Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Communiqués du NPA... - Page 25

  • L’extractivisme aujourd’hui...

    L’extractivisme doit être compris comme un phénomène global de prédation (dont les proies sont à la fois des humainEs et des non-humainEs) pour prendre en compte le contexte de dissymétrie Nord/Sud et la dimension écologique de cette oppression.

    Activités pétrolières, minières, forestières, agricoles 

    Les pratiques extractives concernent les minéraux (cuivre, lithium...), les hydrocarbures, l’eau, le sable et le bois, et les matières premières issues de l’agriculture (aliments du bétail ou biocombustibles), les produits de la sylviculture et de la pêche. On inclut dans cette catégorie les projets d’infrastructures de grande envergure — ports, réseaux ferroviaires ou routiers, servant à faciliter l’accès aux projets extractifs et le transport des ressources naturelles. De nombreuses ressources « renouvelables », comme la forêt ou les réserves halieutiques, disparaissent parce que le niveau d’extraction dépasse largement leur taux de renouvellement naturel. 

    Ces activités pétrolières, minières, forestières, agricoles occasionnent une dégradation grave et irréversible du milieu naturel par l’utilisation de produits chimiques toxiques (cyanure, acide sulfurique, etc.) et agrotoxiques (pesticides et autres produits phytosanitaires). Les mines consomment beaucoup d’eau, elles produisent de grandes quantités de déchets toxiques. Les conséquences environnementales de l’extractivisme agricole ne sont pas moins graves : déforestation (au Brésil pour le soja, en Indonésie pour les biocarburants) et détournement de la vocation vivrière des sols. Elles engendrent dans les pays du Sud principalement de graves violences sociales jusqu’à la guerre, des atteintes aux droits collectifs et humains, une aggravation de la délinquance et de la violence, de la prostitution et du patriarcat.

    La fiction de la transition énergétique

    L’extractivisme — sous ses différentes formes — trouve dans la transition énergétique un récit qui lui convient et qui le légitime. Elle devient le paravent qui masque la poursuite de la croissance capitaliste à tout prix. 

    Pour fabriquer des batteries électriques, des éoliennes, du photovoltaïque — nécessaires à la « transition énergétique » — il faut du lithium, du cobalt, du cuivre, etc. L’industrie minière est ravie, la voilà propulsée en avant-garde de l’écologie. 

    Les politiques extractivistes sont au cœur des luttes environnementales, internationalistes, antiracistes et décoloniales, lieu naturel de composition des luttes (peuples autochtones, colonisés ou esclavisés, peuples sacrifiés au Nord et au sud). Ces luttes remettent en cause les logiques coloniales et néocoloniales de toutes les formes de prédation impérialiste. 

    La multiplication des projets extractivistes marque l’urgence d’une mobilisation internationale.

    Commission nationale écologie

  • Colonisation et destructions des écosystèmes aux fondements du capitalisme...

    Le capitalisme n’a pu s’imposer que grâce à un processus de plusieurs siècles incluant exploitation du travail humain, appropriation-destruction des terres et des écosystèmes, colonialisme et génocide des peuples autochtones. 

    La destruction des communs — champs ouverts et pâturages communs, forêts… —, débutée en Angleterre, s’étendra au reste de l’Europe et du monde avec un triple effet : l’apparition d’une masse de pauvres condamnés à vendre leur force de travail, l’amorce de la transformation des ressources naturelles en marchandises et… une accumulation d’argent entre les mains de la classe dominante.

    Nouveaux gisements de rentabilité

    Dès les origines, le capital se heurte aux limites, à l’épuisement des ressources et à la nécessité de trouver de nouveaux gisements de rentabilité.

    C’est le début de l’extractivisme génocidaire pour les métaux précieux, d’abord l’or aux Antilles, cause de l’anéantissement du peuple Taïno, et dans tout le continent sud-américain. « Ils convoitent l’or comme des porcs affamés »1. Puis l’argent, au prix du servage — la mita — et de la mort de millions d’êtres humains, de l’accaparement de l’eau, de la pollution au mercure. L’argent qui fut l’un des plus puissants moteurs de la première mondialisation.

    La canne à sucre fut la première monoculture tropicale destinée à l’exportation vers l’Europe. Le modèle de la plantation désigné par Malcolm Ferdinand comme « l’habiter colonial »est fondé sur trois actes principaux : la prise de la terre ; le défrichage-abattage des arbres, la destruction des sols, la perte de biodiversité, la pollution ; le génocide de peuples amérindiens, les violences faites aux femmes amérindiennes et noires, la traite et l’esclavisation de millions de Noirs. 

    Exploitation coloniale

    La révolution industrielle n’aurait pas été possible sans l’accumulation de capital due à l’exploitation coloniale de la force de travail et des autres ressources naturelles.

    La vapeur et le charbon, auxquels le capitalisme du 19e siècle lie son sort, impliquent un nouveau saut dans les destructions écologiques (pollution des eaux, des sols et de l’air dans les régions minières et les villes d’Europe, dégradation des terres due à la rupture du cycle des nutriments), du fait de l’urbanisation et de l’extension des monocultures d’exportation dans les pays coloniaux — hévéa, coton, café, thé… — au détriment des populations locales, de leurs économies, de leurs cultures vivrières... et de leurs forêts.

    Commission nationale écologie

    • 1. Récit Nahuatl sur les cohortes sanglantes de Cortès, cité par Eduardo Galeano – Les veines ouvertes de l’Amérique latine.
  • Retour sur le 25 novembre : toutes unies contre les violences et les féminicides...

    À l’occasion de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, de nombreuses manifestations ont eu lieu partout dans le monde. En France, où près de 80 000 femmes ont manifesté, la journée était marquée par le procès Mazan1, qui depuis plusieurs mois vient fortement impacter le débat public sur le viol, son intentionnalité, l’impunité des agresseurs et la place du consentement dans la loi. Il y aura un « avant et un après » Mazan car Gisèle Pélicot est devenue un symbole pour de nombreuses femmes qui se reconnaissent dans son histoire.

     

    Le mouvement féministe face au Backlash

    Ce procès concentre une forme exacerbée de la violence faite aux femmes. L’écho important de ce procès est également lié à deux éléments marquants de la période : d’une part une exacerbation des antagonismes de classe (avec une forte polarisation due à la montée de l’extrême droite) et, d’autre part, un accroissement des tensions lié aux avancées obtenues par les luttes des femmes    Des études récentes ont montré un écart de plus en plus marqué entre les hommes et les femmes des plus jeunes générations sur les questions sociales et l’adhésion aux valeurs féministes.

    Depuis le mouvement MeToo, les violences faites aux femmes sont plus visibles et moralement condamnées : Le rapport de l’ONU, sorti ce 25 novembre, rapporte que le nombre de féminicides (80 000 par an, soit 1 toutes les 10 minutes) est beaucoup plus élevé que leur évaluation initiale du fait d’un meilleur recueil des données. Le nombre de plaintes pour agression sexuelle et viol a augmenté dans la foulée des mouvements de dénonciation des violences.

    Inversement on observe un fort backlash, antiféministe et réactionnaire, visant à protéger les agresseurs et attaquer les femmes et leurs droits. Après l’élection de Trump, les mouvements masculinistes ont éructé « Your Body, My Choice [Ton corps, mon choix] ». D’après le dernier rapport du Haut Conseil pour l’Égalité Femmes-Hommes, le sexisme s’ancre et progresse en France. En Italie, le gouvernement Meloni menace et dégrade l’accès à l’IVG. Pour protester contre ces attaques, elles étaient 150 000 manifestantes à Rome pour ce 25 novembre.

     

    Le 25 novembre : date de solidarité internationale

    Ce 25 novembre nous rappelle la solidarité internationale d’abord avec les femmes victimes des guerres, des violences sexuelles et de génocide, en particulier en Palestine, en Ukraine, au Soudan, au Congo. En Afghanistan, le gouvernement taliban a annoncé que les femmes ne seront plus autorisées à poursuivre des études de santé, notamment dans les écoles de sages-femmes et infirmières. À Téhéran, une étudiante qui s’est dévoilée et déshabillée au sein de son université pour protester contre le port du voile obligatoire a été arrêtée puis internée en hôpital psychiatrique. Au Mexique, la violence contre les femmes prend des proportions atroces : 10 femmes meurent chaque jour sous les coups, et des milliers de femmes disparaissent chaque année.

    La solidarité entre femmes dans le monde entier se construit grâce au partage de nos mobilisations et de nos expériences de lutte. Ainsi, suite à l’élection de Trump aux États-Unis, un certain nombre de femmes ont revendiqué de reprendre le mouvement des 4B des femmes de Corée du Sud : les mouvements des femmes s’étendent et se consolident partout dans le monde. Le capitalisme et le patriarcat n’ont pas de frontière, notre solidarité féministe et nos luttes les détruiront !

    Commission nationale d'intervention féministe

  • Lettre du NPA l'Anticapitaliste à La France Insoumise...

    Chères et chers camarades de La France insoumise,

    Nous avons pris contact avec vous en décembre, notamment autour de la question des licenciements et des mobilisations à construire, un peu avant que la motion de censure ait les conséquences institutionnelles que nous connaissons.

    Par cette lettre, nous tenons à vous redire que nous souhaiterions vous rencontrer pour discuter de la situation sociale et politique et des initiatives que nous pourrions prendre ensemble. La crise politique qui perdure nous oblige à l’unité et à la radicalité.

    La montée de l’extrême droite, la menace de l’arrivée au pouvoir du Rassemblement national – que ce soit à l’occasion d’élections législatives, de la nomination d’un nouveau gouvernement par Macron ou de la prochaine présidentielle – est un danger mortel pour les classes populaires.

    Nous estimons que, face à cette menace, l’unité de la gauche est nécessaire, dans la rue bien sûr, et aussi, souvent, dans les urnes.

    Sur bien des combats, nous nous retrouvons avec vous : contre le racisme, pour la Palestine, contre les inégalités sociales grandissantes et les attaques du capitalisme sur les services publics et la protection sociale, contre les accents guerriers que prennent les dirigeants à l’échelle du monde dans la concurrence économique que les États se livrent et également pour l’indépendance de la gauche vis-à-vis de Macron et du gouvernement, ainsi que sur le rejet de la Ve République la nécessité d’une constituante, et l’idée qu’il faut dégager Macron. Même si notre rapport aux élections et aux institutions ne converge pas toujours, nous sommes convaincus que nous partageons des éléments essentiels quant à la nécessité de l’implication des classes populaires dans le champ politique.

    Nous pensons qu’une contre-offensive du monde du travail et des classes populaires est une nécessité absolue : sans changement du rapport de forces politique, lequel ne peut venir que de mobilisations populaires, la victoire de l’extrême droite nous semble inéluctable. Pour cela, il est nécessaire de penser l’unité de la base au sommet, que ce soit dans la rue ou dans les urnes, afin de développer des outils pour résister. C’est dans ce sens, que nous continuons à défendre la construction du NFP et de son programme partout où nous sommes présents. 

    Par ailleurs, nous partageons l’idée de consolider une gauche indépendante de Macron et de son gouvernement, fidèle à ses valeurs et au programme qui était celui du NFP. C’est pourquoi nous pensons qu’il est nécessaire de renforcer la gauche de rupture, celle qui refuse les compromis avec Macron et qui pense que face à la crise systémique du capitalisme, il est nécessaire de penser à une alternative globale.

    Nous vous proposons donc de nous rencontrer pour discuter de la situation actuelle, de quelles campagnes nous pourrions mener ensemble, de comment construire une gauche de rupture, et d’inclure dans cette discussion un échange sur les prochaines élections.

    Veuillez recevoir, chères et chers camarades, nos salutations anticapitalistes.

    Le Comité exécutif du NPA-l’Anticapitaliste

  • Solidarité avec le peuple sahraoui face à l'attentat odieux à Copenhague...

    Le NPA-l’Anticapitaliste condamne avec la plus grande fermeté l’attentat qui a visé hier soir les locaux de l’ONG Global Aktion et du Front Polisario à Copenhague.

    L’incendie volontaire et les inscriptions haineuses telles que « Nique le Polisario » et « le Sahara appartient au Maroc » ne sont rien d’autre que des actes de lâcheté et de violence coloniale.

    Cet attentat est une attaque directe contre ceux qui, en Europe comme ailleurs, se battent pour la justice et la liberté du peuple sahraoui. Il témoigne de la persistance d’une haine nationaliste et coloniale qui refuse de reconnaître les droits légitimes du peuple sahraoui à l’autodétermination.

    Le NPA-l’Anticapitaliste réaffirme son soutien indéfectible au peuple sahraoui, traqué jusque sur le sol européen par des forces qui veulent le réduire au silence et l’effacer. Nous exprimons notre solidarité avec Global Aktion et le Front Polisario, ainsi qu’à leur lutte commune pour la fin de l’occupation du Sahara occidental.

    Face à la montée des attaques contre les mouvements antifascistes et anticolonialistes et les défenseurs des droits humains, il est plus que jamais nécessaire de renforcer la solidarité internationale. Le peuple sahraoui doit pouvoir vivre libre et décider de son avenir sans craindre les menaces et les violences.

    Nous appelons à une mobilisation de toutes les forces progressistes pour dénoncer cet acte ignoble, défendre le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui, et faire barrage à la haine coloniale.

  • Licenciements : faire face à la vague qui vient...

    Les annonces de plans de licenciements s’enchaînent : automobile, chimie, métallurgie… aucun secteur n’est épargné. Et les coupes budgétaires envisagées vont avoir de lourdes conséquences sur l’emploi dans les collectivités territoriales et dans les secteurs de la culture ou du social, par le biais des subventions.

    Aux annonces de licenciements dans le privé s’ajoutent les précédentes annonces concernant la fonction publique d’État : dans l’éducation, aux finances publiques, au ministère du travail. On sait que pour un emploi industriel supprimé ce sont plusieurs emplois indirects qui sont menacés. Au total, probablement plus de 500 000 emplois risquent d’être supprimés. Avec des conséquences dramatiques pour ceux et celles d’entre nous qui seront concerné·es. C’est aussi un élément de l’accélération de la crise globale.

    Rendre visibles les licenciements et leurs conséquences

    La CGT a recensé les plans sociaux et autres licenciements dans une carte interactive disponible sur le site du syndicat1. Cet état des lieux alarmant est repris depuis peu par la presse, qui donne à voir l’accélération de la crise. Il reste très difficile de chiffrer précisément les emplois indirects qui pourraient disparaître dans le sillage des plans déjà annoncés. L’exemple de Vencorex en Isère est probablement un des pires : dans la foulée des 425 emplois supprimés sur 450, les salarié·es estiment que c’est sans doute plus de 5 000 emplois qui vont être impactés, entre les entreprises qui dépendent de l’activité de Vencorex et les divers emplois induits par l’activité de la plateforme chimique.

    La pauvreté progresse en France2 et les associations caritatives ont, à plusieurs reprises, alerté le gouvernement. Le basculement dans le chômage de plusieurs centaines de milliers de personnes va aggraver la situation. Les familles monoparentales en sont déjà les premières victimes3, essentiellement des femmes seules avec enfants. Et comme elles constituent 63 % des emplois de la fonction publique, elles seront les premières touchées par les coupes budgétaires.

    La réforme de l’assurance chômage est toujours en suspens. Avec la réduction des dépenses, la volonté du patronat de faire main basse sur l’argent de nos cotisations qui financent l’assurance chômage, la situation ne peut que s’aggraver. Les projets de réformes mis de côté ces derniers mois auraient engendré la perte de plusieurs mois d’allocation pour près d’un million de chômeuses et chômeurs d’après la CGT4. A cela s’ajoute la réforme des retraites qui oblige à travailler plus longtemps alors que les travailleuses et travailleurs de plus de 60 ans ont déjà un taux d’emploi deux fois plus faible que le reste de la population5.

    Une accélération de la mainmise du capital

    L’ensemble des réformes de l’assurance chômage ou des retraites, les budgets de la Sécurité sociale fixés depuis 1996 par le Parlement et non plus par les « partenaires sociaux », le déremboursement des soins et médicaments, etc. tout cela conduit progressivement à basculer de l’argent « socialisé » vers le privé. Face à une protection sociale qui se réduit, celleux qui en ont les moyens payent des complémentaires santé et retraite, les plus pauvres et notamment les précaires ne bénéficiant plus que de la couverture strictement minimale vers laquelle s’achemine la Sécu. Le transfert d’argent public vers le privé c’est aussi les 260 milliards d’aides aux entreprises accordées par l’État sans contreparties sur la période 2020-20225.

    Nous sommes dans une phase d’accélération de la crise capitaliste après une période de longue dépression6. L’exacerbation de la concurrence internationale, la réorganisation des équilibres impérialistes poussent les capitalistes européens (en France et en Allemagne7 en particulier) dans leurs retranchements et les obligent à prendre des mesures pour maintenir leurs taux de profit. Ils jouent sur deux tableaux : d’une part peser sur la main-d’œuvre en licenciant, en augmentant la productivité, en dégradant les salaires et les conditions de travail ; d’autre part en faisant basculer des secteurs non marchands dans la sphère du profit. Cette prise de profits supplémentaires se fait avec violence pour les classes populaires et la crise politique actuelle en est la transcription dans le cadre institutionnel.

    Vers une séquence de luttes et d’explosions sociales ?

    Ces dernières années nous avons connu des mobilisations importantes et des explosions sociales en marge du mouvement ouvrier traditionnel : Gilets jaunes, réforme des retraites, mouvement féministe, luttes écolo… Aucune de ces luttes n’a été en capacité d’inverser réellement le rapport de force, en bloquant l’économie. La classe laborieuse est morcelée du fait du fractionnement du travail (précarité, uberisation, télétravail, éclatement des grandes unités de production, sous-traitance…) et divisée par le poison du racisme dans un contexte de montée du Rassemblement national. Même si la dernière mobilisation contre la réforme des retraites a donné lieu à un frémissement de re-syndicalisation, on est loin de ce qui serait nécessaire pour organiser les ripostes.

    Face aux plans de licenciements, il est dur de mobiliser des salarié·es épuisé·es physiquement et moralement par leurs conditions de travail. Cela permet aux patrons de s’en sortir à bon compte en lâchant des indemnités « supra-légales » qui deviennent l’unique enjeu des mobilisations. Avec peu de réelles batailles contre les fermetures, les licenciements, pour le maintien des tous les emplois.

    Les problématiques écologiques liées aux industries concernées (chimie, automobile, métallurgie) sont un frein à la solidarisation des populations riveraines et d’une partie des militant·es. À l’heure de l’accélération du réchauffement climatique on ne peut défendre le maintien de l’industrie automobile. De même en Isère : alors que l’on sait que la plateforme chimique pollue la nappe phréatique depuis des dizaines d’années8, comment défendre son maintien ? La crise écologique nous oblige à poser avec davantage de force la question de l’utilité de ce qui est produit, des conséquences du maintien des sites de production mais aussi les impacts sociaux et écologiques de leur disparition ou de leur délocalisation. Difficile d’avoir des réponses qui ne soient pas purement théoriques lorsque le rapport de force est aussi dégradé et que nous n’avons pas la main sur les choix en termes de politique industrielle.

    Faiblesse de l’organisation de la classe laborieuse, conditions de travail dégradées, problématiques écologiques… pèsent contre la possibilité d’une mobilisation face aux licenciements en particulier dans l’industrie. Pourtant, des salarié·es se battent dans leurs usines, leurs collectivités territoriales, leurs services publics. L’avenir des luttes n’est jamais écrit totalement à l’avance. L’injustice ressentie est un puissant moteur de révolte dont il est difficile de prédire sur quoi elle va se déclencher. Même si on sent bien que l’atmosphère sociale est explosive.

    Comment agir dans cette séquence ?

    Pour le NPA, toutes ces luttes sociales participent de la reconstruction de la conscience de classe. Les luttes féministes ou contre le racisme aident à unifier notre classe. La question de l’heure est d’organiser, faire converger toutes ces luttes dans l’affrontement contre le gouvernement et le patronat.

    La première action militante est de soutenir les luttes en cours : aider à leur auto-organisation, passer sur les piquets de grève, alimenter les caisses de grève, etc. Nos porte-paroles se déplacent pour rencontrer les grévistes et amener avec eux les médias pour donner de la visibilité aux luttes. C’est aussi l’occasion de raconter ce qu’on a vu ailleurs, de favoriser les contacts entre les différentes boîtes concernées. Ce n’est pas évident parce que tenir un piquet de grève, occuper son lieu de travail est déjà un effort considérable mais c’est absolument nécessaire pour sortir les conflits de l’isolement et du cas par cas.

    À l’échelle nationale, notre parti a été à l’initiative d’une réunion unitaire à laquelle ont participé une douzaine d’organisations politiques avec l’objectif de soutenir les salarié·es en lutte, de façon complémentaire à l’action des syndicats. Avec meetings, concerts de soutien, marches contre les licenciements… Des déclinaisons locales sont également en cours de construction en particulier dans les bassins directement concernés par des plans de licenciements.

    Nous voulons aussi essayer de construire des perspectives politiques larges parce que si nous ne sommes pas présents sur le terrain social, c’est le Rassemblement national qui va se construire sur la base du désespoir et des politiques antisociales. Il y a donc un enjeu très important et une urgence à construire des perspectives politiques qui aident les mobilisations, qui redonnent de l’espoir dans un avenir meilleur pour notre camp social. Ce n’est pas facile car des divergences existent : certain·es défendent l’interdiction des licenciements, d’autres le droit de veto des travailleuses et des travailleurs, d’autres un moratoire. Sur les questions écologiques aussi il existe des différences en termes d’appréciation et de solutions : sur les productions inutiles ou dangereuses, les relations producteurs-usagers, les cadres de délibération et de décision. Dans un premier temps, il y a une convergence claire autour de la revendication de stopper les licenciements et de se donner du temps pour des reconversions lorsque cela est nécessaire.

    Nous portons la nécessité d’interdire les licenciements, d’assurer la continuité des revenus des travailleuses et des travailleurs, de renforcer la protection sociale et de réduire massivement le temps de travail. Il faut produire moins et mieux, en travaillant moins : moins d’heures par semaine, moins de jours dans l’année, moins d’années dans la vie ! C’est urgent pour nos vies, pour la planète, pour que chacun·e puisse s’épanouir et vivre. Soyons clair : cela suppose de s’affronter aux patrons, au gouvernement, au pouvoir, de remettre en cause fondamentalement le fonctionnement du système capitaliste pour construire une autre société éco-socialiste. 

    Commission intervention sur les lieux de travail

    • 1. CGT, 286 PSE : près de 300 000 emplois menacés ou supprimés. Site cgt.fr, 27 novembre 2024.
    • 2. Observatoire des inégalités, Comment évolue la pauvreté en France ? Site inegalite.fr, 17 juillet 2024.
    • 3. INSEE, L’essentiel sur... la pauvreté. Site insee.fr, 17 octobre 2024
    • 4. CGT, Assurance chômage : la poursuite du saccage après la réforme des retraites. Site cgt.fr, 12 novembre 2024
    • 5. DARES, Les seniors sur le marché du travail en 2023. Site dares.travail-emploi.gouv.fr, 11 septembre 2024.
    • 6. Michael Roberts, La persistance de la longue dépression du capitalisme mondial. Inprecor n°722-723, juillet-août 2024.
    • 7. NPA Auto-critique, Le plan Volkswagen : plusieurs usines fermées et des dizaines de milliers de suppressions d’emplois. Site npa-auto-critique.org, 29 octobre 2024.
    • 8. Grenoble je ne boirai plus de ton eau. Le Postillon n°68, printemps 2023.
  • Tous ensemble : en finir avec la 5e République, changeons de société !

    La censure du gouvernement Barnier, du jamais vu depuis 1962, montre l’approfondissement de la crise politique en France. Celle-ci a pour origine la crise économique mondiale : Macron a besoin de faire payer les salarié·es pour que le patronat maintienne ses profits. La seule issue pour notre camp social est une mobilisation massive qui irait jusqu’au bout pour rompre avec cette société !

    Michelin, Vencorex, Auchan, Arkema, Valéo… Les annonces de licenciements font la Une des journaux locaux, mais il y aussi toutes les petites structures qui licencient ou disparaissent en silence notamment dans le secteur de l’économie sociale et solidaire, faute de subventions (lire les articles de la CILT et de J-C Laumonier, pp. 4-6). Du côté de la fonction publique ce n’est pas mieux avec des milliers de suppressions d’emplois dans l’éducation, les collectivités territoriales (lire l’article de Sally Brina p. 29), les finances publiques (lire l’article de Simon Picou, p. 12).

    En parallèle, le gouvernement essaye de nous faire travailler toujours plus : recul de l’âge de la retraite, suppression d’un jour férié, intensification du travail… les patrons cherchent à détruire tous les mécanismes de solidarité, que ce soit l’assurance chômage, l’assurance maladie, les retraites, les remboursements de médicaments pour récupérer un argent qui aujourd’hui leur échappe.

     

    Les milliards pour les patrons et la misère pour nous

    Avec toutes ces attaques, c’est la fin du compromis social de l’après-guerre. Ce qui se dessine, c’est un retour à une exploitation capitaliste bien plus violente que ce que nous avons connu, quelle que soit notre génération. Le capitalisme est dans une telle crise, que pour préserver les intérêts des plus riches, il doit nous ramener plus d’un siècle en arrière par la précarisation des  travailleuses et des travailleurs, la destruction du système éducatif et de santé ainsi que des protections sociales (voir l’article de Jean-Claude Laumonier p. 14).

    C’est pour étoffer ce diagnostic que nous≠ souhaitions clarifier notre vision de la sécurité sociale (lire l’article de Marianne Perron et Jean-Claude Laumonier p. 22, ainsi que l’entretien avec Nicolas Da Silva p. 17) et notre argumentaire sur le  100% sécu (lire l’article de Janine Carrasco et Frank Prouhet p. 25).

    Là où l’extrême droite est au pouvoir, comme en Italie, en Argentine ou aux États-Unis (lire l’article de Thierry Labica, p. 8), elle mène une politique anti-sociale. L’ensemble des travailleuses et travailleurs paye la crise : Aujourd’hui, comme tout au long du 20e siècle, le racisme maintient les capitalistes au pouvoir et participe à la division de  notre classe (lire les articles de Gilbert Pago p. 31 et Christine Poupin p. 33). En alimentant la haine et les discriminations les plus abjectes, le RN ne sera jamais une solution pour le prolétariat mais il peut constituer une option pour la bourgeoisie dans ce contexte de crise.

     

    Ne comptons que sur nos propres forces

    Aujourd’hui les salarié·es des boites qui licencient, restent isolé⋅es les un⋅es des autres. Chacun⋅e espère sauver sa peau individuellement. D’un côté, les salarié·es du privé se battent pour des primes de départ supplémentaires, mais pas contre les licenciements. De l’autre côté, les salarié·es de la fonction publique ont leurs propres revendications mais ne sont pas rejoint·es par l’ensemble de la population pourtant usagère des services publics. 

    Les grèves des 5 et 12 décembre n’ont pas été le démarrage d’une grève générale reconductible, pourtant nécessaire. Il y a urgence à se rencontrer sur les piquets de grève, dans les rassemblements, dans les réunions syndicales pour partager les revendications, nous coordonner et préparer une riposte collective aux attaques antisociales. Il faut travailler à reconstruire une vision offensive de la lutte des classes.

    Le pourrissement de la 5e République est déjà bien avancé et François Bayrou, prochain homme du compromis avec Macron, ne rompra pas avec cette politique de casse sociale. Ce n’est pas qu’un mauvais casting : l’instabilité politique dans un contexte de faiblesse du mouvement ouvrier et de renforcement croissant de l’extrême droite est un danger pour tou·tes. Malgré l’atonie de notre camp, il faut parvenir à convaincre que seule la construction d’un rapport de force, et non sa délégation à un champ parlementaire acquis au libéralisme, peut nous permettre d’obtenir davantage. Il n’y a que par nos mobilisations, par la grève, le blocage du pays que nous pourrons imposer l’interdiction des licenciements, des projets de reconversions industrielles respectueux des travailleuses et des travailleurs ainsi que de l’environnement, le maintien des emplois et des services publics de qualité, l’élimination de toutes les discriminations, l’abrogation des réformes des retraites et de l’assurance chômage… Il faut travailler moins pour travailler toutes et tous, travailler mieux pour produire ce qui est réellement utile et nécessaire pour préserver la planète et notre santé, pour avoir le temps de vivre dignement. 

  • La bête immmonde n'est pas morte !

    La bête immonde n’est pas morte !

    Il est peut-être la seule personne de qui on ne dira pas qu’elle « a passé l’arme à gauche ». Ce serait nous faire offense. Même dans la mort, Jean-Marie Le Pen ne peut incarner autre chose que le racisme, le colonialisme, l’antisémitisme, l’homophobie et la misogynie.

    Il a résumé à lui seul l’extrême droite française pendant des décennies : des nostalgiques de l’OAS et de l’Algérie française jusqu’aux idéologues nazis et antisémites, en passant par le racisme et le machisme le plus ordinaire… et horripilant.

    Nos premières pensées vont à ses victimes directes, les AlgérienNEs tués et torturés pendant la guerre d’indépendance. Et à ses victimes indirectes, à toutes les personnes qui ont eu à subir le racisme, les discriminations, les injustices voire les injures et les coups. Et elles sont nombreuses, ses victimes, tant il a contribué à décomplexer le racisme, à venir le remettre sans cesse au cœur du débat politique… jusqu’à se hisser au second tour de l’élection présidentielle en 2002.

    Jean-Marie Le Pen mort, cela devait arriver un jour. En revanche, ses idées sont bien vivantes. Il n’est qu’à lire l’hommage d’Éric Ciotti pour se convaincre de son héritage empoisonné : « il a été un lanceur d’alerte précurseur sur l’immigration de masse et ses ravages ». Confirmé par Éric Zemmour.

    Aujourd’hui, sa fille, près de 15 ans après avoir pris les rênes du parti que Le Pen père avait fondé, est aux portes du pouvoir. Ce sont 89 députés du RN qui sont entrés à l’Assemblée nationale en 2022, et 130 en 2024. Et, ils font la pluie et le beau de temps de gouvernements qui hier chassaient les voix du FN et du RN, de Balladur à Sarkozy, et aujourd’hui votent les lois avec eux, de Borne à Barnier. Et, qui sait, demain Bayrou…

    Le nouveau Premier ministre voit d’ailleurs en Le Pen « une figure de la vie politique française » avant d’ajouter « On savait, en le combattant, quel combattant il était », quand l’Élysée se retranche derrière un communiqué en appelant au jugement de l’histoire.

    Notre jugement est fait. Marine Le Pen a fait mine de remiser l’antisémitisme de son père, qui en 1987 pour un clin d’œil à ses camarades négationnistes et nazis avait présenté les chambres à gaz comme « un point de détail de la Seconde Guerre mondiale », pour le remplacer par une nouvelle islamophobie, permettant par ce lifting de mettre le racisme au goût du jour. Elle a rendu le racisme acceptable pour la bourgeoisie et son personnel politique.

    Jean-Marie Le Pen est mort, mais la bête immonde est bien vivante. Nous avons combattu le père et ses amiEs pendant des décennies, nous continuerons de combattre ses héritierEs.

  • Nos vœux pour 2025 : qu’un grand mouvement social dégage Macron et l’extrême droite !

    Le bilan de l’année est terrible : génocide en Palestine, guerre en Ukraine, les morts et le désespoir des habitant·es de Mayotte, sans compter les milliers de migrant·es qui meurent toujours en mer. Mais aussi les licenciements par centaines de milliers qui vont jeter toujours plus de personnes dans la misère. Et l’inaction climatique sert toujours à maintenir les profits et le productivisme.

    Macron pourtant se gargarise sur différents sujets, tentant de masquer son bilan catastrophique, nous parlant de 2050 pour faire oublier 25 ans de politiques antisociales. Il se gargarise en particulier de la reconstruction de Notre-Dame de Paris, mais cela montre bien les choix qu'il opère. Rapide à vouloir restaurer un monument détruit car mal entretenu, comme de nombreux monuments et services publics. Et cela ne l’empêche pas de continuer de dégrader les conditions de vie de la population par la casse continue de l’école,  de l'hôpital,  des transports…

    Il est encore plus risible quand il essaie de faire croire à un mea culpa concernant la dissolution alors qu’il  a délibérément choisi à plusieurs reprises de s’asseoir sur le résultat des urnes. Bayrou n’est que la continuité du gouvernement Barnier. Sans légitimité comme son prédécesseur, il finira de même, percuté par la crise politique. Avec le danger que représente l’extrême droite et qui attend son heure pour mener des attaques antidémocratiques et antisociales sans précédent. Une extrême droite à laquelle Macron multiplie les mains tendues, comme ce soir en parlant de sécurité, de militarisme, de nationalisme, à l’heure où il faut construire un monde de solidarité face à la misère, aux guerres et au changement climatique.

    Alors, nos vœux pour 2025 sont simples : nous voulons qu’un grand mouvement social balaie Macron et sa politique, marginalise l’extrême droite et recrée un espoir pour les classes populaires. Nous voulons que, en Palestine, en Ukraine ou ailleurs, les guerres, financées par les grandes puissances impérialistes comme la France, les États-Unis ou la Russie, s’arrêtent.

    Pour cela, nous savons que l’enjeu de cette année est le maintien de l’unité de la gauche, pas pour aller gouverner ce système en crise, mais pour œuvrer, par en bas, à construire de grandes luttes qui le renversent.

  • Toujours mobiliséEs pour la journée internationale des migrantEs !

    À l’occasion de la Journée internationale des migrantEs, une cinquantaine de mobilisations étaient prévues entre le 14 et le 18 décembre partout en France, à l’appel de la Marche des Solidarités et des collectifs de sans-papiers.

    Plus de 300 organisations nationales et locales ont signé l’appel de la Marche des Solidarités, pour dénoncer la montée du racisme en France. De la « loi Darmanin » sur l’immigration votée début 2024, au projet de « loi Retailleau » qui se préparait avant la censure du gouvernement (et qui est toujours d’actualité puisque Retailleau pourrait se maintenir dans le gouvernement Bayrou), en passant par la perspective de l’arrivée du RN au pouvoir : face à l’offensive raciste, les signataires appellent à la désobéissance civile, à la résistance et à la lutte.

    Bienvenue aux migrantEs

    À Paris, près de 10 000 personnes ont manifesté le samedi 14 décembre au départ de la place de Clichy pour rallier la place de la République. Par exemple, dans le cortège, le Collectif des Jeunes de Belleville, composé de mineurEs isoléEs, appelait à soutenir leur lutte à la suite de leur occupation de la Gaîté lyrique depuis le mardi 10 décembre (voir page 3). Près de 250 jeunes exigent une solution d’hébergement digne et immédiate et une prise en charge effective de la part des institutions, comme la loi l’exige. Le mercredi 18 décembre, la Marche des Solidarités a initié un meeting unitaire d’organisation de la suite de la mobilisation, avec la présence de plus de 500 personnes à la Bourse du Travail de Paris.

    Parmi les autres rassemblements où des camarades du NPA-l’Anticapitaliste étaient présentEs le 18 décembre malgré la pluie, on peut citer : Rennes, environ 800 personnes étaient présentes, avec beaucoup de personnes migrantes en lutte issues de gymnases occupés, de squats avec beaucoup de jeunes en tête de cortège ; Grenoble, avec la présence de 600 personnes à la suite d’un appel signé par une cinquantaine d’organisations ; Rouen, 500 personnes ; Le Havre, 200 personnes à l’appel d’une douzaine d’organisations ; Perpignan, 200 personnes derrière la banderole « Bienvenue aux migrantEs — Chez nous, c’est chez vous ! »,  à la suite d’un appel signé par 28 organisations ; Romans-sur-Isère, 130 personnes à l’appel de l’Asti, signé par 24 organisations. 

    On peut toutefois regretter l’absence de couverture de ces mobilisations par les médias nationaux.

    Résister , continuer le combat

    Partout en France, le NPA-l’Anticapitaliste était donc présent pour apporter son soutien aux premierEs concernéEs. Il soutient les revendications suivantes :

    – pour l’égalité des droits de toutes et tous et la régularisation des sans-papiers ;

    – pour la fermeture des centres de rétention, l’abolition du dispositif européen Frontex et la liberté de circulation ;

    – pour le logement de toutes et tous les sans-abris, avec et sans papiers, l’application de la loi de réquisition et l’abrogation de la loi Kasbarian-Bergé ;

    – pour l’accès de toutes et tous à la santé et à l’école ;

    – pour l’abrogation de la loi Darmanin, de toutes les lois racistes, du pacte migratoire européen et du règlement Dublin ;

    – pour la solidarité internationale avec tous les peuples en lutte pour la justice, la liberté, l’égalité et la fin du colonialisme de la Palestine au Sahel en passant par le Liban, de la Kanaky à la Martinique en passant par Mayotte.

    Où que l’on soit néE, solidarité !

    Commission nationale immigration et antiracisme