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NPA l'Anticapitaliste 06 et 83 : le blog - Page 89

  • Notre budget, c’est le 100 % Sécu...

    Les commentateurs ont cru un temps Bayrou sous la coupe du PS — ce qui changeait de Barnier sous la coupe du RN. Non sans inquiétude pour les macronistes qui trouvait le prix de la stabilité politique presque exorbitant… 

    Pierre Cazeneuve, député Renaissance des Hauts-de-Seine, taquin, ne disait-il pas, dans le Monde : « Un accord avec les socialistes, ça coûte toujours un peu d’argent ». Il est vrai qu’à l’heure des économies nécessaires, les quelques concessions de Bayrou, comme la non-suppression des 4 000 postes dans l’Éducation nationale ou la rallonge sur l’Ondam (Objectif national de dépenses de l’Assurance maladie) porté à + 3,3 % contre + 2,8 % précédemment, ont fait transpirer éluEs et ministres. Bayrou est apparu grand prince à peu de frais en balayant les propositions de taxation des pensions de retraite au-dessus de 2 000 euros et les 7 heures de travail gratuites. 

    Le budget de la Sécurité sociale

    La commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale examine ces jours-ci le budget de la sécurité sociale avant qu’il ne passe à partir du 3 février devant les députéEs. Barnier prévoyait un « trou » de la Sécu de 16 milliards d’euros en 2025 quand le gouvernement Bayrou vise un déficit d’environ 23 milliards d’euros. 

    Rien n’est simple, car les recettes de la Sécurité sociale (santé, travail et famille) dépendent largement de l’emploi. Même s’il est question de revoir à la baisse les exonérations de cotisations patronales, il n’est pas à l’ordre du jour de changer la « politique de l’offre » en vigueur depuis sept ans — c’est-à-dire les cadeaux aux riches, que ce soit sous forme de déductions d’impôts ou d’exonérations de cotisations sociales (deux budgets bien différents) —supposée « ruisseler »…

    Un ruissellement de chômage

    En guise de ruissellement, le dérèglement climatique nous apporte régulièrement son lot d’inondations et de dévastation, mais pour le reste… il s’agit plutôt d’un fiasco. Borne, Attal et Le Maire avaient manifestement surestimé le taux de croissance et donc les recettes en 2023 et 2024. Or aujourd’hui, non seulement le taux de croissance est de 0,9 %, mais surtout la hausse du nombre de demandeurEs d’emploi est la plus élevée depuis dix ans au quatrième trimestre 2024 (+ 3,9 %). Et quand le chômage monte, les cotisations sociales baissent, donc le déficit de la Sécu augmente. Preuve s’il en était besoin que la politique de l’offre n’a pas d’effet. 

    Et les inégalités continuent de s’aggraver. Alors que le taux de chômage avoisine les 7,5 % de la population active, l’indemnisation chute de – 0,6 %. « Ne sont indemnisés que 40,6 % des inscrits à France Travail ! », dénonce la CGT. C’est une des conséquences des réformes catastrophiques de l’assurance chômage.

    La hausse du chômage chez les moins de 25 ans est de + 8,5 % au dernier trimestre alors même que l’État dépense 24 milliards d’euros en cadeaux aux entreprises. Et elles ne sont pas près d’y renoncer…

    Côté santé

    Même combat, quand le chômage monte, il y a moins de cotisations sociales pour notre « sécu », laquelle reste très efficace en matière de soins et le serait encore plus si l’ensemble du secteur était moins financiarisé… L’UFC-Que Choisir pointe dans une étude du 28 janvier que les frais de gestion des complémentaires santé sont particulièrement élevés, de l’ordre de 20 euros pour 100 euros de cotisations, alors qu’ils atteignent à peine 4 euros pour la Sécurité sociale. Efficace, on vous dit !

    En matière de santé publique, le 100 % Sécu permettrait l’accès aux soins de toutes et tous. Mais évidemment, un tel service  n’est pas au goût des capitalistes. Depuis 2018, les complémentaires santé ont d’ailleurs augmenté leur tarif de 40 %, tout en baissant la part de leur remboursement, s’indigne l’UFC-Que Choisir… Démanteler la sécu pour l’offrir au marché ! Un vieux rêve.

    Alors, motion de censure ou pas, stabilité ou pas… le compte n’y est pas. L’austérité ne sera certainement pas pour les grandes fortunes qui n’ont fait que s’enrichir sous Macron. Les hôpitaux, l’école et les services publics continueront de faire avec des bouts de ficelle. 

    Bayrou s’est mis sous la coupe de Retailleau, lequel n’a rien à envier à Ciotti et Le Pen. Ce qu’il risque de perdre côté PS, Bayrou veut le regagner côté RN. À ce jeu, il pourrait tout perdre. Tout ça pour continuer la politique de la bourgeoisie « de l’offre ».

    Il est temps que tous ensemble, travailleurEs et chômeurEs, jeunes et moins jeunes, immigréEs ou pas, nous leur rappelions la limite et que nous imposions nos propres règles pour produire écologiquement, utilement et gagner la justice sociale. Il est temps que la société tout entière définisse des règles et dans l’intérêt général sur le modèle du 100 % Sécu. Seul le monde du travail, uni et conscient de ses intérêts, peut le faire…

    Fabienne Dolet

  • À Gaza et en Cisjordanie, le cessez-le-feu n’arrête pas la machine coloniale d’Israël...

    Dimanche 19 janvier 2025, le début du cessez-le-feu à Gaza et de la libération de prisonnierEs entrait en vigueur. Dans un cadre bien fragile, 1 967 prisonnierEs politiques palestinieNEs, provenant de partout en Palestine, devraient être libéréEs. 

    LibéréEs mais pour être arrêtéEs à nouveau pour certainEs, comme c’est souvent le cas. Depuis 1967 selon l’ONU, 800 000 PalestinienNEs ont séjourné dans les geôles israéliennes. Lors de la première phase, ce sont surtout 69 femmes et 21 enfants qui ont été libéréEs.Quant aux prisonnierEs libéréEs pendant la deuxième phase, 70 sont condamnéEs à la déportation et à l’exil !

    Pour les médias mainstream, il y a d’un côté, les « otages » israéliens dont il est beaucoup question et de l’autre les prisonnierEs palestinienNEs traitéEs de « terroristes ». Ils ne connaissent pas vraiment le terme « prisonnierEs politiques » ou « enfants emprisonnés ». Rien non plus sur les conditions de détention : emprisonnéEs souvent sans procès, par décision administrative, otages d’une pratique héritée du colonialisme britannique et perpétuée par le colonialisme israélien, maltraitéEs, torturéEs, tuéEs ou mortEs en prison, parfois.

    Israël continue en Cisjordanie

    L’hypocrisie et le cynisme d’Israël et de ses alliés n’ont pas de limites. En même temps que l’État sioniste signe le cessez-le-feu pour Gaza, il déploie encore plus son armée en Cisjordanie. Dans les territoires occupés, les PalestinienNEs subissent, à un rythme intensifié, la violence de colons fascistes accompagnée par la répression et la brutalité de l’armée israélienne. Les échos que nous avons de journalistes sont terrifiants. Quant à nos amiEs en Cisjordanie, elles et ils nous parlent de la peur qui règne mais nous demandent aussi de poursuivre nos actions de solidarité. Des centaines de nouveaux checkpoints sont ­installés dans les entrées de villes, de villages et de camps de réfugiéEs. Ils ferment tous les accès et font de la Cisjordanie une souricière. Les arrestations de PalestinienNEs, de tous âges, sont devenues massives.

    Jénine, un des bastions de la résistance palestinienne, est attaqué : bombardements, destructions de routes et infrastructures, démolitions de logements, déplacements forcés et massacres des habitantEs. Trump a supprimé les sanctions financières contre les colons les plus virulents en Cisjordanie et demande à l’Égypte et à la Jordanie d’accueillir les GazaouiEs.

    Le droit d’Israël de bafouer le droit international

    L’heure est grave. Si Israël, avec l’aide active des États-Unis, la complicité des pays occidentaux et de certains pays arabes, poursuit son projet d’annexion de ce qui reste comme territoires palestiniens, après le génocide à Gaza, une nouvelle Nakba encore plus dramatique se prépare. 

    Cette situation va encore être traitée par les médias mainstream, le gouvernement et l’Europe comme le perpétuel « droit » d’Israël de se défendre en toute impunité, c’est-à-dire comme un État colonial d’apartheid qui bafoue le droit international et les résolutions de l’ONU. Et passe outre les décisions de la CPI ou de la CIJ.

    Seule la résistance palestinienne, avec la solidarité internationale, peut stopper Israël et les États-Unis. Continuons à nous mobiliser et à mettre la pression sur les gouvernements, amplifions la campagne de boycott d’Israël, de ses produits et des entreprises complices. Amplifions la solidarité avec le peuple palestinien pour son droit à la résistance, pour son droit à rester ou à retourner sur sa terre, pour son droit à la vie, à la liberté et à la justice. Amplifions la solidarité pour que cessent les massacres, le génocide, ­l’occupation, la colonisation.  

    Théo

  • Trump et la menace fasciste mondiale...

    L’arrivée de Trump au pouvoir nous montre le danger mortel que l’extrême droite fait courir à l’humanité, aux classes populaires en particulier.

    Le refus de l’écologie

    Trump a répété en boucle son slogan « Drill, baby, drill » (fore, bébé, fore) pour montrer sa volonté de multiplier les forages de pétrole et de gaz de schiste, au mépris du changement climatique. Une de ses premières décisions a également été de faire sortir les États-Unis de l’Accord de Paris sur le climat, pourtant peu contraignant en matière de limitation de l’émission de gaz à effet de serre.

    Les politiques guerrières

    Trump prétend vouloir la paix. En réalité, la courte trêve à Gaza s’accompagne d’une multiplication des occupations illégales de colons israéliens en Cisjordanie. Trump a d’ailleurs proposé de déporter les Gazaoui·es en Égypte ou en Jordanie, et fait reprendre les livraisons de bombes d’une tonne à Israël.

    Il a suspendu les aides versées par les USA aux ONG ukrainiennes, menaçant ainsi concrètement les conditions de vie et la survie d’une large partie de la population supportant les attaques de l’armée russe depuis bientôt trois ans. 

    De plus, l’augmentation à 25 % des droits de douane sur les produits importés de Chine ou de Mexique renforce la concurrence internationale, qui se terminera tôt ou tard par des affrontements militaires. Dans cette optique, Trump a proposé d’annexer le Canada et le Groenland.

    Les politiques antisociales et racistes

    Trump a déjà annulé des dizaines de réglementations relevant du droit du travail, remplacé les inspecteurs généraux chargés de faire appliquer le droit par des partisans de sa politique, et supprimé les agents fédéraux chargés de la diversité, l’équité et l’inclusion. Il a également renforcé son offensive transphobe, invalidant leur état-civil ou menaçant la vie des personnes trans incarcérées.

    Ce à quoi il faut ajouter l’expulsion de migrant·es, qui a déjà commencé et le projet d’en « déporter » des centaines de milliers.

    Les liens avec les fascistes

    Elon Musk, le président de X et Tesla, son nouveau ministre de « l’efficacité gouvernementale » a clairement réalisé un salut nazi lors de la cérémonie d’investiture de Trump et est allé soutenir l’organisation fasciste allemande AfD.

    Même si le gouvernement américain n’a pas encore basculé dans un régime fasciste, le projet politique de Trump et de ses alliés ne fait pas de doute. 

    Quelles conséquences ?

    L’arrivée au pouvoir aux États-Unis d’un tel personnage ne doit pas être prise à la légère. C’est un encouragement pour toutes les organisations et les dirigeants d’extrême droite, comme Netanyahou en Israël, Milei en Argentine, l’AfD en Allemagne ou Bardella en France. Cela donne confiance à Le Pen et à l’italienne Meloni. Trump a été félicité par Poutine, il est possible que de tels dirigeants s’accordent, temporairement, pour se répartir le monde et coordonner des attaques contre les classes populaires.

    Pour les classes populaires, il faut à tout prix s’opposer à ce que les dirigeant·es d’extrême droite prennent le pouvoir. En France en particulier, nous sommes menacé·es par le même type de dangers, qui sont liés à l’actuelle crise profonde du capitalisme. L’unité de la gauche et du mouvement ouvrier est une nécessité pour y faire face.

  • Bardella appelle à l’internationale fasciste en écho à Trump...

    Le 21 janvier 2025 marque un bouleversement des rapports de forces internationaux avec l’investiture de Donald Trump au pouvoir de la première puissance économique mondiale.

    Ces premiers jours de mandat ont donné le triste spectacle de toutes les mesures les plus suprémacistes et réactionnaires : décret anti LGBT, expulsions de personnes étrangères du territoire, appel aux licenciements des fonctionnaires chargés de promouvoir la diversité, purge réactionnaire des sites gouvernementaux, transfert des femmes trans incarcérées vers des prisons pour hommes, attaque du droit du sol, sortie de l’Accord de Paris, etc.

    Le salut nazi minimisé

    Son investiture a surtout été marquée par le salut nazi d’Elon Musk, multimilliardaire, futur ministre de Trump. Par ce geste, Musk a permis de montrer la perspective d’une nouvelle ère fasciste mondiale et la toute-puissance des idées d’extrême droite. Les réactions ont été à l’image de la période : pleine de cette confusion qui ne fait que nourrir l’extrême droite. C’est le cas en France où l’extrême droite, la droite et même une partie de la « gauche » y ont vu « un salut romain », un geste « polémique » ou « maladroit » lié au syndrome du trouble autistique d’Elon Musk…

    Par cette confusion, l’extrême droite gagne sur tous les fronts, comme l’a très bien expliqué Johann Chapoutot invité sur une chaîne de télévision la semaine de l’investiture. Selon lui, la confusion a permis à l’extrême droite de continuer à attaquer tout ce qu’ils combattent : « la bien-pensance, les droits de l’homme, la gauche, les wokistes, qui s’indigneraient faussement », mais il a aussi rappelé que ce geste ne fait aucun doute sur sa nature : c’est un salut nazi.

    Les fascistes du monde entier ont d’ailleurs très bien compris sa portée, comme Andrew Tate « influenceur d’extrême droite » qui prône aujourd’hui l’utilisation normalisée de ce « salut » ou les exclamations de joie sur les réseaux de nombreux néonazis affichés : « On est de retour ».

    L’investiture de Trump reprise par Bardella

    Cet appel qu’ont lancé les États-Unis par cette investiture qui, à bien des égards, fait penser aux premiers jours de Mussolini au pouvoir, a reçu un écho particulier au sein du Rassemblement national et chez son président galvanisé, Jordan Bardella.

    On n’aura jamais autant vu Bardella au Parlement européen que depuis l’élection de Trump ! Lui qui s’est brillamment illustré par son absence dans tous ces mandats de députéEs européenNEs se sert depuis quelques jours du Parlement comme d’une tribune pour appeler à l’internationale fasciste. Le discours qu’il y a tenu le 21 janvier est très éclairant là-dessus.

    Le député européen y marque son plein accord avec les ambitions souverainistes de Trump, « l’Amérique d’abord ». Il la justifie par le fait que le peuple américain serait « livré depuis trop longtemps à un mondialisme sauvage et à l’immigration de masse ». Il fantasme un peuple « qui aspire à retrouver sa fierté, culture, et son identité ».

    Mythe de la civilisation blanche européenne

    Tout cela n’est évidemment que prétexte au parallèle avec l’Europe et la France, afin d’y développer ses idées fascistes de manière encore plus décomplexée.

    « À l’heure du retour en force des Nations sur la scène mondiale, de la saine réappropriation de la politique par les peuples, l’Amérique de Trump lance en réalité à la France et à toutes les Nations d’Europe, le défi de la puissance ». Entre populisme, nationalisme et masculinisme exaltant la « puissance », il précise le projet politique de régénération d’une communauté, ici le mythe de la civilisation blanche européenne.

    Avec ce discours, Bardella coche les cases d’une définition presque parfaite du fascisme. Pour lui, un basculement idéologique et politique est en cours, il appelle les pays européens à suivre la même trajectoire que les États-Unis : « L’Europe est aujourd'hui à la croisée des chemins. [...] Réagissons, ou bien nous sortirons de l’Histoire ». « Subtile » référence raciste au grand remplacement et aux autres complots de domination par des populations considérées comme exogènes à la nation blanche.

    La victoire de Trump est donc pour nous aussi une mise en garde. Cette offensive dans le discours du Président du plus gros parti d’extrême droite en France doit être prise avec sérieux et gravité. Elle doit mener à l’action la plus large possible pour résister face à l’extrême droite qui ne rêve que d’une chose : prendre le pouvoir par la résignation d’une partie de la population et par la répression de toute opposition politique. C’est en ce sens qu’aujourd’hui Angela Davis le rappelle « contre le fascisme, l’espoir est une exigence absolue ».

    LM et Manon Boltansky

  • Grand froid : 330 000 personnes à la rue, dont 2 000 enfants...

    Le plan Grand Froid peut être déclaré entre le 1er novembre et le 31 mars. Ce dispositif intergouvernemental est activé à la suite d’une alerte « vigilance grand froid » de Météo France, après deux jours de températures négatives, sans prévision d’amélioration immédiate. Cette alerte a été faite depuis le 12 janvier, dans 34 départements à ce jour. Le plan Grand froid est donc en cours.

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  • Un vrai statut pour les AESH !

    Le 16 janvier, les assistantes d’élèves en situation de handicap (AESH) ont appelé à la mobilisation, notamment par la grève. Un rassemblement s’est tenu près de l’Assemblée nationale pour rappeler le rôle indispensable des invisibiliséEs des écoles et établissements scolaires et pour une réelle politique d’inclusion. 

    Le lieu du rassemblement était lié à l’examen d’une proposition de loi des parlementaires visant à créer un corps de fonctionnaires pour les AESH.

    L’Éducation nationale manque d’AESH et nombre d’enfants handicapéEs ne sont pas accompagnéEs humainement et pour certainEs excluEs de l’Éducation nationale et privéEs du droit à la scolarité faute de moyens. En cause, les conditions de travail et la rémunération des AESH entraînent un manque ­d’attractivité. Pire, elles font fuir.

    Conditions de travail dégradées

    Face au manque d’AESH, les conditions de travail de ces personnelLEs ont été encore plus dégradées avec les mesures de mutualisation de moyens humains sur un secteur géographique donné : les PIAL (pôles inclusifs d’accompagnement localisés) puis bientôt les PAS (pôle d’appui à la scolarité) qui réorganisent le travail des AESH. Ces mesures de mutualisation des moyens augmentent le nombre d’élèves suiviEs par unE même AESH et le nombre d’établissements et/ou d’écoles d’affectation pour l’AESH.

    Les AESH sont toustes des personnels contractuelLEs qui réclament pour sortir de leur situation précaire la création d’un corps de fonctionnaire de catégorie B. La reconnaissance de leur métier appelle également un droit à la formation initiale et continue, comme l’ensemble des personnelLEs d’enseignement et d’éducation. Elles exigent aussi la suppression des PIAL, des PAS et plus largement la politique de mutualisation des moyens. La fin de ces mesures délétères serait permise grâce à la création de postes d’AESH en nombre, et pour que les postes soient pourvus, par une revalorisation salariale significative. Comme pour les personnelLEs enseignantEs il faut un vivier de remplaçantEs qui n’existe toujours pas, même pour les congés maternité, alors que les AESH sont une profession très féminisée. Le droit à la mobilité n’existe pas non plus pour les AESH.

    Encore de nombreux droits à arracher

    En 2021, les AESH obtiennent l’instauration d’une grille ­salariale indiciaire. En 2023, iels peuvent recevoir l’indemnité REP/REP+ dans le cadre d’un exercice en éducation prioritaire et peuvent théoriquement obtenir un CDI après trois années de CDD. Les droits à arracher restent nombreux (jours de fractionnement, indemnisation des déplacements, temps d’activités connexes…). Dans le même temps, les gouvernements successifs poursuivent la dégradation de leurs conditions de travail. Des missions supplémentaires d’accompagnement sur le temps périscolaire sont imposées parce que leur ministère de tutelle ne reconnaît pas les 24 h d’accompagnement d’élève comme un temps complet (ce qui est revendiqué).

    Une très large intersyndicale a appelé à la mobilisation pour les AESH. Une intersyndicale beaucoup plus réduite a appelé à faire du 16 janvier une date de mobilisation pour les droits des assistantEs d’éducation (AED) qui sont aussi des personnelLEs précaires et aux revendications assez proches de celles des AESH (création d’un corps de fonctionnaires). Tous ces enjeux méritent d’être débattus très largement dans la société mais aussi et surtout de manière interne dans les écoles, établissements et espaces internes aux organisations syndicales, là où s’auto-organise la lutte.

    Commission éducation nationale