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Communiqués du NPA... - Page 53

  • Énergies décarbonées : photovoltaïque, où en sommes-nous ?

    L’inflation de projets en matière d’énergie photovoltaïque est particulièrement manifeste et va prendre encore de l’ampleur depuis le vote de la loi « d’accélération des énergies renouvelables » du 10 mars 2023.

    Le cadre est assez simple. La crise climatique impose de passer à une énergie « décarbonée ». La France est le seul pays de l’Union européenne à ne pas avoir réalisé ses objectifs dans le domaine des énergies renouvelables pour 2020. Le domaine du photovoltaïque n’utilise pas de terres rares, mais surtout du « silicium amorphe » qui n’est pas rare sur la planète. Vu comme ça, doit-on applaudir au développement de cette industrie, d’autant que, en alliance avec les éoliennes, elle permettrait de sortir du nucléaire ?

    Un nouveau concept : l’agrivoltaïsme

    En regardant de plus près, on constate toutefois un certain nombre de problèmes. La Chine produit entre 75 % et 97 % des éléments de la chaîne de production du photovoltaïque, donc en l’état actuel le développement de la filière pose pour le moins un problème de dépendance énergétique. Il y a un important manque de foncier disponible pour implanter les parcs au sol. On n’a pas résolu les importants manques de réseaux de transmission (bref le raccordement au réseau). Il peut y avoir des impacts négatifs sur la filière agricole et encore plus sur la biodiversité.

    Pour faire passer la pilule, on a même inventé un nouveau mot et un nouveau concept : l’« agrivoltaïsme ». Les terres ne seraient plus uniquement utilisées pour la ressource alimentaire mais pour fabriquer de l’énergie, avec le soutien enthousiaste des agriculteurs qui verraient là de quoi résoudre tous leurs problèmes économiques. Tout cela rappelle un peu le mirage des biocarburants !

    Une loi qui ne protège pas les terres agricoles

    Comment les différentes forces politiques se sont-elles positionnées lors du débat au Parlement sur la loi ? Le mouvement macroniste a fait voter la loi grâce aux voix du Parti socialiste. Europe Écologie s’est abstenu jugeant que la loi n’est pas assez ambitieuse et pointe qu’il faudrait « privilégier les structures déjà artificialisées » plutôt que les terres agricoles. LFI a en gros la même position, ajoutant que « ce projet de loi montre une absence de vision en termes de politique énergétique de la part du gouvernement » et a voté contre la loi, comme le PCF.

    La droite a voté contre à l’Assemblée nationale, mais pour au Sénat… L’extrême droite a voté contre. Ici, on sent le poids du lobby nucléaire et des identitaires (la défense du paysage « français »).

    Du côté associatif, France Nature Environnement milite pour le développement du photo­voltaïque tout en soulignant qu’il faut « privilégier le bâti et les milieux artificialisés », mais sans exclure le reste. La Confédération paysanne, de son côté, appelle « à refuser massivement ces projets » d’installation au sol en zone agricole et exige « leur interdiction sur toutes les terres agricoles, naturelles et forestières ».

    Hypocrisie du législateur

    Mais qu’y a-t-il exactement dans la loi ? Voici quelques extraits : « La loi facilite l’installation de panneaux solaires sur des terrains déjà artificialisés ou ne présentant pas d’enjeu environnemental majeur. »

    « L’agrivoltaïsme est défini et son déploiement encadré. Les installations agrivoltaïques (sur des hangars, des serres…) devront permettre de créer, maintenir ou développer une production agricole, qui devra rester l’activité principale, et devront être réversibles. Un décret déterminera les conditions de déploiement et d’encadrement de l’agrivoltaïsme. Les ouvrages solaires au sol sont interdits sur les terres cultivables. Ils seront uniquement permis sur des terres réputées incultes ou non exploitées depuis un certain temps. Dans les zones forestières, les installations solaires sont interdites dès lors qu’elles nécessitent d’abattre des arbres. »

    On peut traduire les extraits ainsi : « Faciliter » l’installation sur les terrains artificialisés ne veut rien dire ou plutôt veut dire qu’on n’interdit pas d’installer sur des zones naturelles ou agricoles. « L’enjeu environnemental majeur » n’est évidemment pas défini, donc juridiquement ne veut rien dire.

    Par contre « l’agrivoltaïsme est défini », cela veut dire qu’on entérine le concept d’utiliser les terres agricoles pour un autre usage que la production alimentaire. Les trois petits points après « serres » sont là pour dire discrètement qu’on pourra mettre les installations directement au sol. Un décret viendra plus tard. En catimini…

    On interdit sur les terres cultivables, mais… on pourra quand même si elles ne sont pas « exploitées depuis un certain temps ». Donc, en fait, on pourra quand même. Le « certain temps » en dit long sur l’hypocrisie du législateur. On parle même des « terres réputées incultes », cela veut dire que la cible privilégiée, ce sont les milieux naturels.

    Le sommet de l’hypocrisie concerne les forêts. Donc si (pour exploiter le bois !) on a fait une coupe rase, on pourra mettre les installations en zone forestière puisqu’il n’y aura plus nécessité de couper les arbres. On l’aura fait avant ! Mais de qui se moque-t-on ?

    Le photovoltaïque doit être uniquement sur les toits

    Nous soutenons complètement la position de la Confédération paysanne. Le photovoltaïque doit être installé uniquement sur les toits. Toute installation au sol dans les zones agricoles, forestières et naturelles doit être interdite. Si ce choix n’a pas été fait, c’est uniquement pour le profit immédiat des entreprises de l’énergie au détriment de la biodiversité et de l’agriculture paysanne, car les investissements seront moins coûteux et les dégâts « collatéraux » seront payés par la collectivité.

    Et c’est d’autant plus absurde que 80 % des Français vivent en zone urbaine, que les installations sur les toits évitent aussi les coûts et les impacts du raccordement, les pertes en ligne de l’électricité dues à l’éloignement de la source d’énergie par rapport aux besoins.

    On peut ajouter qu’il n’est pas justifié de développer ces installations sur des sites industriels qui demandent une surveillance particulière (par exemple d’anciennes mines d’uranium !) ou… sur des plans d’eau (installations flottantes) qui peuvent avoir un impact très fort sur la biodiversité ou même sur la santé lorsque les projets sont situés sur des réserves d’eau potable.

    Et surtout doivent être favorisées les initiatives, à l’échelle locale, régionale et nationale, pour développer la sobriété et l’efficacité énergétique. L’urgence absolue est de diminuer notre consommation énergétique. Si on ne raisonne pas en termes de sobriété, le photovoltaïque, comme les autres énergies renouvelables, continuera à s’ajouter aux énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon, nucléaire), comme c’est le cas aujourd’hui, sans jamais les remplacer.

    On peut espérer que les citoyens s’opposeront partout par des recours juridiques et des mobilisations à tous ces projets et que les associations de protection de l’environnement prendront la mesure des dangers, quitte à se priver de quelques financements…

    Commission nationale écologie

  • Stop à la catastrophe : changer d’énergie et… changer de société !

    Le productivisme capitaliste fondé sur l’extractivisme fossile a conduit l’humanité dans une dramatique impasse à la fois écologique et sociale. Parmi les multiples bouleversements écologiques, le changement climatique est le plus global et le plus dangereux. Il menace de rendre la terre inhabitable pour des milliards d’hommes, de femmes et d’enfants, les plus pauvres et les moins responsables de ce désastre.

    Pour arrêter la catastrophe en marche, il faut impérativement réduire de moitié les émissions mondiales de CO2 et de méthane avant 2030 et les annuler avant 2050. La fin des énergies fossiles n’est pas négociable. Il faut impérativement passer d’un système énergétique basé à 80 % sur les énergies fossiles à un nouveau système fondé sur les renouvelables. Il s’agit bien d’un nouveau système et non de remplacer les premières par les secondes dans un système demeuré identique. Ce système a été construit pour les fossiles. Reconduire la même production centralisée, le même mode de distribution… serait à la fois inefficace, écologiquement ­destructeur et socialement désastreux.

    Rapprocher les sources d’énergie de leur usage

    Comme le souligne Laurence Raineau dans « Adaptation aux changements climatiques : Vers une transition énergétique ? » (Natures Sciences Sociétés, 2011/2, vol. 19, p. 133 à 143), « le système énergétique actuel ne permet pas aux énergies renouvelables de tirer profit de leur plus grand atout : exploiter partout les multiples sources d’énergie présentes localement, même en faible densité afin qu’elles s’additionnent et se complètent ». Un nouveau système devrait « s’adapter à cette énergie abondante, inépuisable, mais éparse, en rapprochant par exemple la source de l’usage ».

    Sortir des fossiles signifie à la fois que 80 % environ des réserves connues de charbon, de pétrole et de gaz naturel doivent rester dans le sol et qu’une très grande partie des installations liées au système énergétique fossile doit être mise au rebut (le reste devra être mis au service de la construction du nouveau système). Or, réserves et infrastructures (un cinquième du PIB mondial) représentent du capital pour les compagnies et les États capitalistes qui les possèdent. L’énorme destruction de capital incontournable n’a pas grand-chose à voir avec une transition en douceur : elle implique l’affrontement avec les secteurs les plus puissants et structurants du système capitaliste !

    Produire pour répondre aux besoins sociaux

    Si le vent, le soleil… sont inépuisables, les matériaux nécessaires à leur utilisation ne le sont pas. Il est donc incontournable de réduire la consommation finale d’énergie et donc la production matérielle et les transports. Cette décroissance est une contrainte physique objective : c’est dans ce cadre que certaines productions doivent croître pour répondre aux gigantesques besoins insatisfaits de la partie la plus pauvre de l’humanité. Répondre à ces deux impératifs impose une rupture radicale avec le système capitaliste et sa logique productiviste : il s’agit de produire non plus des marchandises pour le profit mais des valeurs d’usage pour satisfaire les besoins. Ce n’est plus la logique du profit qui guide et organise la production mais la détermination démocratique des besoins humains réels et la régénération de l’écosystème mondial… Il s’agit d’un véritable changement de civilisation, d’une révolution écosocialiste !

    Commission nationale écologie

  • Macron, c’est le coup d’État permanent. Le 1er mai, allons le chercher chez lui !

    Après l’avis du Conseil constitutionnel qui, sans surprise, a validé l’odieux recul de l’aĝe légal de départ à la retraite à 64 ans, Macron a promulgué dans la nuit la loi sur la réforme des retraites, sans attendre les deux semaines que lui donnait le fonctionnement des institutions pour le faire. 

    Commettant sa forfaiture en plein coeur de la nuit, il évacue aussi la proposition des forces politiques de la Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes) de soumettre la loi à une délibération de l’assemblée nationale, comme cela a été réclamé hier soir. Preuve que les institutions de la Vème République sont taillées sur mesure pour les politiques autoritaires qui  accompagnent la mise en place des reculs sociaux, et qu’une véritable démocratie, où les exploitéEs et les oppriméEs prennent leurs affaires en main, passe par la rupture avec ces institutions.

    Procédure accélérée de « débat » à l’assemblée nationale, passage au 49.3, répression des manifestations (avec encore hier soir des centaines d’arrestation dans tout le pays)... Macron ne connaît que le coup de force, cela alors que, plus que jamais, son projet de contre-réforme, son gouvernement, son pouvoir, sont illégitimes aux yeux du plus grand nombre.

    La bataille pour le retrait de la contre-réforme n’est donc pas terminée. D’abord parce que la grève peut redémarrer dans une série de secteurs toujours mobilisés, mais aussi parce que nous avons les moyens de réussir de nouvelles journées de mobilisation. Dans ce cadre, la journée de lutte internationale des travailleurs, le lundi 1er mai, doit être marquée par un déferlement populaire dans 
    toutes les rues. Pourquoi ne pas en faire une grande manifestation nationale avec montée à Paris, pour donner l’expression la plus massive à la colère populaire contre Macron et son pouvoir inique ?

    Contre la volonté de la très grande majorité de la population, contre la justice sociale et les intérêts du monde du travail, Macron le libéral-autoritaire fanfaronne et assène que « ne rien lâcher » serait  sa « devise ». Nous n’avons pas dit notre dernier mot, et la détermination de notre camp social est intacte. S’il le faut, nous irons chercher Macron chez lui !

    Montreuil le samedi 15 avril 2023

  • Après la validation de la loi, la mobilisation continue pour dégager Macron et sa réforme !

    Sans grande surprise, le Conseil constitutionnel vient de valider le projet de contre-réforme des retraites et de rejeter la proposition d’organisation d’un référendum d’initiative partagée. Après le 49.3, c’est un scandale démocratique de plus qui illustre une nouvelle fois la faillite de ces institutions faites pour servir les puissants. Ce  gouvernement est issu d’un vote minoritaire aux législatives, il est minoritaire à l’Assemblée nationale, il est illégitime et doit user massivement de la répression policière pour passer en force. Macron, un président mal élu ayant fait 21% des inscrits au premier tour de la présidentielle ; 70% d’opposition au projet de loi sur les retraites ; des millions de personnes en grève et dans la rue depuis trois mois... Mais cette Ve République leur permet de passer en force contre la volonté populaire.

    Derrière la constitutionnalité du projet de loi se cache l’injustice sociale de la contre-réforme. C’est bien la preuve qu’il faut en finir avec ces institutions, qu’il y a urgence à organiser une assemblée constituante : pour un pouvoir des exploitéEs et des oppriméEs, issus des mobilisations sociales, pour changer radicalement un système à bout de souffle.

    Dans l’immédiat, la mobilisation doit se poursuivre car nous n’avons pas perdu. Nous pouvons infliger une défaite à ce pouvoir, grâce à un sursaut populaire, une nouvelle vague de colère dès ce soir, dès ce week-end, et une relance de la grève pour arrêter ce gouvernement de casseurs. Nous avons déjà fait reculer le pouvoir en 2006, qui avait dû retirer sa loi sur le CPE, pourtant promulguée. Nous pouvons le faire de nouveau.

    Le NPA propose que toutes les organisations de gauche sociale et politique, du mouvement ouvrier – syndicats, partis, associations –  se rencontrent au plus vite pour construire  de telles perspectives, de façon unitaire. Dans ce cadre, nous défendons l’organisation rapide d’une grande manifestation nationale, d’une marche vers l’Élysée.

    Ce n’est qu’un début…

    Montreuil le vendredi 14 avril 2023

  • Leur «démocratie» n’est pas la nôtre: s’organiser pour imposer le retrait...

    La mobilisation contre la retraite à 64 ans et, au-delà, contre Macron et son monde, continue. Un rapport de forces qui se poursuit, et qui pourrait se résumer à un apparent paradoxe : Macron a perdu, mais nous n’avons pas encore gagné.

    Le jeudi 6 avril aura encore été une puissante journée de mobilisation. Dans tout le pays, deux millions de personnes ont pris la rue, des manifestations souvent accompagnées d’actions de blocage de voies de circulation ou de lieux symboliques (comme l’occupation du siège du fonds de pension BlackRock à Paris). Les jours qui viennent doivent être l’occasion de pousser définitivement la situation à notre avantage.

    Macron peut parader, mais Darmanin est obligé de frapper fort

    À voir les récentes déclarations de Macron, on pourrait presque penser que, vu d’en haut, tout irait bien. Outre son aspect toujours méprisant, la méthode Coué du président ne fonctionne plus qu’auprès de ceux qui veulent bien continuer à y croire. Selon Macron, pas de crise démocratique, pas de blocage du pays, et « si les gens voulaient la retraite à 60 ans ce n’était pas moi qu’il fallait élire »… Circulez, y a rien à voir !

    Pourtant, face à la colère de notre camp social, le pouvoir est en train de se casser les dents. Ainsi sa crainte de voir les jeunes rentrer massivement dans la danse l’a obligé à revenir sur la généralisation du Service national universel (SNU) dont l’objet est justement de mettre au pas la jeunesse… Et quand ça ne suffit pas, il reste toujours la matraque de Darmanin. De nombreuses personnes ont été révoltées par les images de cette police armée de LBD (lanceur de balles de défense classé comme « arme de de guerre ») se livrant à la chasse aux lycéenEs à Conflans-Sainte-Honorine jeudi dernier, ou par la mise en garde à vue sans aucun motif de jeunes ou de militantEs, souvent syndicaux, arrêtés au hasard des manifestations… Ces dernières semaines, ce sont ainsi des centaines de personnes qui se sont retrouvées en garde à vue, les autorités reconnaissant elles-mêmes que la très grande majorité d’entre elles sont ressorties sans aucune poursuite.

    Au-delà, la volonté de dissoudre les Soulèvements de la terre, après les scènes de guerre de Sainte-Soline, doit sonner comme un avertissement lancé par le pouvoir à toute volonté de le contester. On a même entendu Gérald Darmanin s’en prendre à la Ligue des droits de l’homme, exercice d’habitude réservé aux dirigeants de l’extrême droite. Mais qu’on se le dise : nous sommes solidaires de toutes celles et ceux qui sont visés, et nous ne nous laisserons pas faire !

    Toujours en grève et dans la rue

    Si le projet de contre-réforme des retraites ne tient plus que grâce à l’autoritarisme et à la répression, au 49.3, aux interdictions et aux arrestations, pour autant nous n’avons pas encore gagné. Cette semaine s’annonce, une nouvelle fois, particulièrement importante. À l’heure où ces lignes sont écrites, nous ne savons pas si, vendredi 14 avril, le Conseil constitutionnel va censurer tout ou partie du projet, mais quoi qu’il en soit, cela doit être pour nous l’occasion de franchir un nouveau cap dans le rapport de forces.

    Les possibilités d’amplifier la grève, de relancer la reconduction, existent dans bien des secteurs (dans le nettoiement, les raffineries, à la SNCF…), et cela peut se passer ces prochains jours. D’abord en réussissant la journée nationale de grève et de manifestations du jeudi 13 avril à l’appel de l’intersyndicale. Le lendemain, vendredi 14 avril, jour de l’avis rendu par le Conseil constitutionnel, la grève doit être reconduite au maximum, avec des rassemblements l’après-midi sur les places ou devant les préfectures partout où c’est possible.

    Quel que soit l’avis du Conseil constitutionnel — qui de toute façon n’est pas plus démocratique que cette 5e République dont il découle — ce vendredi n’est pas le bout du chemin. Nous ne nous arrêterons pas, même si le Conseil constitutionnel valide la loi ! C’est pourquoi nous défendons la perspective d’une marche sur l’Élysée, une manifestation nationale pour nos retraites, contre le pouvoir macroniste qui ne veut pas nous entendre.

    Parce que nous ne voulons plus de leurs contre-réformes, parce qu’il y a urgence à construire une alternative en rupture avec Macron et son monde capitaliste, l’heure est à la mobilisation générale pour qu’ils s’en aillent tous !

  • Solidarité avec les Soulèvements de la Terre face à Darmanin et à ses menaces de dissolution...

    Darmanin a annoncé aujourd’hui la mise en œuvre d’une procédure de dissolution des Soulèvements de la Terre. C’est indécent. Après une répression ultra-violente, qui a vu l’utilisation de milliers de grenades lacrymogènes, de désencerclement, de GM2L et provoqué plusieurs centaines de blesséDs, dont 40 avec des plaies, des fractures, deux blessés avec des risques de séquelles importantes, voire la mort, Darmanin, qui ne cesse de mentir depuis samedi à propos de ce qui s’est passé à Sainte-Soline, réalise maintenant l’ultime provocation en proposant l’interdiction d’un mouvement qu’il a si durement attaqué.

    Les Soulèvements de la Terre représentent un nouveau secteur de la lutte écologiste, qui puise son expérience à Notre-Dame-des-Landes, avec des militantEs politiques et paysanEs mais aussi avec le mouvement ouvrier.

    Les Soulèvements incarnent une tentative de combiner mouvements de masse et mouvements radicaux en s’appuyant sur l’action des premierEs concernéEs, les habitantEs et les paysanEs. Radicaux dans le sens qu’ils prennent la crise écologique à la racine des choses, c’est-à-dire au fonctionnement d’un capitalisme destructeur.

    Cette démarche d’interdiction est scandaleuse et montre à quel point les libertés démocratiques sont menacées dans notre pays, avec la répression qui s’abat sur le mouvement contre la réforme des retraites et qui a même été dénoncée par le Conseil de l’Europe.

    Le NPA est révolté par cette demande d’interdiction et assure les Soulèvements de la Terre de toute sa solidarité. Comme le disent les Soulèvements de la Terre, c’est ce gouvernement qu’il faut dissoudre. Et ce sont les armes de la police qu’il faut interdire.

  • Malgré la répression policière : on était là contre les mégabassines et l’agriculture productiviste !

    30 000 personnes ont manifesté le samedi 25 mars à Sainte-Soline d’après les organisateurs. Nous y étions et pouvons affirmer que nous étions extrêmement nombreuses et nombreux. Des routes remplies sur des kilomètres, des champs noirs de monde…

    Déjà vendredi après-midi, entre Lusignan et Vanzay, un convoi de tracteurs prouvait l’implantation paysanne de la lutte. Puis 5000 personnes ont campé du vendredi au samedi au camp près de Sainte-Soline. Et le dimanche, ce sont encore des milliers de personnes qui se sont retrouvées à Melle pour débattre, chanter, s’informer, se restaurer. Autant de preuves d’une très forte mobilisation populaire, contre les mégabassines et leur monde.

    Darmanin, en criminalisant les opposantEs aux mégabassines, avait annoncé 3200 policiers et gendarmes mobilisés. Hélicoptères, quads, chevaux, canons à eaux… des milliers de grenades lacrymogènes, de grenades de désencerclement, des GM2L (armes de guerre), ont été jetées sur les manifestantEs. La grande majorité des forces de répression étaient regroupées autour de la bassine de Sainte-Soline, où nous voulions nous rendre symboliquement. L’état, au service des capitalistes de l’agro-business, a choisi de frapper, gazer, mutiler pour protéger un cratère.

    Le résultat de cette répression policière, bien plus grave que l’image de ces véhicules qui brulent (ce n’est que du matériel) c’est 200 blesséEs côté manifestantEs, dont 40 avec des plaies, fractures… 2 qui risquent des séquelles importantes et un dont le pronostic vital est engagé.

    Le NPA, qui a pris part à la mobilisation de façon nationale, avec la présence de ses porte-paroles Philippe Poutou et Christine Poupin, avec des militantEs locaux, avec des militantEs de toute la France, apporte toute sa solidarité aux victimes de répression et aux organisateurs/ses, et dénonce avec vigueur la répression policière que nous avons aussi pu constater sur notre cortège.

    Nous rappelons aussi qu’avec 30.000 manifestantEs, la mobilisation atteint un niveau extrêmement important. Comme contre sa réforme des retraites, le gouvernement est sourd à des luttes massives et décide le passage en force : il doit retirer ses projets et démissionner. La vraie démocratie est dans la rue et dans nos luttes. No bassaran !

  • Adresse du NPA aux organisations syndicales, associatives et politiques (mercredi 22 mars 2023)...

    CherEs camarades,

    Depuis près de trois mois, la gauche sociale et politique est unie contre le projet de réforme des retraites proposé par Emmanuel Macron et le gouvernement. Depuis près de trois mois, partout dans le pays, les travailleuses et travailleurs, les jeunes, les retraitéEs, les femmes, ont exprimé à une écrasante majorité leur opposition à ce projet par des pétitions, des réunions publiques, dans la rue et par la grève.

    Minoritaire dans l’ensemble de la société et archi-minoritaire dans le monde du travail, Macron est également en minorité au Parlement. Jeudi dernier, son gouvernement est passé en force via l’article 49.3 de la Constitution, pour imposer au Parlement son projet qui est aussi brutal qu’injuste. L’utilisation du 49.3 par le gouvernement est un scandale démocratique. Elle incarne la faiblesse de la base sociale du pouvoir et son cours autoritaire. Le pouvoir de Macron ne repose plus maintenant que sur deux choses : le 49.3 à l’Assemblée nationale et la police dans les rues du pays. Et l’échec à seulement quelques voix du vote de la censure ce lundi à l’Assemblée nationale confirme cette faiblesse. Plus que jamais, l’issue du bras de fer actuel se situe sur le terrain des mobilisations sociales.

    Le mouvement de colère et de rejet contre la réforme Macron doit s’amplifier, par la grève, les blocages et les manifestations de masse avec comme objectif de mettre à genoux ce gouvernement. Par ailleurs, face à cette violence sociale et ce déni de démocratie, nos organisations doivent prendre leurs responsabilités. La crise politique est profonde, elle ne va pas manquer de se renforcer, mais rien ne garantit qu’elle aura une issue positive pour notre camp social. D’autant plus que l’extrême droite, atone face à un mouvement social puissant, se tient en embuscade et prospère sur le désespoir et l’absence d’alternative face au pouvoir macroniste. Nous avons donc la responsabilité de mettre en avant des mots d’ordre permettant une alternative : pour le retrait de la réforme des retraites, mais aussi celle de l’assurance chômage, le retour à la retraite à 60 ans, des augmentations de salaires, le retrait de la loi Darmanin, une transition écologique, des moyens pour l’éducation, pour les hôpitaux, etc. Et, au-delà, contester la légitimité de Macron et remettre en cause les institutions particulièrement antidémocratiques de la Ve République.
    Alors que notre pays est entré dans une crise sociale, démocratique, politique, majeure, nous proposons à l’ensemble des organisations de la gauche sociale et politique – syndicats, associations et collectifs, forces politiques – de se rencontrer ces prochains jours. L’enjeu est de faire le point sur la situation pour envisager ensemble, dans l’unité la plus grande, quelles initiatives nous pouvons prendre pour renforcer la mobilisation en cours, et construire un horizon victorieux.

    Le comité exécutif du NPA

  • Macron persiste et signe, nous aussi : qu’il retire sa contre-réforme, qu’il s’en aille !

    Se livrant à un petit exercice d’explication en présence de deux journalistes il faut le dire peu pugnaces, Macron a au moins montré un vrai talent de prestidigitateur… Pendant une trentaine de minutes, le président qui se rêve tout puissant n’a eu de cesse d’essayer de faire oublier à la fois la puissante mobilisation sociale en cours contre sa contre-réforme sur les retraites et une crise démocratique sans précédent qui a connu de nouveaux rebonds ces derniers jours.

    Agitant l’épouvantail de l’extrême droite, il a fustigé « les factieux et les factions dans la république », qualifiant ainsi celles et ceux qui spontanément ont pris la rue ces derniers jours, allant même jusqu’à comparer les manifestantEs aux partisans de Trump qui avaient pris d’assaut le Capitole en 2021… Il espère sans doute ainsi justifier la violente répression qui s’est abattue sur les manifestantEs et les syndicalistes ces derniers jours.

    Sans surprise, il a donc répété ad nauseam les prétendus arguments – éculés – pour justifier sa contre-réforme : démographie, déficit… pourtant maintes fois battus en brèche. Et alors qu’il est en train de piétiner les directions des grandes organisations syndicales pour imposer sa politique, il ressort la veille lune du « dialogue social » pour préparer la suite.

    Ainsi, pour tenter de faire bonne mesure, il annonce une énième fois sa volonté de travailler à une « contribution exceptionnelle » de la part des entreprises « quand il y a des profits exceptionnels »… Les promesses n’engagent que celles et ceux qui y croient. L’essentiel est ailleurs : dans l’annonce de nouveaux reculs, avec en particulier des « droits et devoirs » pour remettre les bénéficiaires du RSA au travail ; dans la réaffirmation de la méthode brutale et autoritaire, avec l’annonce de la création de 200 brigades de gendarmerie supplémentaires et d’une nouvelle loi de programmation militaire.

    Bref, l’exercice, fondamentalement méprisant pour celles et ceux qui se mobilisent depuis plus de deux mois, ne peut que renforcer la colère. À l’occasion de la nouvelle journée nationale interprofessionnelle demain jeudi, les manifestations doivent être encore plus massives, la grève doit s’amplifier et durer pour gagner.

    Plus que jamais, Macron et son gouvernement apparaissent comme fragilisés. Ils doivent retirer leur contre-réforme dont personne ne veut (pas même une majorité de députés….), et s’en aller.

  • Après le 49.3 et le rejet des motions de censure, la vraie démocratie est dans la rue : dégageons Macron et sa réforme !

    À 9 voix près, la censure n’a pas été votée. Ces 9 voix signifient la faiblesse du soutien dont dispose le gouvernement dans son Assemblée, élue au scrutin majoritaire avec 12% des inscritEs au premier tour. 49.3, 47.1, motion de censure, l’illégitimité de Macron, de son gouvernement et de la Ve République sont totales, ils sont là pour forcer des décisions antidémocratiques, antisociales, autoritaires contre la majorité de la population. Il faut en finir.

    Mais Macron n’entend rien, il a choisi la confrontation avec le mouvement ouvrier, ses organisations, ses droits démocratiques. La répression, utilisée pleinement depuis le 49.3, en est le symbole.

    La seule réponse possible est celle de la rue, d’une intensification de la mobilisation, avec la construction de la grève de masse, partout dans les lieux de travail, le 23 mars bien sûr, mais aussi au jour le jour, par l’élargissement de la grève reconductible. C’est la seule façon de gagner en d’en finir avec ce gouvernement. La jeunesse, qui se met en mouvement, y contribuera en montrant la gravité de la situation, l’absence d’avenir pour la jeunesse, entre le SNU, la crise climatique et les réformes antisociales. Le recours au 49.3 a suscité une indignation qui a redonné un second souffle à la mobilisation. Les secteurs déjà mobilisés sont confortés dans leurs actions et soutenus par diverses délégations de grévistes/militant.Es : débrayages dans le privé, grèves des éboueurs, dans différents secteurs de l’énergie qui apparaissent en pointe de la mobilisation (hydroélectrique, centrales nucléaires, dépôts pétroliers et raffineries), grève dans les transports, dans l’éducation… De manière complémentaires, de nombreux blocages ont lieu dans les villes, sur des rond points reprenant la symbolique des gilets jaunes, de zones industrielles ou  des plateformes logistiques. A cela s'ajoutent des manifestations spontanées tous les jours dans différentes villes depuis le 49.3 et notamment ce lundi soir après le rejet des motions de censure.

    Construire la mobilisation, pour une alternative au système

    La vraie démocratie est dans la rue. Mais nous devons le prouver alors même que l’auto organisation reste extrêmement faible : nous devons structurer des assemblées populaires, sur les lieux de travail, sur les places, dans les quartiers populaires, pour discuter des rythmes du mouvement, de ses moyens, du blocage total du pays par celles et ceux qui en ont la force parce qu’elles et ils produisent les richesses. La manifestation de jeudi 23 doit être encore plus massive que la précédente, montrer la détermination populaire pour gagner.

    Les organisations du mouvement ouvrier, syndicats, associations, partis, doivent contribuer à construire une alternative au système et discuter d’une plateforme de revendications à opposer à ce pouvoir : pour le retrait de la réforme, mais aussi le retour de la retraite à 60 ans, pour des augmentations de salaires, pour une transition écologique, des moyens pour l’éducation et les hôpitaux, pour l’assurance chômage, le retrait de la loi Darmanin, etc. Les réunions publiques et débats unitaires, qui existent déjà dans de nombreuses villes, doivent se multiplier pour associer la population en lutte à la construction d’une alternative.

    L’aspect totalement antidémocratique de la Ve République est mis en évidence à une échelle de masse par la séquence parlementaire. La nécessité d’une assemblée constituante pour poser la question de qui décide quelles doivent être les priorités d’une organisation sociale au service de la majorité de la population, de la question de l’auto-représentation des classes populaires est posée.

    L’ampleur de la mobilisation a remis en évidence la lutte acharnée qui existe entre les classes sociales. Si nous pouvons nous réjouir des éléments de reconstruction de la conscience de classe, nous ne devons pas sous-estimer les éléments structurels de la période dont la montée de l'extrême droite. Avec l’amplification de l’affrontement, la possibilité d’un recours de la bourgeoisie à une solution autoritaire ne peut être écartée. Cela renforce la nécessité de la construction d’un front unique le plus large possible sur un programme clair.

    Nous proposons, dans ce sens, que toutes les organisations du mouvement ouvrier et du mouvement social se réunissent dans les prochains jours.

    Cela ne remplace pas la mobilisation sociale, la construction de la grève et des manifestations, du blocage. Ce sont au contraire des outils complémentaires pour que ce conflit, qui est depuis le début un conflit politique entre la classe possédante et les classes populaires, trouve une issue dans la victoire du monde du travail et de la jeunesse.