaza n’a rien d’une guerre : c’est un génocide. Entre déplacements forcés, bombardements, famine organisée, exécutions sommaires et tortures, la litanie des crimes israéliens est sans fin. Tuer des familles entières, des soignantEs, des journalistes, des artistes, des athlètes, ce n’est pas une guerre, c’est un génocide. Détruire les hôpitaux, les écoles, les lieux de culte, c’est un génocide. Anéantir la mémoire et l’avenir d’un peuple en éliminant son patrimoine et ses enfants, c’est un génocide. Dans le même temps, Israël profite de la séquence pour accélérer la colonisation en Cisjordanie, à Jérusalem et dans le Néguev, avec ce que le colonialisme charrie de violences racistes, d’expulsions, d’humiliations et assassinats, le tout sous un régime d’apartheid imposé aux PalestinienNEs.
Depuis toujours, les États impérialistes se distinguent par leur appui sans faille à Israël. Trump propose un “plan pour la paix” à Gaza répondant à la même logique que celui pour l’Ukraine, et les entreprises françaises se distinguent d’ailleurs par le maintien d’activités économiques en Russie comme en Cisjordanie occupée. Outre son soutien diplomatique, la France fournit les moyens du génocide par la livraison de matériel militaire. La fascisation de l’État israélien trouve du répondant en France, ou le gouvernement est particulièrement actif pour réprimer les voix de solidarité avec la Palestine. Ce soutien à Netanyahou n’a rien d’étonnant : les États impérialistes sont aussi des États coloniaux qui déploient la police, la justice et les médias pour viser les populations raciséEs, en particulier arabo-musulmanes, et celleux qui, en particulier à gauche, luttent à leurs côtés.
De l’Ukraine à la Palestine, l’occupation est un crime !
Porté par des millions de personnes, un mouvement de fond s’est mis en marche et obtient des résultats : la reconnaissance de l’Etat palestinien, si symbolique soit-elle, contribue à renforcer l’isolement d’Israël. Partout, les peuples comprennent l’impérieuse nécessité de se soulever pour la survie du peuple palestinien : par les manifestations massives dans de nombreuses villes et campus du monde entier ; par la grève générale comme en Italie ; par les campagnes de boycott du mouvement BDS ; et bien sûr par la solidarité internationale matérialisée par les flottilles pour Gaza.
Les réactionnaires et les fascistes au pouvoir appliquent leur programme politique contre les peuples du monde entier. C’est en luttant au côté des peuples opprimés que nous pourrons construire la riposte. Quand nous luttons pour les PalestinienNEs, nous luttons pour notre monde. Quand nous exigeons justice et liberté pour la Palestine, c’est contre le racisme et l’oppression coloniale que nous nous dressons. Quand nous crions pour la Palestine, nous crions pour l’autodétermination des peuples, pour une solidarité internationaliste qui va de l’Ukraine à la Kanaky en passant par le Soudan ou le Sahara occidental. Dans cette chaîne immense qu’est l’humanité en lutte, la cause palestinienne nous rappelle depuis 78 ans qu’aucunE de nous n’est vraiment libre tant que tous les peuples ne le sont pas. Free Palestine !
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Ukraine : Face au plan Trump-Poutine, résistance antifasciste !
Un an après la réélection de Trump, les contours d’un ordre mondial dominé par les autocrates se partageant des « sphères d’influence » se clarifient. Le plan Trump-Poutine pour l’Ukraine s’inscrit dans la continuité du plan pour Gaza. Les néofascistes s’entendent sur le dos des peuples, la barbarie militaire et les pratiques génocidaires sont récompensées par des « accords de paix » aux conditions de l’agresseur.
La révélation du plan en 28 points, qui reprend la quasi-totalité des exigences de Vladimir Poutine, a eu l’effet d’un choc violent pour les UkrainienNEs, déjà épuiséEs par bientôt quatre ans de guerre sanglante — mais aussi pour une Union européenne éclectique, en quête de « défense » et de politiques autonomes. La proposition divulguée par les États-Unis conduirait à la capitulation de l’Ukraine sur tous les plans.
Un plan de capitulation militaire et territorial
Sur le plan militaire, l’armée ukrainienne devrait être réduite de moitié, perdrait l’accès aux renseignements US et à toute aide en matériel, abandonnerait les armes qui lui permettent des tirs de longue portée. Aucune armée étrangère ne pourrait stationner sur le territoire ukrainien. Au niveau territorial, l’Ukraine devrait céder non seulement la Crimée et les autres territoires occupés, mais aussi les parties des régions non conquises par la Russie de Poutine.
Un plan de capitulation économique et politique
Sur le plan économique, ce sont les États-Unis qui bénéficieraient d’un accès privilégié aux ressources et aux contrats de reconstruction en Ukraine. La souveraineté politique serait remise en question, avec l’obligation de rétablir la branche ukrainienne du Patriarcat de Moscou de l’Église orthodoxe et de reconnaître le russe comme langue officielle. Enfin, les garanties de sécurité future se limiteraient à « l’engagement » du régime russe à ne plus attaquer l’Ukraine et ses voisins : une victoire pour celui qui a déjà montré le peu de valeur de sa parole, pendant que les UkrainienNEs devraient inscrire dans leur Constitution l’impossibilité de rejoindre l’OTAN. En outre, l’amnistie totale serait accordée à l’ensemble des dirigeants russes…
L’Ukraine et l’UE dos au mur
En cas de refus, l’Ukraine mais aussi l’UE se retrouveraient lâchées par les États-Unis, dont elles dépendent encore pour résister aux menaces russes qui, au-delà de l’Ukraine, inquiètent tous les pays de l’ancienne URSS et d’Europe de l’Est. L’Ukraine est dos au mur, mais Zelensky, soutenu par l’UE, a rejeté le plan tout en s’engageant à des négociations de paix se basant sur les 28 points — et sur des contre-propositions de l’UE. Poutine, de son côté, se frotte les mains tout en réévaluant ses exigences à la hausse, c’est-à-dire la fin complète de l’indépendance de l’Ukraine, espérant la fragilisation intérieure du régime Zelensky face aux coûts humains et civils de la guerre et à la corruption.
Une accélération de la fascisation mondiale
Une capitulation de l’Ukraine serait une catastrophe pour ses populations, livrées à la violence génocidaire du régime poutinien, mais aussi un feu vert pour d’autres « incursions » russes, pour les ambitions de Trump sur le Groenland, ou encore de Pékin sur Taïwan. Plus largement, ce serait un coup terrible pour notre camp social et une accélération de la fascisation mondiale en cours. La lutte du peuple ukrainien est au cœur de la résistance antifasciste du 21e siècle — contre le pacifisme abstrait et le militarisme. Les extrêmes droites ne s’y trompent d’ailleurs pas en soutenant comme un seul homme le plan Trump-Poutine. Toujours indépendante des politiques du gouvernement Zelensky et de nos gouvernements, notre mobilisation va être essentielle dans les semaines à venir. De l’Ukraine à la Palestine, l’occupation est un crime !
Groupe Solidarité Ukraine du NPA
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En Cisjordanie, la colonisation se poursuit...
Pendant que le génocide se poursuit à Gaza, la colonisation des territoires palestiniens occupés s’accélère en Cisjordanie, avec une très grande violence.
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Gaza : Une résolution de l’ONU scandaleuse et coloniale !
La résolution 2803 organise la poursuite du contrôle israélien sur Gaza. Elle entérine une fragmentation coloniale du territoire, s’appuie sur des milices supplétives et prépare la poursuite durable de l’oppression des GazaouiEs. Notre seule réponse doit être la mobilisation pour la justice et la libération.
La résolution 2803 a été adoptée la semaine dernière à l’unanimité, à l’exception de la Russie et de la Chine qui se sont abstenues. Elle est donc censée être appliquée. Il s’agit théoriquement de la mise en musique du plan dit « Trump » en 20 points : ses premiers jalons — retrait de l’armée d’occupation de Gaza, cessez-le-feu, entrée de l’aide humanitaire — devaient être engagés en échange des otages.
Israël ne respecte aucune des exigences qui lui incombent
Depuis l’annonce du cessez-le-feu, on compte plus de 500 violations et plus de 300 morts. L’aide humanitaire n’entre qu’au compte-gouttes, et de nombreux témoignages concordent pour dire qu’elle est bloquée en Jordanie ou à la frontière égyptienne.
Concernant le retrait des troupes, Israël a instauré deux zones : une « zone rouge », placée sous le contrôle des PalestinienNEs, et une « zone verte » — qui reprend le nom de la zone coloniale installée par l’armée US au centre de Bagdad après l’invasion de 2003 — séparées par une « ligne jaune ». Cette ligne coupe Gaza en deux en s’appuyant sur les corridors nord et sud, rendant — si c’était encore possible — l’enclave plus verrouillée encore. Israël contrôle ainsi Rafah au sud, Beit Hanoun au nord et la quasi-totalité des terres cultivables.
Pire encore, selon le journal israélien Maariv, l’armée israélienne équipe et protège des gangs armés, autorisés à agir de part et d’autre de la ligne jaune. La zone verte leur sert de base arrière, alors même qu’il est interdit aux GazaouiEs de s’en approcher sous peine de mort. Pour le gouvernement israélien, ces clans armés sont de potentielles alternatives pour la gouvernance future de Gaza, en opposition au Hamas. En pillant l’aide destinée à une population affamée, ils ont montré qu’ils ne cherchent en rien à protéger les civilEs et qu’ils n’ont aucun scrupule à servir les intérêts d’Israël. Ce recours à des milices auxiliaires pour réprimer, voire organiser des massacres, sans s’impliquer directement, est une méthode qu’Israël a déjà employée, notamment au Sud-Liban ou lors de Sabra et Chatila. C’est une façon d’opérer dont Israël est familier.
Sans les GazaouiEs, contre les GazaouiEs
Pour le reste de la résolution — la force d’interposition (ISF), la gouvernance de Gaza (« gouvernement technocratique », selon les termes du texte) et la démilitarisation du Hamas —, le chemin est bien moins tracé. Malgré le vote, les États ne se bousculent pas pour envoyer des troupes, et le flou domine pour l’instant. Plusieurs plans provisoires ont bien été avancés par les autorités américaines, mais une chose est sûre : on ne demandera pas son avis au peuple de Gaza. Et il ne sera pas prioritaire, puisque les « efforts » de reconstruction se concentreront d’abord sur la zone verte, tandis que la rouge restera en ruine.
Les PalestinienNEs susceptibles d’habiter cette zone verte devront prouver qu’ils et elles — ainsi que leur famille — n’ont eu aucun lien avec le gouvernement du Hamas au cours des vingt dernières années. Cette exigence va exclure une part très importante de la population, le Hamas administrant toute la bande depuis précisément vingt ans. Elle crée de facto un nouveau bantoustan et ajoute une division supplémentaire à l’apartheid israélien. Il n’y a, enfin, aucune raison de croire les promesses de Trump, d’Israël ou des pays arabes complices. Tout porte à croire, au contraire, que seules celles qui promettent l’enfer aux PalestinienNEs seront tenues.
Face à cette indécence, solidarité et mobilisation
Les grandes lignes de ce plan et de cette résolution sont tout simplement scandaleuses, et faire miroiter un État palestinien à l’issue du processus est simplement une insulte à l’intelligence, à l’humanité et à la décence minimale.
Les PalestinienNEs ne peuvent compter que sur le soutien international, la pression sur les gouvernements complices, les sanctions sur Israël. Tous et toutes le 29 novembre pour défendre ces revendications élémentaires de justice.
Édouard Soulier
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La résistance puise dans le sang et les larmes, la terre et l’amour...
Combien de temps encore les enfants de notre terre seront-ils assassinés jour après jour en Palestine ? Combien de temps encore des petits corps démembrés, couverts de sang et de poussière, s’entasseront-ils dans les morgues de Gaza ?
Le 17 novembre au Conseil de sécurité de l’ONU, l’impérialisme est apparu sous son jour le plus laid, revêtu de son costume de processus de paix et de légalité. Quelle insulte envers les Palestiniens et quiconque place encore ses espoirs dans le droit. Honte à la France, pays des droits de l’Homme, qui plébiscite un droit perverti à des fins de normalisation du génocide et du nettoyage ethnique.
Cette résolution impose aux Palestiniens le pire scénario de dystopie devenue réalité : la récompense du terrorisme d’État, la légalisation de l’état de fait colonial, du blocus militaire, du déni de justice.
Après deux ans de passivité coupable, le Conseil de sécurité saborde le droit en bafouant les principes les plus élémentaires consignés dans sa propre Charte et mandate ceux qui fournissent les bombes d’une tonne qui assassinent les enfants à Gaza pour former une armée de mercenaires à la solde de l’occupant.
Cette résolution, outre qu’elle blâme les victimes et tente de donner une caution internationale et légale à la violation perpétuelle du droit par Israël, va à l’encontre de la décision de la CIJ du 19.7.2024 imposant la fin de l’occupation et de celle du 22.10.2025 exigeant un accès à l’aide humanitaire sans restriction pour les Palestiniens de Gaza. Elle ignore aussi sept décennies de résolutions rappelant Israël au droit.
Deux mois après qu’une commission d’enquête des Nations Unies — dans le sillage de tous les organismes des droits de l’homme de premier plan — concluait qu’Israël commettait un génocide à Gaza, le Conseil de sécurité gratifie l’État qui viole heure par heure tous les principes de l’ONU ; l’État qui a déclaré le secrétaire général des Nations Unies persona non grata, tout comme la Rapporteuse spéciale pour les Territoires occupés, ainsi que l’UNRWA ; l’État qui a ciblé, kidnappé et torturé le personnel de l’ONU à Gaza, bombardé ses écoles, ses centres de soins, ses entrepôts. L’État qui n’a ratifié ni le Statut de Rome, ni la Convention sur les armes chimiques, ni le Traité de non-prolifération des armes nucléaires. L’État dont les services secrets se vantent d’avoir piégé des appareils électroniques dans tous les pays du monde. (1) L’État qui a légalisé la torture et le viol des prisonniers.
Comment peut-on pervertir le droit au point de récompenser ceux qui jour après jour ciblent les enfants à la tête, mutilent et torturent de sang-froid, forcent les jeunes mères, les enfants et les vieillards à servir de boucliers humains avant de les exécuter ? (2)
Selon Diana Buttu, « ils font payer aux Palestiniens le prix du sionisme, plutôt que de regarder en face le problème, qui est le sionisme. (…) La question fondamentale, c’est qu’on a laissé un État appelé Israël commettre un nettoyage ethnique, nous chasser de nos maisons et de notre pays, et qu’on lui a donné des milliards, en dollars et en armes, pour qu’il commette un nettoyage ethnique et un génocide. » (3)
Deux millions de Palestiniens aux vies broyées vivent dans la poussière de leurs villes disparues. Dans les gravats de maisons d’où émerge parfois un jouet ou un lit d’enfant, dans les avenues et les jardins qui ne sont plus, le désespoir et l’absence de perspectives s’ajoutent aux traumatismes, à la perte, à la peine. Cependant, dans les ruines d’universités et d’hôpitaux réduits à néant, les Palestiniens soignent et enseignent, peignent et sculptent, chantent et dansent.
Personne à Gaza ne sait si le pire est passé ou s’il est à venir. Mais les Palestiniens savent, dans leur chair, que le droit à l’autodétermination et le droit de résister à l’occupation sont des droits sacrés. Ils lisent, dans les yeux de leurs enfants, que le droit de se nourrir et de se soigner ne sont pas négociables.
La résistance est leur héritage — depuis les vergers de Ya’bad dans les années trente et les paysans constitués en groupes de fedayins dans les années quarante, dont la cause était simple : retourner chez eux, moissonner les champs, récolter les fruits, faire paître leurs troupeaux sur leurs terres.
La force de contrôle et de sujétion internationale est vouée à l’échec. Elle ne va pas réussir là où l’occupant a échoué en dépit d’une Nakba systémique depuis 77 ans et de deux ans de génocide, soutenu par plus de 60 pays.
« Les Palestiniens ne se rendront pas », assure Ramzy Baroud. « Ils n’accepteront pas ce nouvel état de fait imposé par les États-Unis, et ils ne se trouveront pas non plus dans une situation où ils n’auront pas le choix. Car il y a toujours un choix, et ce choix, c’est le peuple palestinien, le sumud et la résistance. (…) Que voulez-vous désarmer ? La résistance des Palestiniens est sumud. (…) Vous ne pouvez pas la désarmer. Il s’agit de la volonté collective du peuple. » (4)
Ceux qui se porteront volontaires pour aller tirer sur des adolescents dans un vaste cimetière d’enfants ne forceront pas à la reddition les victimes du génocide. Car les Palestiniens ne luttent pas seulement contre leur propre extermination. Ils sont engagés dans une guerre de libération. Leur lutte nous dépasse, elle a pour nom justice et liberté. Elle puise dans le sang et les larmes, la terre et l’amour. Dans le serment intime que leurs enfants ne subiront pas ce que leurs parents et leurs grands-parents ont subi avant eux.
En résistant, les Palestiniens préservent leur humanité face à une idéologie de la domination et de la destruction. Et affirment ce qui fait défaut à l’oppresseur : grandeur d’âme et dignité.
« La vision d’Israël pour la région est l’hégémonie », analyse Muhammad Shehada. « Les États doivent être dépendants d’eux. (...) Chaque État de la région doit être un État failli ou vassal, mais en aucun cas un État pleinement souverain doté d’un gouvernement représentant son peuple. (…) Les Israéliens sont ivres d’invincibilité et d’impunité, une combinaison qui draine ce qu’il y a de pire dans l’humain : un récit de monopole victimaire doublé d’un récit de supériorité. À cela s’ajoute une impunité totale : vous êtes les victimes, vous êtes supérieurs, vos actes sont justifiés moralement, légalement, politiquement. » (5)
Les Palestiniens devraient être un exemple pour l’humanité. Une leçon de constance, de courage, de lutte à corps perdu pour la justice. Le monde devrait s’incliner devant leur lutte pour préserver l’humanité et le droit. Devant la beauté d’une société bâtie sur l’entraide et la générosité, que l’occupant n’a pas réussi à briser.
Je voudrais terminer par une pensée pour Hala, 9 ans, dont toute la famille repose sur les dalles de l’hôpital. Pour les familles de Mourad, 15 ans, Abdallah, 16 ans, Muhammad, 16 ans, Bilal, 15 ans, Mohammad, 15 ans, Jadallah, 15 ans, tous assassinés de sang-froid, sous le regard du monde, en Cisjordanie occupée, depuis début novembre. Le monde a vu chacun de ces garçons — à Tubas, à Beit Ummar, à Halhul, à Tulkarem, à El-Bireh, à Ein Sultan — agoniser aux pieds des soldats avant d’être enlevé par l’armée d’occupation.
Marie Schwab
(1) Former Mossad Chief Brags About Booby Trapped Devices Being Everywhere (vidéo), The Young Turks, 6.11.2025
https://www.youtube.com/watch?v=b-PZjmKSBWQ
(2) Majd Jawad, Palestinian women share how Israeli forces used them as human shields in Gaza and the West Bank, Mondoweiss, 28.10.2025
(3) Israeli Attacks surge Across the Occupied West Bank & The Epstein Files (vidéo), Drop Site News, 12.11.2025 https://www.youtube.com/watch?v=wfCJZTd-FIE
(4) Is UNSC Resolution 2803 a ‘Peace Plan’ or a New Mandate Over Palestine ? (vidéo), The Palestine Chronicle, 19.11.2025 https://www.palestinechronicle.com/floodgate-analysis-is-unsc-resolution-2803-a-new-mandate-over-palestine/
(5) From Abu Ghraib to Sde Teiman : The Racist Ideology Behind the Abuse / Palestine this week with Muhammad Shehada (vidéo), Middle East Monitor, 20.11.2025https://www.middleeastmonitor.com/20251120-from-abu-ghraib-to-sde-teiman-the-racist-ideology-behind-the-abuse-palestine-this-week/
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Contre Trump et Poutine, continuer à soutenir la résistance ukrainienne !
Après l'annonce du plan de "paix" de Trump et Poutine, le NPA l'anticapitaliste tient à réaffirmer son soutien et sa solidarité totale au peuple ukrainien, à sa résistance armée et non armée.
Ce pseudo plan de paix en 28 points est dans le prolongement de celui que Trump a prévu pour Gaza : Les néofascistes s’entendent sur le dos des peuples agressés. La barbarie militaire et les pratiques génocidaires sont récompensées par des « accords de paix » aux conditions de l’agresseur.
Un tel « accord" élaboré sans l’UE et dans le dos du peuple ukrainien ne propose rien d'autre que la capitulation totale de l'Ukraine : cession des territoires conquis et non conquis, réduction de moitié de son armée, rétablissement du patriarcat de Moscou, reconnaissance du russe comme langue officielle, amnistie pour tous les criminels de guerre russes, financement et logique de la reconstruction au bénéfice des Etats-Unis. En contrepartie, la Russie ne s'engage à rien, pas même à rendre les 20.000 enfants ukrainiens déportés pour être russifiés.
Une capitulation de l’Ukraine serait une catastrophe pour ses populations, livrées à la violence génocidaire du régime poutinien. Elle encouragerait d’autres politiques d’annexions de la Russie sur ses marges, ou encore les États-Unis vers le Groenland ou la Chine vers Taïwan. Plus largement, ce serait un coup terrible pour notre camp social et une accélération de la fascisation mondiale en cours et à sa logique de partage de sphères d’influence entre autocrates. La lutte du peuple ukrainien est au cœur de la résistance antifasciste du XXIème siècle. Les extrêmes droites ne s’y trompent, d’ailleurs, pas en soutenant à l'unisson le plan Trump-Poutine.
Depuis l’invasion russe de l’Ukraine, en février 2022, de larges pans de la gauche renvoient dos-à-dos agresseurs et agressés, prétendent que l’OTAN menaçait la Russie, et réitèrent leurs appels à "la paix" en faisant de la résistance armée ukrainienne et de l’aide reçue les causes de la guerre - sans voir les crimes de guerre commis par les forces d’occupation : ils exigent donc l'arrêt des livraisons d'armes à l'Ukraine. Les connivences Trump/Poutine et les paix impériales et génocidaires qui se dessinent rappellent qu'il ne peut y avoir de paix sans justice pour les peuples colonisés. Le sort des ukrainien•nes et de leurs enfants dans les territoires occupés en témoigne de manière tragique.
Le NPA l’Anticapitaliste reste plus que jamais mobilisé en faveur de l'autodétermination du peuple ukrainien et continuera d'apporter son soutien à nos camarades militant•es en Ukraine qui résistent sur le front, les armes à la main, et à l'arrière au côté des populations civiles.
Les États européens doivent apporter l’aide militaire, matérielle, financière dont l’Ukraine a besoin pour défendre son indépendance, et d’utiliser pour ce faire les avoirs russes gelés et les profits des industries d’armement : nous réclamons l'annulation de la dette ukrainienne ainsi que le respect des sanctions contre la Russie : en continuant de lui acheter gaz et pétrole, l'UE verse plus d'argent à la Russie qu'elle n'en verse à l’Ukraine ! Des sanctions doivent s’appliquer contre les entreprises françaises qui continuent de financer la guerre de Poutine, au premier rang desquelles Leroy Merlin et L'Oréal qui à elles deux ont versé plus de 175 millions d'euros à l'État russe en 2024.
Notre mobilisation va être essentielle dans les semaines à venir, toujours indépendante des politiques du gouvernement Zelensky et de nos gouvernements. Contre tous les accords sur l’Ukraine sans l’Ukraine et les projets de paix impériale : De l’Ukraine à la Palestine, l’occupation est un crime !
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Sortir l’antispécisme des marges...
Si aujourd’hui la plupart des personnes se disent opposées à la maltraitance animale et contre l’élevage intensif, ce n’est guère parce qu’il existerait une volonté collective de changement. Bien que ces opinions ne soient plus admises au sein de notre société, la majorité des gens reste en faveur de l’abattage. Force est de constater que l’idée qu’un animal puisse être tué dignement perdure… Alors, comment faire pour que cesse cette production massive et à grande échelle de la mise à mort d’innombrables êtres sentients ?
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L’aide humanitaire à Gaza : le nouvel outil colonial...
Cet article aborde l’actualité et les répercussions des actions menées par les nouvelles structures (in)humanitaires privées récemment mises en place à Gaza. La façon dont les dynamiques sécuritaires post-2001, la destruction du secteur public de l’action humanitaire, les périodes de mise en œuvre et d’application de cette aide font de celle-ci un outil colonial voilé sous l’étendard de la Gaza Humanitarian Foundation (GHF). Ce qui semble être une solution matérielle et temporaire aux conséquences de l’impérialisme — à savoir l’aide humanitaire — n’est que son parachèvement.
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COP30, réagir avant qu’il ne soit trop tard...
Marquée par l’absence des États-Unis et de plus de la moitié des chefs d’État concernés, la COP30, à Belém du 10 au 21 novembre, est la preuve du recul général sur le front de la lutte contre le dérèglement climatique.
Dix ans après les accords de Paris, le bilan est sévère. L’objectif des 1,5 °C ne sera pas tenu, la 7e limite qui garantit l’habitabilité de la planète est dépassée : les océans s’acidifient et perdent leur capacité d’absorber le CO₂. La biodiversité qu’ils renferment est menacée. Les événements climatiques extrêmes se multiplient : incendies de forêts, inondations, tornades meurtrières. Plusieurs points de bascule vont être atteints (extinction des récifs coralliens, fonte des glaciers polaires, modification des courants océaniques), ouvrant sur un futur inquiétant et imprévisible.
Bilan catastrophique, responsables identifiés
La course effrénée aux profits, aveugle à l’urgence climatique, privilégie les intérêts des plus riches au détriment de l’intérêt général. Trois dossiers majeurs ne seront pas traités à la COP. L’autorisation d’exploiter le pétrole près de l’embouchure de l’Amazone est le symbole de la poursuite des énergies fossiles. Sous la pression de Trump, les négociations internationales pour diminuer les émissions du transport maritime ont été abandonnées. Enfin, les grands noms de l’agro-industrie sont des invités choyés par le président Lula, qui leur a réservé Agrizone, un espace dédié.
La plupart des gouvernements, l’UE en particulier, poussés par les forces climatosceptiques de la droite et de l’extrême droite, abandonnent progressivement les mesures environnementales. Ils concentrent leurs efforts sur les budgets militaires au détriment des politiques de justice sociale et climatique. Les mesures décisives de prévention qui pourraient limiter les dégâts ne seront pas prises.
Un mouvement international de résistance s’organise
La présidence de la COP préfère les 1 600 lobbyistes des fossiles aux représentantEs des peuples autochtones, refouléEs lorsque ils et elles ont voulu présenter leurs revendications. À leur côté, une multitude d’organisations et de mouvements écologistes, syndicaux, féministes et anticapitalistes sont réunis à Belém pour repenser leurs stratégies, coordonner et renforcer les processus de lutte et de résistance. Dimanche, plus de 50 000 manifestantEs ont crié leur colère contre la « COP des lobbyes ».
Nous devons amplifier ces mobilisations contre les projets écocides, contre l’extractivisme minier et l’agro-industrie, pour défendre le vivant (espèces menacées, forêts, mangroves et zones humides…). Chaque fraction de degré évitée limite la dégradation de nos conditions de vie et la destruction des écosystèmes. Nos luttes s’inscrivent dans un cadre internationaliste évident : les ravages environnementaux n’ont pas de frontière.
Contre notre ennemi commun, le capitalisme prédateur, notre objectif est le même : construire une société de justice sociale et climatique. Nous l’appelons écosocialisme.
Commission nationale écologie